LUCKY'S WORLD

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08 décembre 2008

8 COMME LES OBJECTIFS DU MILLENAIRE

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Qui connaît les Objectifs du Millénaire ? Si un sondage devait être effectué au sein des populations mondiales et que les réponses soient suffisamment justifiées pour être recevable, peu de personnes seraient aptes à répondre à cette question. Ce qui est choquant ce n’est point le fait que les individus soient incapables de renvoyer un écho à cette interrogation mais qu’un projet dans lequel tous les Etats membres de l’ONU sont engagés et dont les enjeux sont aussi importants soit si peu connu du grand public. A qui la faute ? Aux Nations Unies bien évidemment. Pour cette action d’une ampleur colossale qui nécessite l’intervention et le soutien financier d’un maximum de partenaires il devrait y avoir médiatisation à outrance et c’est loin d’être le cas.


Donc, pour commencer, il est bon de rappeler que les Objectifs du Millénaire sont au nombre de 8, qu’ils ont été établis par 191 pays, qu’ils ont été adoptés lors du Sommet du Millénaire qui s’est déroulé du 06 au 08 Septembre 2000 au siège des Nations Unies à New York et qu’ils doivent être atteints en 2015. Ils consistent à :

  • Réduire l’extrême      pauvreté et lutter contre la faim
  • Assurer l’éducation      primaire pour tous
  • Promouvoir l’égalité      des sexes et l’autonomisation des femmes
  • Réduire la mortalité      des enfants de moins de 5 ans
  • Améliorer la santé des      mères
  • Stopper la propagation      du VIH/SIDA, de la tuberculose, du paludisme et d’autres maladies
  • Assurer un      environnement durable
  • Mettre en place un      partenariat mondial pour le développement


Aucun de ces « Millenium Goals » n’est en voie d’être touché. Evidemment, serait-on tenté de s’écrier tant la tâche est pharaonique. Toutefois, et là nombreux sont ceux qui ont véritablement envie de se mettre à hurler, pourquoi ne pas utiliser tous les médias pour sensibiliser et mobiliser les philanthropes fortunés, les bonnes âmes disposant de fonds substantiels et même les individus les plus modestes désireux de contribuer de façon symbolique mais indispensable car une brique plus une brique répétée des millions de fois cela construit la Grande Muraille de Chine !

Aujourd’hui, 8 ans après les engagements pris par l’ONU et leur échec indéniable lorsque l’on considère qu’il demeurait 800 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde en 1995 et que selon les derniers chiffres transmis par le FAO il y en avait 923 millions en 2007, 8 écrivains ont participé à la conception du recueil de « Huit nouvelles » et 8 cinéastes ont réalisé 8 courts métrages qui, au final, forment un film « 8 ». C’est le projet 8 qui cherche à motiver l’opinion publique sur les OMD et appelle à la nécessité d’agir contre la pauvreté et pour la réduction des inégalités Nord-Sud.

Les écrivains mettent en fiction ces buts à atteindre ou bien la mauvaise avancée dans laquelle ils se trouvent actuellement :

  • La Cubaine Zoe Valdes      dans « La Main ouverte » aborde la lutte contre la faim et la      pauvreté en narrant le quotidien d’un Haïtien au travers de l’enquête d’un      documentariste.
  • La Libanaise Vénus      Khoury-Ghata avec « Hafia » s’attache à la santé des mères en      relatant l’histoire d’une petite bonne dont la vie va être bouleverser      suite à une robe offerte par sa patronne.
  • L’Italienne Simonetta      Greggio a choisi l’environnement en rédigeant « Tous les chiens      tristes » dont le héros est un producteur méditerranéen en proie avec      ses propres fantômes et l’environnement.
  • Le Suédois Björn      Larsson s’est attaché au problème de l’éducation dans « Ecole fermée      pour cause de génocide » ou, via une nouvelle magistrale et glaçante,      il retrace le parcours de Mamadou assoiffé de connaissance et      l’impossibilité qu’ont différents pays d’Europe à offrir un enseignement à      un enfant venu du Rwanda.
  • Le Malien Moussa      Konaté évoque la mortalité infantile dans « Les Jours sans      soleil » ou le quotidien de ceux qui cherchent quelques miettes de      survie.
  • Le Français Philippe      Besson dans « La Gueule du loup » a choisi le thème de la lutte      contre les maladies en racontant le traitement par le pire d’un homme      blessé par un deuil qui part soigner ses plaies dans un centre de soins      qu’il rejoint comme volontaire.
  • Le Congolais Alain      Mabanckou dans « Le huitième conférencier » traite du      partenariat mondial en mettant en scène un des 191 conférenciers de retour      dans son propre pays.
  • La Bangladaise Talisma      Nasreen lutte pour l’égalité des sexes dans « Comme des feuilles      mortes » qui narre les rêves et désillusions voire profondes      blessures d’Anguri dans un monde d’hommes impitoyables.


