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29 novembre 2008

AFRO-AMERICAINS ET AFRICAINS : REGARDS CROISES

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W.E.B DU BOIS


Depuis des décennies, par delà l’océan qui les sépare les Africains et les Afro-Américains projettent leurs rêves mutuels. Des rencontres ont été esquissées via les exils des uns vers le Nouveau-Monde et le retour aux origines des autres, mais les vraies retrouvailles se heurtent à la réalité car bien des malentendus ont vu le jour au fil des ans.


En effet, aujourd’hui, les nouvelles vagues d’immigration venues d’Afrique inspirent sympathie et respect à l’Amérique moyenne blanche qui reprochent dans le même temps un manque de vertus et d’éthique à ses propres Noirs. Cependant une triste réalité se cache derrière cette vision bien commode : 40% des Africains qui émigrent aux USA ont un diplôme universitaire et leur revenu moyen, une fois installés, est supérieur de 30% à celui des Afro-Américains. De surcroît, ils ne sont pas perçus comme ceux qui vont réclamer réparations pour l’esclavage et la ségrégation mais comme des Africains éduqués et travailleurs. Ils sont rassurants pour des Blancs qui ne craignent pas tant que leurs propres descendants d’Africains.


Il est notable de constater que la longue histoire des relations entre ceux qui ne s’appellent que depuis peu « Afro-américains » (dont certains veulent encore croire qu’ils sont une diaspora africaine) et une Afrique qui ne sait plus quoi penser de ces noirs déculturés, sont passionnées et jonchées de méprises.


On assiste actuellement à un phénomène d’affirmation particulier de la part des Afro-Américains qui s’affichent vêtu du « kent », l’habit traditionnel Ashanti. Paradoxalement ces « accoutrements » font rire l’Afrique qui se moque de ces Américains portant ces « dashikis » colorés qui les distinguent immédiatement et les désignent comme touristes. Dans les rues des grandes métropoles, ceux qui se considèrent comme les « vrais » Africains reconnaissent instantanément ces militants déguisés du « Black Power », qui se disent « Afrikans » avec le « K » de Kemet ou « Nubians » pour signifier leur indéfectible africanité et leur retour aux glorieuses racines. Ce « recours à l’Afrique » leur permet à bien des égards de garder leur distance à l’égard de leur propre américanité. Malheureusement le souhait d’une recomposition de la famille noire originelle paraît illusoire car les Africains se sentent parfois plus proches des Blancs ou des autres minorités que de ces frères lointains.


L’échec de réunification s’explique par les stéréotypes nourris par les uns comme par les autres depuis l’âge d’or de l’Europe impériale. En effet, l’Afrique de cette époque y est dessinée comme l’antithèse de la civilisation européenne, la bestialité la plus primitive guidant l’homme perdu sur un continent d’une laideur grotesque et d’une barbarie terrifiante vers les premiers âges de l’humanité. Les Américains ont fondamentalement conservé ce stéréotype qu’il s’agisse de sa face tragique (l’Afrique est un espace sanglant de violence et de tribalisme) ou de sa face comique (cette vaste terre de jeu est occupée par des animaux colorés et par de bons sauvages arriérés, accueillant les touristes et leurs devises à bras ouverts).


La culture populaire comme la recherche universitaire sont au cœur de cette grande méprise mutuelle. Au cours des dernières années, le cinéma américain, par exemple, a su octroyé une bonne place à l’Afrique via des productions telles que « Hotel Rwanda », « Blood Diamond » ou « Le Dernier Roi d’Ecosse » qui, relatifs à des événements différents, sont pourtant conformes en un point : l’Afrique est un lieu de violence et de chaos. Préalablement le public disposait d’une vision romantique notamment à travers de films comme « Out of Africa ». Dans un autre registre, toute évocation de Nelson Mandela aux USA suscite un enthousiasme un peu naïf car associé à tort à l’idéal de non violence de Martin Luther King dont, en fait, il est bien loin.


Finalement, l’Afrique renvoie le reflet d’une image d’Epinal qui est un savant mélange de tragique et de romantique. Terre de mission elle est devenue l’obsession des nouveaux philanthropes américains qui découvrent un peuple, une terre et surtout une cause. Après avoir été oubliée ou abandonnée à sa misère, sa famine, ses maladies, ses tragédies et sa mort lente, l’Afrique est devenue depuis peu une urgence dans les consciences, notamment américaines.


Pour preuve le numéro de Juillet 2007 de la revue Vanity Fair qui fut consacré au renouveau de l’espoir en Afrique. La particularité de ce numéro fut la réalisation de 20 couvertures différentes mettant en scène des missionnaires modernes partis chercher sur le continent africain leur rédemption. Chaque cliché d’Annie Leibowitz est la diffusion d’une parole émise par une célébrité à une autre. Au final ce sont 20 personnalités qui se sont prêtées au jeu de la photographe qui souhaitait rendre hommage à des notoriétés « qui oeuvrent pour améliorer le sort de l’Afrique, la rendre autonome et éradiquer le SIDA de son territoire ». Sur ces 20 philanthropes (Don Cheadle, Muhammad Ali, la Reine Rania de Jordanie, Bono, Condoleezza Rice, George W. Bush, Desmond Tutu, Brad Pitt, Djimon Hounsou, Madonna, Maya Angelou, Chris Rock, Warren Buffet, Bill et Melinda Gates, Oprah Winfrey, George Clooney, Alicia Keys, Jay-Z, Iman et Barack Obama) une seule est africaine. Il est donc suggéré que le destin de l’Afrique est entre les mains des bienfaiteurs américains. Cette surestimation n’a rien de surprenant : elle est l’un des derniers épisodes de cette relation tourmentée entre les Noirs américains et le continent matrice.


Comme les Africains ne manquent pas de le rappeler, si les Afro-Américains se considèrent comme leurs frères, ils s’affichent d’abord en grands frères. Malentendu éternel qui transforme les cousins d’Amérique en moralistes arrogants. Par le passé, l’Afrique a subit pire de la part de cette lointaine famille.


En 1822, le Libéria est fondé par une société américaine de colonisation pour y installer des esclaves noirs libérés. Dès le début il y a malaise entre les affranchis et les autochtones. Lorsque le 26.07.1847 le Libéria devient une république indépendante, l’élite américano-libérienne et son parti, le True Whig, prend le pouvoir et le conservera durant un siècle, imposant le travail forcé aux autochtones. En 1936, en dépit de l’abandon du travail forcé, ils demeurent des citoyens de seconde zone car privés de droit de vote. Il faudra attendre 1945 pour que le président William Vacanarat Shadrach Tubman leur accorde ce droit légitime. En 1971 lorsque le président Tolbert succède à Tubman, la politique économique qu’il mène accroît le fossé entre Américano- Libériens et autochtones. Son comportement causera sa perte car le 12.04.1980 il est sauvagement assassiné lors d’un coup d’état mené par Samuel Kanyon Doe, un autochtone qui prend le pouvoir.