Aux 8 écrivains répondent 8 cinéastes. Le film « 8 » suit le même schéma que les nouvelles du recueil avec des histoires indépendantes du livre. Produit par la société LDM Films, il a été projeté lors du dernier festival du Film de Rome à la fin d’Octobre. Les producteurs, conscients de tenir un sujet dur ne détenant aucun enjeu commercial avouent avoir peiné à trouver des distributeurs. La sortie du film est envisagée en 2009.

  • L’Américain Gus Van      Sant avec « Mansion in the Hill » tourné à San Francisco traite      de la mortalité infantile.
  • Le Mauritanien      Aderrahmane Sissako choisit de parler de la réduction de l’extrême      pauvreté avec « Le rêve de Tiya » réalisé à Addis Abeba en      Ethiopie.
  • Le cinéaste mexicain      Gael Garcia Bernal met en scène le second objectif, assurer l’éducation      primaire pour tous, dans « La Lettre » qui se déroule à      Reykjavik en Islande
  • La Néo-zélandaise Jane      Campion réalise en Australie « The Water Diary », relatif à la      volonté d’assurer un environnement durable.
  • Le Français né en      Argentine, Gaspard Noé, pour « SIDA » est parti à Ouagadougou au      Burkina Faso pour rencontrer Dieudonné Iboudou et décrire son calvaire et      sa foi en Dieu.
  • La réalisatrice      indienne Mira Nair s’est rendue à New York pour « How can it      be » afin de promouvoir l’égalité des sexes
  • Le Français Jan Kounen      est allé jusqu’au Pérou pour nous narrer l’histoire douloureuse de      « Panshin Beka » et offrir sa participation dans la lutte pour      la santé des mères.
  • L’Allemand Wim      Wenders, à Berlin, pour encourager le partenariat mondial pour le      développement a réalisé « Person to Person ».


Dans « 8 » les histoires se répondent, se complètent et proposent une vision saisissante de la réalité. Loin de tout misérabilisme, avec une créativité jubilatoire et une poésie certaine, ce sont autant de regards lucides sur les rapports Nord-Sud, autant de poings levés en faveur d’un monde tout simplement plus juste.


La moitié des bénéfices de « Huit nouvelles » est reversée à des organismes oeuvrant en faveur du Développement. Il est vendu à 14.90€. La plus belle action que nous puissions accomplir est de l’acheter.


Désormais, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. Des millions d’êtres attendent notre aide. Ouvrez votre cœur et tendez votre main.


« Qui donne aux pauvres prête à Dieu » - Victor Hugo – Pour les Pauvres dans « Les Feuilles d’Automne ».

 

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02 décembre 2008

LA FAIM DANS LE MONDE : RISQUES ET PERILS


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La faim est la principale cause de mortalité dans le monde. Elle tue plus que la guerre.

En 1996, le Sommet mondial de l’alimentation avait pour objectif la réduction de moitié des 823 millions de personnes sous-alimentées avant 2015. En 2006 ce chiffre est passé à 854 millions dont 9 millions dans les pays développés.

En 2001, 1 enfant de moins de 10 ans mourait toutes les 7 secondes et en 2005 toutes les 5 secondes. En 2003, 36 millions de personnes sont mortes de faim et de maladies dues aux carences en nutriments.

En 2004, 152 millions de nouveau-nés n’avaient pas le poids requis à la naissance, 50% en gardaient des séquelles très graves mentalement et physiquement.

Un enfant sur deux soit 1 milliard vit dans la pauvreté. En 2005, 21.9% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté aux Etats-Unis.

Dans la région Asie et Pacifique, seuls 9 des 17 pays ont vu fléchir le nombre des personnes sous-alimentées (524 millions au total) et c’est essentiellement le fait de la Chine dont le nombre des personnes concernées est tombé de 194 à 150 millions. Par contre en République populaire démocratique de Corée le nombre a doublé passant de 3.6 à 7.9 millions. L’Inde a le plus grand nombre de personnes sous-alimentées du monde avec 212 millions. La majorité des victimes vivent en milieu rural.

Dans la région Amérique latine et Caraïbes, le nombre total de personnes sous alimentées s’élève à 52 millions en 2003 avec une forte progression pour le Venezuela, des échecs au Guatemala et à Panama. A Haïti, 47% de la population est sous alimentée.

Au Proche-Orient et en Afrique du Nord, le nombre de personnes sous alimentées est passé de 25 millions à 38 millions en 2003. L’agriculture demeurant le moteur de l’économie, l’aggravation de la pénurie d’eau freine l’expansion agricole. De surcroît la région doit faire face aux besoins alimentaires croissants d’une démographie élevée.

En Afrique subsaharienne, le nombre de personnes sous alimentées est également passé de 25 millions en 1992 à 38 millions en 2003. Dans 14 pays plus de 35% de la population souffraient de sous alimentation en 2003. Seuls 15 des 39 pays ont réussi à faire baisser leurs chiffres ; les objectifs sont régulièrement entravés par des catastrophes naturelles, les conflits ou la propagation du VIH/SIDA.

Le Burundi, l’Erythrée, le Libéria, la République démocratique du Congo et la Sierra Leone représentent à eux-seuls 29 des 38 millions de personnes sous alimentées. En RDC la situation est alarmante Car 80% de la population vit avec 0.20€ par jour ; 44% des femmes et 22% des hommes n’ont aucun revenu ; la malnutrition touche entre 30 et 50% des femmes et des enfants ; au total ce sont 42 millions (75% de la population) qui vivent dans une situation alimentaire précaire et 9 millions sont gravement sous alimentés.

La carte de la faim coïncide avec celles de la pauvreté, des guerres, des endémies et de l’analphabétisme. Il est à noter que des millions de personnes travaillent mais demeurent néanmoins pauvres : 25% des travailleurs du monde ne gagnent pas assez pour s’élever avec leur famille au-dessus du seuil de pauvreté soit 1 dollar par jour. Une autre entrave essentielle au développement demeure l’état de santé d’une population. La faim agit principalement sur les terrains où règne l’ignorance. Nourrir, éduquer et soigner sont les trois piliers indispensables pour un développement durable.

Exemple d’un pays qui se condamne à court terme : l’Ethiopie. 82% des Ethiopiens vivent avec moins de 1 dollar/jour ; 50% des enfants de moins de 5 ans ont un poids anormalement bas ; en 2003, 58% des décès des enfants de moins de 5 ans sont dus à la sous-alimentation ; entre 1997 et 2000 la mortalité infantile a augmenté de 25% ; 69% des Ethiopiens ne disposent pas de l’eau potable ; 2 millions d’individus sont touchés par le VIH c’est l’un des taux les plus élevés au monde après l’Inde et l’Afrique du Sud ; l’espérance de vie est de 45.7 ans (42 ans pour les femmes) ; seulement 2.9% de la population atteignent 65 ans ; 40.3% des plus de 15 ans sont analphabètes ; seuls 12% ont accès aux soins médicaux.

En toute logique, la pauvreté est la principale cause de la faim. Hélas c’est à ce niveau que notre monde pêche car les disparités sont extrêmes : 2.5 milliards d’individus (40% de la population mondiale) vit avec moins de 2 dollars par jour et ne représentent que 5% du revenu mondial. Par contre 625 millions de personnes soit environ 10% de la population mondiale sont considérés comme riches, vivent essentiellement dans des pays à revenu élevé et comptent pour 54% du revenu mondial.

Le 06 Novembre 2008, Monsieur Jacques Diouf, Directeur Général de la FAO, adressant un message de félicitations à Monsieur Obama pour son élection, en a profité pour exhorter le Président élu des USA à inscrire l’éradication de la faim dans le monde parmi les priorités de son programme et, pour ce, accueillir un Sommet mondial sur ce problème au cours du 1° semestre 2009.Ce Sommet aurait pour objectif de trouver 30 milliards de dollars annuels afin de créer et développer des infrastructures rurales aptes à accroître la productivité du monde en développement.

Il est une urgence que de prendre encore plus conscience de la situation critique de 923 millions de personnes qui souffrent de la faim du fait des crises alimentaires ainsi que de la crise financière. Le prix du riz, aliment de base des populations pauvres, a augmenté de 75% en 2 mois (mars-avril 2008). Cette réalité menace de façon dramatique 100 millions d’individus dans 37 pays.

Le FAO parle de la crise alimentaire la plus grave depuis 15 ans et prévoit une hausse de 56% de la facture céréalière dans les pays pauvres en 2008. Le prix d’un repas a augmenté de 40% en 1 an. Le blé, le riz, l’huile, le maïs, le soja et le colza sont devenus tellement chers que ceux qui vivaient avec 1 ou 2 dollars par jour ne font plus qu’un repas quotidien.

Dominique Strauss-Kahn considère que si les prix de l’alimentation persistent à la hausse, les conséquences seront des plus terribles, jusqu’à des situations extrêmes telles que des guerres.

Cette crise alimentaire est due à la répercussion sur le prix des denrées de la forte hausse du coût des matières premières agricoles. D’autre part, la hausse à grande vitesse du niveau de vie des pays émergents (Chine, Inde, Brésil…) provoque une consommation dans des secteurs alimentaires ignorés jusqu’à présent (viande et produits laitiers). Malheureusement l’alimentation du bétail engendre une augmentation des besoins en céréales que l’offre traditionnelle est loin de pouvoir satisfaire. Par ailleurs la situation actuelle s’explique également par un dérèglement climatique qui provoque sécheresse et tempêtes et pèse lourd sur les récoltes.

La production céréalière de l’Australie, grand exportateur de denrées alimentaires, a chuté de 50% suite à une sécheresse qui dure depuis 8 ans. Les USA, l’Ukraine, le Brésil ou la Turquie connaissent des problèmes similaires. L’Europe est gagnée à son tour : 1/3 de l’Espagne est déjà en voie de désertification. De plus, les cultures de céréales destinées à la production de biocarburant, environ 100 millions de tonnes annuels selon le FAO, sont autant qui sont détournés du marché alimentaire.