Pourtant, c’est gorgé de bons sentiments et d’une sincère fraternité que certains Afro-Américains s’investissent en Afrique.


L’histoire de la recherche en maternité des Noirs américains est aussi ancienne que leur déracinement. Dès les premiers voyages nombreux sont les esclaves qui ont tenté de rentrer en Afrique. Les témoignages persistants de ces années sombres rapportent des centaines de luttes comparables à celle d’Ayuba Suleiman Diallo qui, dès 1730, après avoir été embarqué comme esclave à partir de son Sénégal natal, est parvenu après des mois d’acharnement à rentrer chez lui, retrouver les siens et mourir à 73 ans. Son incroyable aventure préfigure la longue épopée de Noirs américains qui continuent à se penser Africains et qui veulent rentrer.


Jusqu’à Obama, l’odyssée de la minorité noire américaine est parsemée de tentatives pour recréer le lien organique avec l’Afrique. Pour ce faire, des dizaines de milliers d’Afro-Américains se sont installés essentiellement au Ghana depuis l’indépendance du pays en 1957. Le fondateur de la nation, Kwame N’Krumah, qui fit ses études aux USA, tenta de concrétiser le rêve panafricain. Certains penseurs théorisèrent sur une profonde similitude entre les Africains, victimes de l’oppression coloniale, et les Noirs américains qui subissaient la ségrégation. Libérés des Anglais, les Ghanéens annoncent la victoire des Noirs ségrégués. Réalité ou mythe, quoiqu’il en soit, par une étrange coïncidence historique, quand la loi sur les droits civiques des Noirs américains en 1964, près de 30 pays africains gagnaient leur indépendance, initié par le Ghana. Pourtant, même s’il a dédié l’un de ses plus beaux discours au Ghana en 1957, Martin Luther King l’avait clairement énoncé, les Afro-Américains ne sont pas des Africains. Néanmoins ils sont considérés comme frères et King même les invite à partir pour l’Afrique afin d’aider le jeune pays à se construire. Il fut entendu et, à l’exemple du grand WEB Du Bois, une communauté américaine idéaliste entama sa transhumance vers le Ghana. Dubois fut l’un des pères du panafricanisme américain qui tint son premier Congrès officiel en 1919 à Paris. Leur idéologie était simple car elle consistait à considérer les Africains et les descendants d’Africains nés ou vivant hors d’Afrique comme un seul ensemble uni dans un sentiment de solidarité afin de régénérer et unifier l’Afrique. Elle s’exprime via la glorification du passé de l’Afrique et la fierté des valeurs africaines. Le panafricanisme devait libérer le peuple noir de toutes les oppressions. Ce ne fut qu’un rêve, vite fané, qui ne retrouva qu’un peu de vigueur avec le mirage ghanéen.


En effet, nombreux sont les Afro-Américains qui reçurent la terrible gifle de la désillusion. D’abord parce qu’ils sont confrontés à leur altérité puis à l’hostilité des Africains et enfin à l’amertume de leurs compatriotes restés aux USA et qui sont devenus cyniques. Sur le terrain ils découvrent que les Africains ont participé à la traite et réalisent que la couleur de leur peau ne signifie rien face à l’immensité océanique qui les sépare culturellement. Ce ne sont que ressentiment et incompréhension qui caractérisent ces retrouvailles. Ils doivent admettre que leurs rêves d’empire Ashanti et de royaumes glorieux n’étaient que des mythes d’une Afrique fantasmée en leurs esprits.


Longtemps les Noirs d’Amérique, tel Malcom X, ont soutenu que les Blancs étaient les seuls responsables de leur impossible retour en Afrique.


Aujourd’hui les intellectuels Afro-Américains tel que Kwame Anthony Appiah livre une critique sans fards du continent fantasmé et s’avoue favorable à une déconstruction du mythe : l’Afrique a soutenu le commerce des esclaves, a pratiqué l’esclavage sur son sol et se refuse à le reconnaître. Appiah ne croit ni en la race ni en une « négritude » essentialiste rassemblant par delà les continents des gens n’ayant en commun que leur couleur de peau.


L’Afrique, lorsqu’elle cesse d’être un mythe lointain, est donc la source d’une grande désillusion et témoigne d’un grand malentendu pour les Noirs américains. Mais l’inverse est également vrai car des centaines de milliers d’Africains qui migrent aux USA découvrent non seulement le racisme d’une société majoritairement blanche mais également l’hostilité des Afro-Américains. Le comportement de ces derniers découle du registre classique des stéréotypes blancs liés à l’arriération de l’Afrique et qu’ils ont intégrée mais aussi dans le ressentiment et la mémoire douloureuse de l’esclavage. Désormais la ligne de partage des couleurs n’est plus seulement entre Noirs et Blancs mais aussi entre Noirs et immigrés noirs. Certains Afro-Américains ne veulent pas être confondus avec ceux dont ils aiment pourtant se dire les frères. Ils aiment davantage l’Afrique que les Africains.


Dans les ghettos du Bronx comme sur le campus de Cambridge, une même amertume s’exprime : les Africains seraient des privilégiés pour accéder à ce qui semble l’apanage des Blancs : l’éducation supérieure et les emplois supérieurs. Alors qu’ils ne représentent que 3% des Noirs aux Etats-Unis ils constituent 25% des étudiants noirs des universités publiques et plus de 40% de ceux de la prestigieuse Ivy League. La maîtrise de la langue anglaise, les recommandations familiales invitant à la réussite, la qualité de l’enseignement qu’ils ont reçu en Afrique et la vénération pour l’éducation sont autant d’atouts pour leur intégration. Plus dociles, davantage prompts à se soumettre aux exigences arrogantes des Blancs, ces Africains ne veulent pas se dire « Noirs » car ils ne souhaitent pas être identifiés à « l’underclass » des Noirs américains. Les moqueries et les brimades sont mutuelles. En dépit d’une docilité toute relative, ils ne manquent pas de rappeler qu’ils ne vivent pas dans un monde régi par des Blancs qui ont dénaturé l’homme noir. Ils s’affirment être des civilisés qui élèvent leurs enfants dans le respect des anciens et du savoir. En fait les deux communautés expriment avec agressivité parfois un sentiment d’altérité qui apparaît comme le déni d’une familiarité que le temps et la distance ont voilée.


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28 novembre 2008

RESISTANCE DES NOIRS LORS DES TRAITES ATLANTIQUE


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Si de nombreux ouvrages sont consacrés aux « calvaires » vécus par les Africains réduits à l’esclavage dans l’Amérique du XVII° au XIX°, si maints écrits relatent la résistance, la rébellion et les évasions de certains esclaves, peu de traces subsistent des conditions dans lesquelles s’est organisé ce commerce sur le sol africain. L’attitude des Africains en la matière a été très peu étudiée. Dans un premier temps, elle a été falsifiée par les négriers et les racistes puis, de nos jours, par des historiens bourgeois d’orientation coloniale ou néo coloniale.

Il me semble utile de préciser que l’Afrique a connu l’esclavage et la traite des Noirs avant la venue des Européens. C’est pourquoi, dans les premiers temps, lorsque les Européens commencèrent à acheter des esclaves cela fut considéré comme un arrangement commercial ordinaire.

Toutefois, dès le début, les relations furent rarement amicales. Des Blancs armés se jetaient sur les Africains venus les accueillir en confiance ou avec crainte, tuaient ceux qui résistaient et embarquaient les autres, ligotés.

En dépit d’une évidente supériorité en armement, les Africains ne furent jamais effrayés. D’abord parce que, grâce à leurs propres moyens d’informations (tam-tam, signaux de fumée) ils étaient avertis de l’arrivée d’étrangers indésirables puis parce qu’ils avaient su mettre en place des interventions hostiles permanentes (attaques soudaines, flèches empoisonnées)

Dans les conditions de la réalité africaine des XV° au XVII° siècle, il ne pouvait se produire de grandes révoltes bien organisées contre les Européens car il n’existait presque pas de grandes formations étatiques dans les régions où les Européens pénétraient, ce qui facilita la réussite de la politique des colonisateurs qui consistait à semer la discorde entre les chefs de s différentes tribus. De surcroît, les Européens avaient derrière eux les pays les plus avancés de temps en matière de matériel et d’expérience militaires. Au début, l’Afrique ne pouvait riposter qu’avec des arcs et des flèches utilisés par de petits groupes de guerriers issus de tribus isolées. Toutefois, leur résistance obligea les colonisateurs, installés sur les côtes, à se construire des fortifications pour se préserver de leurs attaques.

Les premiers temps, grâce à leurs constructions nanties de hautes murailles et suréquipées en artillerie, les Européens réussirent presque toujours à repousser les assaillants. Mais lorsque les Africains parvinrent à manier les armes à feu dont ils furent d’abord effrayés et, en dépit d’une résistance furieuse des colonisateurs, investissaient les forts et les incendiaient.

Les quelques publications consacrées au commerce des esclaves faisaient état de la férocité des Africains ainsi que de leur goût pour le pillage.

En définitive, expliquer leurs attaques en invoquant seulement cela, revient à minimiser leur lutte. Ces actions s’expliquaient avant tout par la haine qu’inspiraient les envahisseurs.

La lutte contre les conquérants et colonisateurs européens s’est surtout déployée avant le XVIII° siècle, période la plus intense de la traite des Noirs. Du reste, à cette époque, l’ensemble de la politique des Européens en Afrique est conditionné par ce commerce. La résistance des Africains aurait donc du être dirigée contre les négriers or, aussi paradoxal que cela puisse paraître, il n’y a jamais eu de tels mouvements.

Par contre, de nombreux témoignages rapportent les fréquentes révoltes d’esclaves pendant le voyage à travers l’Atlantique ainsi que dans les colonies du Nouveau Monde.

La conclusion habituellement adoptée par les historiens de l’époque et confirmée par les négriers et les colonialistes était la suivante : les Africains connaissaient l’esclavage depuis longtemps et ils ne protestaient pas contre car c’était devenu une condition d’existence habituelle. Les soulèvements et les tentatives d’évasion sur les navires n’étaient la conséquence que des mauvais traitements infligés aux individus et non pas du au fait qu’ils ne souhaitaient pas être esclaves. En réponse, les partisans de ce type de commerce rétorquaient : « Traitez mieux les esclaves africains et il n’y aura pas de révoltes ». Mais les mêmes gens, afin de se donner bonne conscience, déclaraient que l’exportation des Africains hors de leur pays était un bien du fait que, soi-disant, l’esclavage en Afrique est beaucoup plus terrible que dans le Nouveau Monde car les captifs ont des vies bien meilleures dans les plantations d’Amérique.

Curieusement on n’a jamais confronté la première et la seconde affirmation des marchands d’esclaves. Aujourd’hui il apparaît évident que si ces propos s’étaient avérés exacts, il demeurerait des traces de fréquentes révoltes contre la traite des Noirs en Afrique.

Naturellement plusieurs questions interpellent les esprits : tout d’abord, pourquoi n’y-a-t-il pas eu de lutte contre la traite des Noirs par les Européens sur l’Atlantique ; ensuite, comment se fait-il que les esclaves isolés qui résistaient pour se sauver, eux-mêmes ou leur famille, et parvenaient à fuir les caravanes ne pouvaient-ils pas généralement compter sur l’aide des habitants de la région ; enfin, pourquoi lorsqu’un fuyard était repéré était-il presque systématiquement vendu à un négrier européen ou à un marchand africain ?

Pour répondre à toutes ces interrogations, il est indispensable de se replacer dans le contexte africain de l’époque. Imaginer une réalité où des individus ont instaurés depuis plus de 200 ans le désordre dépravant de la traite des Noirs. La durée a engendré une acceptation, telle une coutume, dans l’esprit des Africains qui en acceptaient même la cruauté comme inhérente au phénomène. Des êtres ignobles en avaient fait leur profession et c’était pour eux une source permanente de revenus. Toute personne faible capturée représentait un profit concret et immédiat : des marchandises, des armes, du vin… Entreprendre un travail productif était inutile car l’activité la plus avantageuse était la chasse à l’homme ou déclencher des guerres afin de faire des prisonniers pour ensuite les vendre.

En fait c’était une lutte constante pour demeurer parmi les plus forts pour ne point tomber sous le joug d’un chasseur et subir l’esclavage. La traite des Noirs a été à l’origine d’une horrible dévaluation de la vie humaine. Elle a entraîné une dégradation morale, la déformation des plus belles qualités humaines, des mentalités que ce soit celles des marchands d’esclaves ou des captifs.