Actuellement le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) est tellement sollicité que son déficit de financement atteint 500 millions de dollars (sans les nouveaux besoins provoqués par la flambée des prix alimentaires) comme le souligne la Banque Mondiale qui s’engage à doubler le volume de son prêt en Afrique subsaharienne pour accroître la productivité. Le budget des opérations du PAM pour 2008 atteint désormais 3.4 milliards de dollars.

Comme cela a été précisé antérieurement, la demande explose mais beaucoup de pays sont bien en peine d’y répondre puisque les cultures vivrières ont largement cédé le terrain à une agriculture non nourricière. Cette tendance s’est étendue jusqu’en Afrique subsaharienne, obligée aujourd’hui d’importer des produits de base à des prix exorbitants. L’urgence est d’investir massivement dans les infrastructures agricoles tant en Afrique subsaharienne (afin d’acquérir une indépendance alimentaire dans les produits de base) que dans les pays émergents (dont les installations et le matériel sont souvent obsolètes).

La faim n’est pas une fatalité. Lutter contre la faim est un choix politique. Près de 60% de la population mondiale est paysanne. L’agriculture avec tous ses emplois dérivés est par essence au cœur des enjeux du développement et du combat contre la faim.

Toutes les gouvernances doivent être mobilisées afin de répondre aux besoins alimentaires de la planète, en privilégiant la mise en œuvre d’agricultures productives et durables respectueuses des ressources naturelles. Pour cela il est essentiel que le profil de l’ouvrier agricole évolue vers une meilleure connaissance des technologies et des cultures.

Des actions menées conjointement entre les intéressés, les politiques et les organisations non gouvernementales sont aptes à fournir une nette amélioration à un maximum d’individus. La souveraineté alimentaire est également une question de solidarité. Le droit à l’alimentation doit véritablement être perçu comme un besoin fondamental. Pour ce il est indispensable que de nouvelles coopérations internationales se mettent en place, basées sur un principe d’entraide et non plus de domination.

Tout un chacun doit être conscient qu’il est impensable que des êtres humains soient condamnés chaque jour à se battre pour chercher leur nourriture ou leur eau. Se nourrir et s’abreuver est la première des libertés et un droit légitime. Cela doit vraiment être perçu comme un concept élémentaire de démocratie et un facteur de paix.

30 novembre 2008

SURVIE DE L'ENFANT EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE


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Au sein du continent africain, partagé en 2 zones par le désert du Sahara, la région subsaharienne, même si elle a fait chuter son taux de mortalité de 35% en 40 ans, demeure l’environnement le plus périlleux du monde pour la survie d’un enfant de moins de 5 ans. Les derniers chiffres connus faisaient état d’un taux de mortalité de 160 pour 1000 : cela signifie qu’1 enfant sur 6 ne fêtera jamais ses 5 ans.


Pourtant les spécialistes sont unanimes, il suffit de peu pour que l’évolution emprunte une bonne voie : action concertée, stratégies solides, ressources suffisantes et surtout détermination politique. Toutefois ce sont toujours les mêmes obstacles qui contribuent à la stagnation voire l’aggravation des taux de mortalité infantile : la pauvreté, les effets du SIDA et des conflits, la médiocrité des infrastructures et les carences des systèmes de santé.


De surcroît, et malheureusement serait-on tenté de dire, l’Afrique subsaharienne est la région où le taux de fécondité est le plus élevé du globe avec une moyenne de 5.3 contre 3 en Asie et 2.8 l’ensemble des pays en développement. Ce qui est beaucoup plus inquiétant est qu’en 1970 l’Afrique subsaharienne affichait 11% des naissances de la planète et des 19% des décès d’enfants de moins de 5 ans. En 2006 la proportion des naissances représente 22% et les décès 50%. Alors que partout dans le monde la proportion a chuté, en Afrique de l’Ouest elle a triplé et elle a doublé en Afrique de l’Est et centrale. Ces chiffres catastrophiques reflètent la lenteur des progrès dans le secteur des soins de santé de base, un problème majeur de malnutrition, la pénurie d’eau potable (insuffisance de sources et déficience d’installations d’assainissement).


Un examen de la répartition des décès en Afrique subsaharienne révèle que 8% sont imputables à l’Afrique australe (soit 400 000 décès en 2006), 18% à l’Afrique centrale (soit 900 000 décès), 30% à l’Afrique de l’Est (1.5 million de décès) et 42% à l’Afrique de l’Ouest (2.1 millions de décès). Par ailleurs, 3 pays (l’Ethiopie, le Nigéria et la République Démocratique du Congo) regroupent plus de 43% du nombre total des décès des enfants de moins de 5 ans sur l’ensemble du continent africain.