Sociologiquement, la traite des Noirs a engendré des divisions, une multitude d’isolement car chacun essayait de se sauver ou de protéger ses proches, au détriment des autres.

Il existe très peu de documents relatant les comportements des différents groupes humains réduits en esclavage. Toutefois des témoignages rapportent que certains n’avaient pas le courage de lutter, mouraient de nostalgie, se suicidaient ou bien travaillaient en attendant la mort avec indifférence.

Malgré tout, nombreux sont ceux qui ont opposé une résistance en Afrique ; ils s’évadaient des caravanes d’esclaves, se rebellaient au moment du chargement dans les navires. Des témoignages attestent d’évasions réussis mais aucun ne rapportent si les fuyards ont réussi à revenir chez eux.

Même si les châtiments encourus étaient odieusement cruels, il demeure une multitude de preuves confirmant des révoltes d’esclaves dans le Nouveau Monde (les nègres marron à la Jamaïque et à Cuba, des villages d’esclaves en fuite au Brésil, des centaines de soulèvements aux USA). Mais pourquoi ces êtres qui ne s’opposaient pas ouvertement à la traite des Noirs en Afrique se révoltaient-ils arrivés à destination ?

La cruauté des planteurs n’est pas l’unique raison. D’abord il est notable de souligner que bon nombre des révoltés au sein des captifs sont des Africains qui furent toujours contre la traite des Noirs. Or en Afrique ils ne pouvaient lutter contre ce fléau car la moindre parole ou action contre se soldait par la mise en esclavage ou la mort. De plus, il n’y avait pas d’endroit où l’on puisse fuir ce commerce de chair humaine. Les Africains, sur leur continent, se contentaient de se défendre mais ils ne pouvaient envisager aucune offensive contre les négriers.

Par ailleurs, les affirmations selon lesquelles les Africains ne protestaient pas contre l’état d’esclave du fait qu’il leur était habituel est totalement fausse. Bien au contraire, ils ne cessaient de lutter pour recouvrer la liberté et, lorsqu’ils voyaient qu’il n’y avait aucun espoir de se libérer, bien souvent ils préféraient la mort.

Dans les caravanes, les mains liées, attachés par le cou et escortés par des gardes armés, ils tentaient tout de même de fuir à la moindre occasion favorable. Jusqu’à l’embarquement, s’apercevant qu’ils n’allaient pas être vendus dans leur pays, ils luttaient. Enchaînés, ils se jetaient sur les matelots et les gardes, ils sautaient à la mer mais entraînés par le poids de leurs chaînes ils se noyaient. Parfois même, s’ils voyaient qu’ils allaient être récurés par une chaloupe, ils préféraient se laisser volontairement couler plutôt que de se faire attraper par le négrier.

Ensuite, à bord du vaisseau, les plus forts, les plus décidés menaient une lutte active : ils organisaient une révolte, attaquaient l’équipage du négrier, s’emparaient parfois même du navire.

Ceux qui n’avaient pas la force ou le courage d’intervenir ouvertement résistaient au marchand d’esclaves passivement, avec opiniâtreté et insistance : ils se laissaient mourir de faim ou se jetaient par-dessus bord.

Les grèves de la faim engendraient des épidémies et une mortalité massive des captifs. Les coups, la torture n’étaient d’aucun secours : les Africains ne voulaient pas être des esclaves. Cette façon de se laisser mourir était si répandue parmi les Africains qu’en Angleterre on fabriquait , outre des fers, des colliers, des chaînes et des cadenas, des appareils spéciaux en métal qu’on introduisait dans la bouche des esclaves refusant de manger afin de les nourrir de force.

Nombre de rapports font état de révoltes à bord des négriers au XVIII° siècle. Parfois les Africains parvenaient à prendre le contrôle du bateau ; souvent lorsque la situation était vraiment désespérée, ils n’hésitaient pas à provoquer le naufrage du navire. Vers 1830, des hommes d’affaires de Bristol se plaignaient même de voir leurs revenus baisser dans le secteur de la traite des Noirs à cause du nombre importants de navires disparus.

Les archives détiennent de nombreuses traces de voiliers enlevés par les esclaves ; toutefois de nombreuses résistances sont restées dans l’ombre car les Africains après avoir pris le bateau ne savaient pas le gouverner et s’échouaient, morts de faim et de soif. Des marins ont rapporté qu’ils avaient rencontré des navires à bord desquels l’équipage européen gisait et les esclaves étaient dans un état de complet épuisement. D’autres qu’il n’y avait que des cadavres desséchés d’esclaves ou, au contraire, seulement des matelots tués.

Les marchands d’esclaves relevaient habituellement une indocilité particulière chez certains peuples ou tribus d’Afrique. Ils estimaient qu’il fallait faire preuve de beaucoup de prudence s’il y avait des Mina et des Koro-mantins, toujours prêts à s’évader ou à se révolter. D’autres mentionnaient l’audace des Ewe, parlaient de l’impossibilité de briser l’âme fière des esclaves Ashanti ou mettaient en garde contre l’insoumission permanente des esclaves achetés dans la région de Kiwa et de Mom-bassa. Les peuples africains stupéfiaient les Européens par leur inacceptation intransigeante de leur état d’esclaves, leur volonté d’être libres, leur audace et leur opiniâtreté dans la lutte. Tous dans leur ensemble.

Cette résistance prouve que les Africains, comme tous les individus de la planète quelle que fut leur race, aspiraient à vivre libres. Et seuls des Occidentaux imbus d’une supériorité injustifiée et d’un orgueil  malsain ont pu penser pendant toutes ces années que les esclaves africains n’avaient été que de pauvres créatures stupides et soumises, à mi-chemin en l’homme et le singe.

 

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26 novembre 2008

BOOKER T. WASHINGTON, ASCENSION D'UN ESCLAVE EMANCIPE


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Educateur, conférencier, auteur et leader de la communauté Afro-Américaine, Booker T. Washington est peu connu en France alors qu’aux Etats-Unis il fut la figure majeure des Noirs entre 1890 et 1915 et demeure aujourd’hui au sein du panthéon américain.

Il appartient à la dernière génération de leaders noirs nés dans l’esclavage. Après son abolition en 1865 il fit des études, ce qui lui permit d’écrire son histoire, grand éducateur lui-même, il devint le chantre de l’éducation pour le développement des citoyens noirs. Libéré de l’esclavage dans son enfance, après avoir effectué maints emplois subalternes dans l’Ouest de la Virginie, il a trouvé sa voie grâce à une instruction reçue à Hampton Institute et Wayland Seminary. Sur recommandation du fondateur de Hampton, Sam Armstrong, alors qu’il n’est encore qu’un jeune homme, il est nommé responsable de la nouvelle université de Tuskegee Institute puis enseignant pour élèves noirs.

Washington estimait que l’éducation était une clé essentielle pour que les Afro-Américains se hissent au sein de la structure sociale et économique des Etats-Unis. Il avait acquis une réputation nationale en tant que porte-parole et leader des Noirs. Même si son approche non-conflictuelle a été critiquée par certains Noirs, il a réussi à établir des relations avec des philanthropes notables comme Anna T. Jeanes, Henry Huddleston Rogers, Julius Rosenwald et la famille Rockefeller qui contribuèrent par millions de dollars pour l’éducation à Hampton ou Tuskegee, subventionnèrent des centaines d’écoles publiques pour les enfants noirs dans le Sud et financèrent des poursuites judiciaires afin de lutter contre la ségrégation et la privation du droit de suffrage.

Bénéficiaire de diplômes honoraires de Dartmouth College et de l’Université de Harvard, il est le 1° Noir à être l’invité d’honneur d’un président américain à la Maison Blanche. De ce fait Booker T. Washington est largement considéré comme le plus puissant des Afro-Américains de 1895 jusqu’à sa mort en 1915. Des centaines d’écoles et d’individus aux Etats-Unis ont été nommés en son honneur.

Booker Taliaferro Washington est né esclave à Hale’s Ford dans le sud-ouest de la Virginie le 05 Avril 1856. Son père était un blanc et sa mère, Jane, une esclave chez James Burroughs un petit fermier. Il ne connut que très peu son père. Plus tard sa mère se maria avec un esclave, Washington Ferguson, dont Booker prit le prénom pour nom lorsqu’il entra à l’école. En dépit de son métissage, le système des castes juridiques fit qu’il fut considéré comme un esclave noir. Quelques pères blancs assurèrent à leurs enfants naturels la possibilité de suivre un enseignement ou la formation pour devenir artisans ; quelquefois les mères et les enfants étaient affranchis et retrouvaient leur liberté ; ce n’a pas été le cas pour Booker T. Washington.

Durant l’été de 1865, sa mère déménagea avec ses enfants Booker, son frère John et sa sœur Amanda à Malden, dans le Comté de Kanawha afin de rejoindre son époux. Cette mère eut une influence majeure sur sa scolarité car, même si elle ne savait pas lire elle-même, elle achetait des livres d’orthographe à son fils afin de l’encourager à lire. Après l’émancipation sa famille était tellement frappée par la pauvreté que le jeune Booker alla travailler dans des fours de sel et des mines de charbon dès l’âge de 10 ans (1866-1868). Il était un enfant intelligent et curieux, il aspirait à une éducation et fut frustré de ne pas pouvoir bénéficier d’une bonne instruction localement.

Quand il eut 16 ans ses parents l’autorisèrent à quitter son travail pour aller à l’école. Toutefois, comme ils ne disposaient pas des moyens financiers pour subvenir à ses études, il marcha 200 miles pour se rendre à Hampton Normal and Agricultural Institute, créé pour instruire les affranchis. Pour payer ses études ainsi que sa pension il travailla comme portier. Plus tard il rejoindra Wayland Seminary afin de compléter sa formation d’instructeur.

En 1881, suivant les conseils de Samuel C. Armstrong il devient le 1° responsable de Tuskegee Normal and Industrial Institute, la nouvelle Ecole Normale en Alabama. Il a dirigé ce qui est devenu l’Université de Tuskegee jusqu’à la fin de son existence.

La nouvelle école a ouvert 04.07.1881, d’abord en utilisant l’espace loué à une église locale. L’année suivante, Washington a acheté une ancienne plantation qui est devenue le site permanent du campus. Sous sa direction, les étudiants ont littéralement construit leur propre école : construction des salles de classe, des granges et des dépendances, subvenant à la plupart de leurs besoins par leurs propres récoltes et l’élevage de leur bétail. La structure offrait aux hommes et aux femmes des formations professionnelles pratiques ou leur permettait d’accéder à un cursus universitaire. Tuskegee utilisait chacune de ses activités afin d’enseigner aux élèves les compétences de base indispensables dans les communautés noires rurales du Sud. Mais Tuskegee formait également des enseignants. Cet institut illustre les aspirations de Washington pour ceux de sa race. Sa théorie était que, en produisant des compétences pratiques et indispensables à la société, en se montrant responsables et fiables, les Afro-Américains accéderont à une pleine acceptation de la part des Blancs.

En 1895, Booker T. Washington est invité à parler à l’ouverture de la « Cotton States Exposition », honneur sans précédent pour un Afro-Américain. Il est sollicité pour effectuer un bref discours afin d’exprimer sa thèse en matière de philosophie sociale et raciale. Lors de ce qui reste le « Compromis d’Atlanta », il sollicite des Américains blancs la possibilité d’instruire les Noirs afin qu’ils puissent trouver des emplois tant dans l’industrie que dans l’agriculture. En échange, il fait prévaloir que les Noirs renoncent à leurs vœux d’égalité sociale ainsi qu’à leurs droits civils. Le message aux Noirs était que l’égalité sociale et politique était moins importante dans l’immédiat que l’indépendance et la respectabilité économique. Booker T. Washington affirme que si les Noirs s’imposent dans l’économie et prouvent leur utilité aux Blancs, ensuite l’égalité sociale et les droits civils leur seront probablement accordés. Bien que sa position conciliante irrita quelques Noirs, dans l’ensemble ils avaient très envie de travailler comme fermiers, artisans, domestiques ou travailleurs manuels afin de prouver aux Blancs que tous les Noirs n’étaient pas que des menteurs et des voleurs de poulets.

La stratégie de Washington était un compromis à l’oppression blanche. Il conseilla aux Noirs de faire confiance au paternalisme des Blancs du Sud et d’accepter le fait de la suprématie blanche. Il tressa une mutuelle interdépendance entre les Blancs et les Noirs dans le Sud mais il souligna qu’ils étaient socialement séparés : «  Dans toutes les choses qui sont purement sociales nous pouvons être séparés comme les doigts ; mais ne faire plus qu’un, comme une main, dans les domaines essentiels au progrès mutuel. »

Washington conseilla aux Noirs de rester dans le Sud, d’obtenir une éducation utile, de protéger leur argent, de travailler dur et d’acheter une maison. En agissant ainsi, Washington rappelle aux Noirs qu’ils pourront gagner pleinement leurs droits de citoyens.