Les principales causes de décès de ces enfants sont malheureusement bien connues : les maladies néonatales sont responsables de plus d’un quart, la pneumonie (environ 1/5), le paludisme et les maladies diarrhéiques (17-18%), le SIDA et la rougeole.


Il existe des moyens de parade simples pour éradiquer ces fléaux : assistance de personnel qualifié aux naissances avec suivi et prise en charge, prévention en matière de transmission du VIH et traitement pédiatrique de l’enfant, nutrition adéquate avec allaitement exclusif au sein pendant les 6 premiers mois de la vie, compléments alimentaires et allaitements maternels jusqu’au 2 ans, suppléments en micronutriments pour renforcer le système immunitaire, vaccination des enfants contre les 6 maladies principales, thérapie de réhydratation orale et zinc pour lutter contre les maladies diarrhéiques, antibiotiques contre la pneumonie, moustiquaires imprégnées et médicaments efficaces pour prévenir et traiter le paludisme, promotion de l’hygiène (lavage des mains au savon, traitement des eaux…).


Si des progrès, même faibles, sont effectués dans certains domaines ; dans d’autres ils demeurent marginaux (lutte contre la pneumonie et les diarrhées). Il est également urgent de parer à la dénutrition et à l’hygiène. En 2006, près de 45% de la population n’avaient pas accès à des sources améliorées d’eau potable et 60% n’avaient pas d’installations sanitaires en Afrique subsaharienne. Cela signifie que 54 millions d’enfants de moins de 5 ans ne peuvent bénéficier de sources améliorées d’eau potable et cela engendre le décès de plus de 2 millions d’enfants chaque année suite à des diarrhées. Des installations sanitaires décentes et une hygiène adéquate permettrait de faire reculer de 2/3 le taux de mortalité par diarrhées (les zones rurales dont naturellement les plus touchées puisque seulement 41% disposent d’installations modernes). De surcroît 70% des enfants atteints de ce genre d’infection ne sont pas traités alors que la solution ne coûte que 0.05 dollar !


Outre les infrastructures et les moyens médicamenteux, le personnel qualifié, les campagnes d’information et de prévention en matière d’hygiène et de lutte contre le SIDA, des volontés politiques pour mettre en place des installations propres à fournir de l’eau potable, le facteur éducation est également un élément important.


En effet, le faible niveau d’instruction, notamment des femmes et des jeunes filles, est un obstacle conséquent pour la santé maternelle et infantile. Même si récemment des progrès ont été effectués dans ce sens, l’analphabétisme demeure très présent et ses conséquences peuvent s’avérer dévastatrices car les femmes illettrées n’accordent généralement pas d’importance à un suivi tant prénatal que postnatal et sont soumises à des risques que la femme instruite peut limiter (grossesses précoces et rapprochées, déficiences nutritionnelles pour elles et l’enfant, défauts de vaccination…).

Par ailleurs, l’enregistrement des naissances est une étape essentielle vers l’accès aux services indispensables. Malheureusement, l’Afrique subsaharienne affiche un taux de 66% de naissances qui n’ont jamais été déclarées soit environ 33.6 millions d’enfants qui n’ont fait l’objet d’aucune déclaration à la naissance. En 2006, ce sont 19.7 millions d’enfants qui n’ont pas été enregistrés à la naissance (la Tanzanie et la Zambie étant les cancres avec seulement 8% d’enregistrement).


L’enregistrement des naissances et l’accès aux soins médicaux sont étroitement liés car une telle démarche suppose la présence d’un personnel soignant à la naissance avec toutes les incidences postnatales que cela suppose (vaccinations, prescriptions de suppléments vitaminiques…). Hélas, dans les régions isolées (synonyme d’exclusion sociale) le manque d’accès aux services sociaux, la distance à parcourir pour se rendre au centre le plus proche découragent profondément les parents qui souhaitent déclarer leur enfant.


Pour améliorer la survie des enfants en Afrique subsaharienne il est également vital de fournir aux femmes les moyens de s’affirmer économiquement et socialement. En effet, diverses études ont prouvé que lorsque les femmes disposent d’un droit de décision dans la gestion du budget familial elles octroient plus de ressources à la nourriture et aux soins des enfants. Ceci est loin d’être le cas comme le prouve une enquête menée au Burkina Faso, au Mali et au Nigéria où 75% des femmes interrogées ont avoué que c’était les maris qui décidaient seuls des soins à accorder à leurs épouses.


Il devient donc urgent de promouvoir l’équité sociale. Des millions de femmes et d’enfants ont été exclus des progrès sociaux et économiques au cours des récentes décennies parce qu’ils sont pauvres et vulnérables. Particulièrement sensibles à de nombreux facteurs (conflits armés, catastrophes naturelles, mauvaise gouvernance, chocs économiques…) plusieurs pays de l’Afrique subsaharienne ont souffert de situation d’urgence au cours des dernières années. Une étude révèle que le revenu mensuel disponible a chuté de 80% dans plus de 2/3 des familles entre 2001 et 2006.


Pour améliorer considérablement la survie des enfants de moins de 5 ans en Afrique subsaharienne, il est essentiel de tirer des leçons au travers de l’évolution des systèmes et des pratiques sanitaires.


Tout d’abord un premier constat valide qu’il est difficile de promouvoir l’amélioration à long terme des pratiques sanitaires en l’absence de services de base complets : eau salubre, installations sanitaires, nutrition adéquate, promotion pour la participation de la communauté. Malheureusement la crise supportée par de nombreux pays de l’Afrique subsaharienne dans les années 80 ont contraint à entravé la mise en œuvre des soins de santé primaires complets et a contraint les états à adopter des systèmes de soins de santé primaires sélectifs portant sur 4 points : surveillance de la croissance afin de lutter contre la dénutrition, thérapie de réhydratation orale pour traiter la diarrhée chez l’enfant, allaitement maternel pour préserver la santé des jeunes enfants et vaccinations contre 6 maladies infantiles meurtrières.


En 1987, via l’Initiative de Bamako, une nouvelle stratégie a été mise en place dans le but d’améliorer l’accès aux soins de santé primaires grâce à la création de centres de santé aptes à fournir toute une gamme de soins minimums intégrés (accès privilégiés aux médicaments, contacts réguliers des communautés avec du personnel soignant qualifié).


Depuis 2002, la Stratégie accélérée pour la survie et le développement de l’enfant est l’exemple le plus récent d’approche intégrée des soins de santé primaires. Ce programme privilégie 3 stratégies de prestations de services dans le but d’élargir leur couverture : via des bénévoles, promotion dans les communautés de pratiques familiales relatives à la santé et à la nutrition, campagne de sensibilisation pour la promotion de biens et services essentiels (vaccinations, vitamines…), prestations hospitalières comprenant un éventail de soins minimums intégrés regroupant toutes les interventions prioritaires.


Néanmoins, quels que soient les systèmes mis en pratique, les campagnes d’information, la présence de personnel soignant, il demeure avant tout 2 paramètres essentiels pour éradiquer la mortalité infantile en Afrique subsaharienne : la volonté des politiques en place dans chaque pays de créer des vrais systèmes de santé avec des infrastructures modernes dirigées par des professionnels qualifiés et surtout des fonds pour mener à bien ces projets.


Un seul mot d’ordre : Unissons-nous pour la survie de l’enfant en Afrique, mais également pour une espérance de vie plus longue pour tous les Africains !


Une bonne gouvernance continentale et internationale est essentielle. L’Afrique, par exemple, perd près de 18 milliards de dollars par an à cause des conflits. Ces chaos provoquent une baisse annuelle de 15% de l’économie. Cette perte correspond à ce que le continent a besoin pour améliorer ses systèmes éducatifs, ses accès à l’eau potable et à l’assainissement, ses protections contre la tuberculose et le paludisme. La guerre coûte chaque année plus chère que les 16.3 milliards de dollars nécessaires pour lutter contre le VIH et le SIDA en Afrique.


L’Afrique n’a pas besoin d’être convaincue. Ce qu'il lui faut ce sont des dirigeants engagés, conscients qu’une excellente gouvernance alliée à l’aide communautaire internationale peuvent favoriser des changements substantiels et positifs pour les enfants et pour tous les Africains en général.


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17 novembre 2008

DES MILLIONS D'ENFANTS AFRICAINS VICTIMES DE LA VIOLENCE

 

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L’Afrique subsaharienne abrite 10% de la population mondiale mais enregistre également des taux record en matière de mortalité infantile puisque 50% des enfants décèdent avant d’atteindre l’âge de 5 ans. Cela signifie que la mortalité des enfants de moins de 5 ans est de 165 décès pour 1 000 naissances contre 6 décès pour 1 000 naissances vivantes dans les sociétés occidentales.

Donc, déjà victime d’une entrée dans l’existence des plus difficiles, d’une lutte permanente tant son environnement est défavorable à sa survie, l’enfant africain doit, de surcroît, affronter la violence.

Depuis 1991, le 16 Juin est la Journée mondiale de l’Enfant Africain. Consciente que la violence est un véritable fléau pour l’enfant en Afrique, de nombreuses organisations dont l’Unicef milite pour un cadre protecteur.

En effet, que ce soit au sein même des familles, à l’école, dans les structures d’accueil, sur l’ensemble du continent africain, les enfants font face à la violence physique, émotionnelle et sexuelle. Menaces des gangs, agressions, assassinats, pour les enfants des rues. Exploitation et abus divers pour les enfants travailleurs. Pratique de l’excision sur environ 3 millions de femmes et de filles chaque année, mettant en péril leur vie ainsi que celle de leur bébé lors de l’accouchement. Trafic de milliers d’enfants tous les ans en Afrique de l’Ouest et centrale.

Des milliers d’enfants sont contraints de vivre au milieu des conflits armés, subissent une extrême pauvreté et sont atteints par le VIH/sida. En République Démocratique du Congo des centaines de milliers d’enfants et de femmes sont victimes de violences sexuelles. Au Kenya 46% des femmes ont supporté des actes de violence sexuelle au cours de leur enfance et 25% des filles entre 12 et 24 ans ont perdu leur virginité de manière violente.