Les Blancs américains reçurent avec enthousiasme les principes raciaux de Washington et le nommèrent leader national des Noirs. Les Blancs du Nord virent en la doctrine de Washington une opportunité de paix entre les différentes races du Sud. Les Sudistes blancs apprécièrent son programme car il n’impliquait pas d’aspirations politiques, civiles ou sociales et maintenait le Noir dans un statut inférieur.

Comme les intentions de Washington convenaient aux Blancs, des contributions substantielles furent attribuées par des philanthropes à Tuskegee ou d’autres institutions qui s’alignèrent sur le plan de Washington. Le prestige de Washington grandit au point qu’il fut considéré comme le porte-parole de la communauté noire toute entière.

Grâce au solide soutien des Blancs, Washington devint un leader noir influent non seulement dans les milieux de l’éducation et de la philanthropie mais également dans le secteur des affaires, au sein des ouvriers, des politiciens et même dans les affaire publiques.

En plus de Tuskegee Institute, Washington institua une variété de programmes pour l’extension du travail rural et aida à créer la National Negro Business League à Boston au Massachussetts en 1900. Peu de temps après l’élection du Président William McKinley en 1896, un mouvement milita pour que Booker T. Washington soit nommé à un poste du cabinet mais il retira son nom, préférant travailler en dehors de l’arène politique.

Cependant, Washington fut invité le 16 Octobre 1901 à un dîner d’état par le Président Theodore Roosevelt, devenant ainsi le 1° Afro-Américain accueilli à ce niveau. La même année fut édité son livre le plus connu, « Up from Slavery » qui obtint immédiatement un large succès et eut un immense impact sur la communauté afro-américaine ainsi que sur ses amis et alliés.

D’un point de vue privé, Booker T. Washington a été marié 3 fois. Dans son ouvrage le plus célèbre, « Up from Slavery », il rend hommage à toutes ses épouses pour leur contribution à Tuskegee, avouant clairement que sans leur participation le projet n’aurait pas été couronné d’autant de succès.

Sa 1° femme, Fannie N. Smith, était originaire de Malden, lieu où il vécut de 9 à 16 ans et avec lequel Washington garda des contacts toute sa vie. Ils se sont mariés durant l’été 1882 et eurent une fille Portia M. Washington mais Fannie décéda en Mai 1884. Sa 2nde épouse Olivia A. Davidson, née dans l’Ohio, a étudié à l’Institut d’Hampton puis à l’Ecole Normale du Massachussetts à Framingham. Elle a enseigné ensuite dans le Mississipi et le Tennessee avant d’être engagée à Tuskegee. Lorsque Washington fait sa connaissance, elle est professeur et devient sa principale assistante. Ils se sont mariés en 1885 et ont eu 2 fils, Booker T. Washington Jr et Ernest Davidson Washington avant qu’elle ne meure en 1889. En 1893, Booker T. Washington se remarie pour la 3° fois avec Margaret James Murray, originaire du Mississipi et diplômée de l’Université de Fisk. Ils n’eurent pas d’enfants mais elle se chargea de l’éducation de ceux nés des précédentes unions de Washington. Elle survécut à son époux et décéda en 1925.

En dépit des nombreux voyages auxquels il était assujetti ainsi que des multiples responsabilités qui étaient les siennes, Washington est toujours demeuré responsable de Tuskegee. La masse de travail qui est la sienne détériore rapidement sa santé et il s’effondre à New York. Il est ramené en urgence à Tuskegee où il décède le 14 Novembre 1915 à l’âge de 59 ans. Dans un premier temps, les causes de sa mort ne sont pas très claires : on suppose de l’épuisement nerveux et de l’artériosclérose. Il est enterré sur le campus de l’Université de Tuskegee, près de la chapelle. En Mars 2006, avec l’autorisation de ses descendants, l’examen des dossiers médicaux indique qu’il était en fait décédé d’hypertension artérielle avec une pression plus de 2 fois supérieure à la normale.

Son autobiographie, « Up from Slavery », raconte sa spectaculaire ascension, des très humbles débuts jusqu’à la fondation de Tuskegee ; elle prône les convictions de Washington comme l’amélioration du statut social et économique de l’Afro-Américain via un travail acharné. Cette institution et cette initiative étaient controversées à l’époque. En effet, la carrière de Washington est pleine de paradoxes.

Il conseilla aux Noirs de rester dans le Sud, évita les débats politiques et les protestations en prônant l’entraide économique et la formation professionnelle mais il devint un chef politique puissant, l’ami d’hommes d’affaires comme Andrew Carnegie et même le conseiller des présidents.

Booker T. Washington accepta publiquement, sans aucune protestation, la ségrégation raciale et la discrimination électorale mais secrètement finança et dirigea de nombreuses poursuites judiciaires contre de telles proscriptions des droits civils.

Il prêchait une morale de puritain ainsi qu’une hygiène personnelle exemplaire alors qu’il était engagé dans des actes de sabotage et d’espionnage contre ses opposants noirs.

Devant les Blancs il était un modèle d’humilité et de zèle tandis qu’avec ses collaborateurs et les élèves à Tuskegee il était un despote bienveillant.

Certes il était fréquemment critiqué pour son caractère opportuniste ; cependant, l’extraordinaire succès de Tuskegee augmenta durant ses 34 années de direction de l’établissement et a réduit au silence beaucoup de ses détracteurs.

« Il s’agissait pour nous de prouver qu’il était possible à la race nègre de fonder un établissement d’instruction et d’éducation et de le diriger convenablement. Echouer, c’était porter un coup à la race toute entière. Tout était contre nous. On pensait communément que le succès, naturel, certain pour les Blancs, avec nous serait une chose inouïe. Ces considérations pesèrent très lourdement sur nous. » Booker T. Washington, Autobiographie d’un nègre.


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Booker T. Washington, ses deux fils et une de ses nièces.

19 novembre 2008

LES NOIRS NE SONT PAS DES SAUVAGES


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Phillis Wheatley

Si l’anthropologie, science de l’homme, est une discipline déjà relativement ancienne, les études scientifiques relatives aux Noirs d’Afrique sont elles très récentes puisqu’elles ne datent que de la 2nde Guerre Mondiale.

En fait, dans un premier temps, il est malheureux de constater que l’intérêt pour la psychologie africaine n’est né que d’un prolongement de recherches effectuées aux Etats-Unis auprès de la population afro-américaine principalement dans le domaine des relations sociales ainsi que sur les aptitudes et l’intelligence. Loin d’intervenir pour enrichir leurs connaissances les chercheurs n’agissaient que pour justifier scientifiquement, d’une part, les préjugés raciaux et la ségrégation en vigueur dans les sociétés américaines et, d’autre part, caractériser et délimiter les aptitudes individuelles en vue de l’exécution de tâches déterminées dans l’industrie et dans l’armée. Mission peu glorieuse !