Ces exemples ne sont qu’une infime partie des horreurs vécues au quotidien. Par peur des représailles de nombreux cas ne font l’objet d’aucune poursuite.

Pire. Si la femme ou la gamine violée dénoncent son agression aux autorités, elles sont systématiquement condamnées à la lapidation. Tel le cas d’Aisha Ibrahim Dhuhulow, une Somalienne jugée coupable d’adultère par un tribunal islamique a été enterrée vivante jusqu’au cou, puis lapidée à mort par 50 hommes dans la ville portuaire de Kismayo, dans le sud du pays. Les Djihadistes prétendaient que la femme était consentante ayant elle-même demandé sa condamnation. Il s’agissait en fait d’une jeune fille de 13 ans qui a subi une mort horrible alors qu’elle venait de signaler avoir été violée par 3 hommes !

Trop souvent les systèmes en place ferment les yeux sur le calvaire des enfants qui grandissent dans l’oubli et l’indifférence, portant toute leur vie les stigmates de la souffrance physique endurée, les traces psychiques et émotionnelles indélébiles encrées au plus profond d’eux-mêmes. Telles ces fillettes de moins de 10 ans mariées contre leur gré et abusées sexuellement par des hommes pervers qui sont 4 à 5 fois plus âgés qu’elles. Tels ces enfants ballotés dans l’indifférence des structures polygames où le mâle collectionne les épouses mais est totalement incapable de subvenir aux moindres besoins de toute la lignée qu’il a engendrée.

Dès leur plus tendre enfance les gamins africains perdent tout point de repère car ils sont abandonnés à devoir se débrouiller seuls le plus tôt possible. Le risque dans de tels scénarios est la reproduction d’un schéma identique lorsqu’ils atteignent l’âge adulte. L’exposition à la violence favorise la participation à des actes de violence car, par l’accoutumance au vécu, il y a banalisation de la situation qui en devient à être considérée comme normale.

Pour éradiquer les violences commises sur les enfants en Afrique, il faudrait avant tout lutter contre la violence dans ses différents contextes. Nombre de pays africains souffrent de pauvreté, de la guerre, de maladies et d’urbanisation croissante qui tendent à aggraver les violences contre les enfants.

Au sein des structures familiales, la législation est très limitée. Les châtiments corporels font le plus souvent partie d’une conception de valeurs et ils sont jugés et transmis comme étant « normaux » par la conscience collective. C’est ainsi que 62% des enfants tanzaniens vivant dans les rues ont invoqué les disputes familiales, la cruauté des beaux-parents ou les violences comme raison de leur départ du foyer.

De nombreux témoignages, essentiellement de jeunes filles, rapportent la pratique courante de violences sexuelles qui passent souvent inaperçues, fortement sous notifiées et mal prises en charge car entourées d’une culture du silence et de l’opprobre. Hélas, d’une manière générale, les violences commises au sein des familles restent peu révélées donc il est difficile d’en connaître les causes et l’ampleur. En 2002, une étude indépendante effectuée pour le Secrétaire général des Nations Unies révélait  que 150 millions de petites filles et 73 millions de petits garçons avaient été forcés d’avoir des rapports sexuels ou avaient subi d’autres formes de violences sexuelles au sein de la famille en Afrique. Au moins 50% des filles en Afrique subsaharienne n’ont pas terminé le cursus primaire car la pauvreté de leur milieu engendre un parti pris en faveur des garçons. Hélas leur manque d’éducation alimente un cercle vicieux car leur ignorance les expose à des violences sexuelles.

Maintes  sociétés d’Afrique ont leurs propres pratiques et coutumes qui appartiennent à un système de valeurs et de socialisation des enfants. Toutefois il s’avère que certaines sont contraires à la Convention relative des Droits de l’enfant comme l’excision et le mariage précoce.

Des pays comme la Guinée, la Mauritanie ou le Mali montrent des taux de prévalence de l’excision très élevés compris entre 71 et 99%. Chaque année ce sont quelque 3 millions de filles qui subissent une mutilation génitale féminine. En Ethiopie, par exemple, 80% des femmes et filles âgées de 15 à 49 ans sont excisées. L’excision est une atteinte à l’intégrité physique du corps de la jeune fille et a des effets néfastes sur sa santé et son équilibre mental. L’interdiction de cette pratique commise la plupart du temps sur des fillettes de moins de 4 ans a créé une véritable polémique que les intervenants tentent d’éradiquer en menant une campagne de sensibilisation et de persuasion.

Les mariages précoces sont également très répandus sous couvert de la tradition, les parents justifiant cette coutume comme un moyen de préserver la virginité des jeunes filles, alors que globalement il s’agit juste d’une stratégie de survie économique pour les familles pauvres qui reçoivent ainsi une dote en échange de leur enfant. Plongées dans la détresse et l’abandon, éloignées de toutes informations relatives à la contraception, de nombreuses jeunes filles sont victimes de grossesses précoces entraînant de graves conséquences sur leur santé. En effet, les adolescentes de 15 à 19 ans ont 2 fois plus de risque de mourir en accouchant et 5 fois plus chez les moins de 15 ans. La lutte pour réprimer cette pratique est d’autant plus difficile qu’elle s’inscrit dans un cadre traditionnel où il est quasi impossible de poursuivre les responsables et que, par ailleurs, il n’y a pour ainsi dire aucun contrôle de l’âge des enfants compte tenu du faible enregistrement des naissances.

Un autre phénomène, typique à l’Afrique, est un fléau pour les enfants : celui des enfants dits « sorciers ». Au Bénin, au Gabon, au Nigéria, au Libéria, au Cameroun et en République Démocratique du Congo, notamment, des enfants désignés comme sorciers dès la naissance seulement par rapport à la façon dont ils naissent peuvent être purement et simplement « éliminés » par des dignitaires de la tradition. Le plus souvent ils sont chassés de leur famille, abandonnés à la rue ou placés dans des centres de rééducation, victimes d’abus et de mauvais traitements voire de torture pouvant aboutir à leur mort. Des actions entreprises par les gouvernements et associations visent à changer les comportements mais, à l’heure actuelle, ce ne sont que trop peu de communautés qui ont accepté d’abandonner officiellement ces pratiques traditionnelles néfastes.

Par ailleurs ce sont des milliers d’enfants qui sont devenus vulnérables avec la pandémie du VIH/ Sida. Ces enfants se retrouvent dans une forte détresse psychologique aggravée par la stigmatisation et les discriminations dont les conséquences sont l’exclusion de la communauté, de l’école, de l’accès aux soins. Leurs conditions d’existence sont extrêmement difficiles. Sans ressources et protection, ils courent le risque d’être exploités économiquement ou sexuellement ou de se retourner vers les chemins de la prostitution et de la délinquance.

Depuis 2 décennies, à la faveur de la paupérisation grandissante des familles et d’un système éducatif incapable de retenir les enfants, ce sont environ 48 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans qui sont contraints d’exercer une activité économique en Afrique, soit 29% de la population enfantine. Plus grave : les enfants sont très souvent déplacés pour exploiter leur force de travail dans la domesticité, les emplois industriels non réglementés, les chantiers de construction et l’exploitation sexuelle à des fins commerciales. Ils sont généralement astreints à effectuer des travaux dangereux pouvant entraîner la mort ou des lésions physiques irréversibles. Les enfants, essentiellement les filles, qui travaillent derrière les portes closes de maisons privées sont particulièrement exposées aux violences puisqu’elles sont commises à l’insu du monde extérieur. Les violences encourues par ces enfants sont souvent terrifiantes mais, hélas, il est très périlleux de les retirer en toute sécurité.

Comme il est ardu de lutter contre les violences subies à l’école. En dépit parfois de textes de lois, force est de constater que l’utilisation de châtiments corporels au sein des établissements scolaires est monnaie courante. De surcroît les filles sont également exposées aux violences sexuelles des enseignants qui exercent un chantage sur les notes. Aujourd’hui, même si  des sanctions sont mises en place dans certains pays contre les maîtres qui commettent de tels actes, il demeure toujours la crainte de dénoncer. De plus, certains maîtres coraniques transforment un processus légitime d’éducation religieuse en un phénomène d’exploitation économique des enfants mais, avec l’urbanisation et la paupérisation des familles, on assiste à un détournement de l’enseignement coranique.

Le dernier motif qui affecte durablement la vie psychologique et sociale des enfants n’est pas le moindre puisque ce sont les innombrables conflits armés dans lesquels les enfants sont parachutés. La guerre militaire ou civile, par essence même, est synonyme de violence et de barbarie. Les enfants sont endoctrinés dans une culture de violence et éprouvent par la suite d’immense difficultés à s’adapter à un processus de paix car ils sont « désensibilisés ».

Au terme de cet état des lieux désespérant sur les conditions d’existence des enfants en Afrique, il serait tout de même honnête d’avouer que des actions sont menées depuis plusieurs années pour créer un environnement protecteur conforme à la Convention des Droits de l’Enfant. Les efforts développés sont constants que ce soit de la part des gouvernements ou des associations. Malheureusement les changements ne peuvent se faire du jour au lendemain et les violences sont aussi le reflet du manque d’un cadre de référence sur les droits humains. Dans des communautés aux organisations et coutumes souvent archaïques, pêchant majoritairement par manque d’instruction, les enfants, comme les femmes, sont déconsidérés, exploités et violentés par une masse d’hommes qui reproduisent le schéma dans lequel ils ont grandi. En fait c’est toute une vision de sa société que l’homme africain doit métamorphoser s’il espère être considéré un jour comme un Homme à part entière aux yeux du reste du monde.


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