Lorsque des psychologues européens se sont investis sur le terrain c’est avec une toute autre perspective qu’ils ont abordé les problèmes car c’est d’abord d’un point de vue psychiatrique qu’ils ont du se placer ayant à traiter des militaires africains traumatisés par les combats. Toutefois les recherches sur l’intelligence et les aptitudes ont également été poursuivies mais afin de déterminer les caractérisations de la race noire et dans le souci de faire participer les populations africaines à l’œuvre de développement.

Malheureusement, il est navrant de constater que les particularités du cerveau du Noir (forme générale, dimensions, type de scissure, histologie corticale…) soient retenues comme « preuves » de son insuffisance constitutionnelle et fonctionnelle. Il est regrettable de relever des conclusions qui affirment que l’intelligence du Noir est « naturellement » peu apte à se développer et qu’à ses insuffisances cérébrales s’ajoutent un milieu culturel et social dont les caractéristiques ne favorisent guère la maturation plus poussée de ce phénomène.

Depuis des siècles les Noirs (Africains ou Antillais puis Afro-Américains) sont bassement déconsidérés par une race blanche qui se déclare outrageusement supérieure. Les grands penseurs ainsi que tous ceux qui se disaient « savants » ont laissé à la postérité une masse de propos négrophobes qui font peur. Même très récemment, le 14.10.2007, l’éminent généticien et biochimiste américain, James Dewey Watson, lauréat du prix Nobel de médecine en 1962, a déclaré qu’il était « fondamentalement pessimiste quant à l’avenir de l’Afrique » parce que « toutes nos politiques d’aide sont fondées sur le fait que leur intelligence (celle des Africains) est la même que la nôtre (Occidentaux, ndlr) alors que tous les tests disent que ce n’est pas vraiment le cas ». Le professeur Watson a persévéré dans son racisme en indiquant que « son espoir est que tous les hommes sont égaux » mais que « les gens qui ont eu affaire à des employés noirs se sont rendu compte que ce n’était pas vrai ». Heureusement suite à cette polémique, il a été suspendu de ses fonctions et mis en retraite.

Personnellement je suis choquée par de telles sottises issues de la cervelle d’un illustre scientifique mais, hélas, je suis également consciente qu’au travers des siècles maintes affirmations provocantes sont allées au-delà du débat acceptable. Petite liste écoeurante issue des réflexions racistes des plus grands esprits à travers les temps :

- « Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu’ils doivent point cette différence à leur climat, c’est que des Nègres et des Négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu’une race bâtarde d’un noir et d’une blanche, ou d’un blanc et d’une noire. » Voltaire – Essai sur les mœurs.


- « Je suspecte les Nègres et en général les autres espèces humaines d’être naturellement inférieurs à la race blanche. Il n’y a jamais eu de nation civilisée d’une autre couleur que la couleur blanche, ni d’individu illustre par ses actions ou par sa capacité de réflexion... Il n’y a chez eux ni engins manufacturés, ni art, ni science. Sans faire mention de nos colonies, il y a des Nègres esclaves dispersés à travers l’Europe, on n’a jamais découvert chez eux le moindre signe d’intelligence ». David Hume (1711-1776), économiste anglais, « Sur les caractères sociaux ».

 

- « La nature n’a doté le nègre d’Afrique d’aucun sentiment qui ne s’élève au-dessus de la niaiserie(...) Les Noirs (...) sont si bavards qu’il faut les séparer et les disperser à coups de bâton ». Emmanuel Kant (1724-1804) – « Essai sur les maladies de la tête ».


- « La race nègre est confinée au midi de l’Atlas, son teint est noir, ses cheveux crépus, son crâne comprimé et son nez écrasé son museau saillant et ses grosses lèvres la rapprochent manifestement des singes : les peuplades qui la composent sont toujours restées barbares (...) la plus dégradée des races humaines, dont les formes s’approchent le plus de la brute, et dont l’intelligence ne s’est élevée nulle part au point d’arriver à un gouvernement régulier. » Le zoologiste, G. Cuvier – « Recherches sur les ossements fossiles ».


- « On ne peut se mettre dans l’idée que Dieu, qui est un être sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. (...) Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous mêmes chrétiens. » Montesquieu – « L’esprit des Lois ».

   

-   « La nature a fait une race d’ouvrier, c’est la race chinoise (...) une race de travailleur de la terre, c’est le nègre (...) une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne. » Ernest Renan – «  Discours sur la nation ».

  

- « L’égalité des noirs ! Balivernes ! Pendant combien de temps encore, sous le gouvernement d’un Dieu assez grand pour créer et diriger l’univers, y aura-t-il des fripons pour colporter, et des imbéciles pour reprendre, des propos d’une démagogie aussi basse. » Abraham Lincoln, président des USA.


- « L’infériorité intellectuelle des noirs est génétique. Le nombre de gènes de l’intelligence chez les Noirs est inférieur à celui des Blancs. » Arthur R. Jensen, psychiatre américain.


- « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures » Jules Ferry.


- « La plus stupide, la plus perverse, la plus sanglante des races humaines », « Aucun progrès, aucune invention, aucune pitié, aucun sentiment », « La couleur noire, la couleur des ténèbres est braiment le signe de leur dépravation ». Michiels, « La vie des nègres en Afrique ».


- « Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire qui date du commencement dans la mémoire humaine : L’Afrique n’a pas d’histoire » Victor Hugo – Discours le 18 Mai 1879.


- « Nous avons un devoir moral envers ces peuples… C’EST NOUS QUI LEUR AVONS APPORTE LA CIVILISATION … » Edouard Balladur (1994 au cours d’une émission télévisée … quelques temps après le début des massacres au Rwanda).

Horrifiés ? Il y a de quoi ! D’autant lorsque l’on détient les preuves indubitables de la contribution des Noirs de tous horizons à l’évolution des sciences, au développement de l’humanité, à l’amélioration des conditions d’existence. Pourtant aucune trace ne subsiste des inventeurs et savants noirs dans la presse scientifique, les manuels scolaires ou les dictionnaires relatifs aux grandes inventions. Tout d’abord parce qu’à une certaine époque s’est très vite posée la problématique des dépôts de brevets et qu’ils ont été contraints de s’arranger avec leurs maîtres. L’excellence des « cerveaux » noirs est devenue tellement « dangereuse » pour le Blanc qu’en 1858 un avocat, Jeremiah S. Black, a fait voter une loi qui interdisait aux esclaves de déposer des brevets. Par ailleurs, des instructions avaient été données en haut lieux pour qu’aucune banque ne finance un inventeur noir.

Quoiqu’il en soit la vérité finit toujours par ressurgir et, même si les maîtres se sont enrichis sur le dos des pauvres esclaves, il demeure aujourd’hui une juste reconnaissance des travaux effectués par ces génies noirs. Voici une liste non exhaustive des inventions à mettre au crédit de la recherche des Noirs :

LA LAMPE ÉLECTRIQUE : inventée le 13.09.1881 par Joseph V. Nichols et Lewis H. Latimer.

L’ANTENNE PARABOLIQUE : inventée le 07 juin 1887 par Granville T. Woods

LA PRODUCTION SUCRIERE AMELIOREE : inventée le 10 décembre par Norbert Rilleux

L’AIGUILLAGE DES TRAINS : inventé le 31 octobre 1899 par William F. Burr

L’EXCAVATRICE DES POMMES DE TERRE : inventée le 23 avril 1895 par F.J. Wood

BIDON (JERRICANE) : inventé le 17 février 1891 par Albert C. Richardson

PANNEAU DE PROTECTION DES LITS : inventé le 13 août 1895 par Lewis A. Russel

MOTEUR A COMBUSTION : inventé le 05 juillet 1892 par Andrew J. Beard

MASQUE A GAZ : inventé le 13 octobre 1914 par Garett A. Morgan

BOUCHE DE SECOURS INCENDIE : inventée le 07 mai 1878 par Joseph R. Winters

LA CHAISE BALANCOIRE : inventée le 15 novembre 1881 par Payton Johnson

CHARPENTE METALLIQUE (DE VOITURE) : inventée le 02 février 1892 par Carter William

TABLE DE CUISSON A VAPEUR : inventée le 26 octobre 1897 par Carter William

LENTILLES DE PROTECTION DES YEUX : inventée le 02 novembre 1880 par Powell Johnson

L’ASCENSEUR : inventé le 11 octobre 1867 par Alexander Miles

DISPOSITIF DE COUPLAGES DES VOITURES DE TRAIN : inventé le 10.10.1899 par Andrew J. Beard

LES MANEGES POUR DIVERTISSEMENT : inventés le 19 décembre 1899 par Granville T. Woods

LA LANTERNE ou LA LAMPE TEMPETE : inventée le 19 août 1884 par Michael C. Hamey

LE PIANO MECANIQUE : inventé le 11 juin 1912 par Joseph H. Dickinson

L’AMENAGEMENT DES WAGONS-LITS : inventé le 08 octobre 1870 par John W. West

LA BALANCE PORTABLE : inventée le 03 novembre 1896 par John W. Hunter

LES W.C ( TOILETTES ) : inventés le 19 décembre 1889 par Jérome B. Rhodes

LE CACHET ET LE TAMPON : inventés le 27 février 1883 par William B. Purvis

LE REFRIGERATEUR : inventé le 14 juillet 1891 par John Stenard

L’INTERRUPTEUR ( LE COMMUTATEUR ) : inventé le 1er janvier 1889 par Granville T. Woods

LE REVELATEUR PHOTOGRAPHIQUE : inventé le 23 avril 1895 par Clatonia Joaquin Dorticus

LA MACHINE A COMPOSTER : inventée le 22 juin 1897 par William Barry

LA FONDEUSE-MOULEUSE : inventée le 14 mars 1876 par David A.Fisher

LE BALAI-LAVEUR : inventé le 13 juin 1893 par Thomas W.Steward

LA MACHINE A ECRIRE : inventée le 07 avril 1885 par Lee S. Burridge et Newman R. Mashman

LE PROTEGE-DOCUMENT : inventé le 02 novembre 1886 par Henry Brown

LE MANCHE D’ENREGISTREUR : inventé le 08 janvier 1918 par Joseph Hunter Dickinson

LE SYSTEME D’ALARME DES TRAINS : inventé le 15 juin 1897 par Richard A. Butler

LA TERRINE ou LA MOULE A GLACES : inventée le 02 février 1897 par Alfred L. Cralle

LE SECHE-LINGE : inventé le 07 juin 1892 par George T. Sampson

LA PEINTURE ET LES COLORANTS : inventés le 14 juin 1927 par George Washington Carver

LES FREINS DE VOITURE : inventés le 06 août 1872 par John V. Smith

LA MACHINE DE CORDONNERIE : inventée le 20 mars 1884 par Jan E. Matzeliger

LE STYLO PLUME A RESERVOIR : inventé le 07 janvier 1890 par William B. Purvis

LE TUNNEL POUR TRAIN ELECTRIQUE : inventé le 17 juillet 1888 par Granville T. Woods

LE FEU DE SIGNALISATION : inventé le 20 novembre 1923 par Garett A. Morgan

LA GUITARE : inventée le 30 mars 1886 par Robert F. Flemmings Jr

LA BOITE AUX LETTRES : inventée le 27 octobre 1891 par Philip B. Downing

LE PEIGNE A CHEVEUX : inventé le 21 décembre 1920 par Walter H. Sammons

LE TROLLEY ELECTRIQUE SUR RAIL : inventé le 19 septembre 1893 par Elbert R. Robinson

LE FOUET BATTEUR D’ŒUFS : inventé le 05 février 1884 par Willis Johnson

LA TABLE DE REPASSAGE : inventée en 1892 par Sarah Boone

LES ROTATIVES DE PRESSE (imprimerie) : inventées le 17 septembre 1878 par W.A Lavalette

LE SYSTEME DE SECURITE DES ASCENSEURS : inventé le 02 avril 1895 par James Cooper

LA BALAYEUSE DES RUES : inventée le 17 mars 1890 par Charles B. Brooks

LE PORTE-BAGAGES DU VELO : inventé le 26 décembre 1899 par Jerry M. Certain

LES SYSTEMES ET LES APPAREILS TELEPHONIQUES : inventés le 11.10.1887 par Granville T. Woods

LA TONDEUSE A GAZON : inventée le 09 mai 1899 par John Albert Burr

LES VITESSES AUTOMATIQUES (des véhicules) : inventées le 06 décembre 1932 par Richard B. Spikes

LES POUBELLES (bac à ordures) : inventées le 03 août 1897 par Lloyd P. Ray

LA PRESSE A AGRUMES : inventée le 08 décembre 1896 par John T. White

LES PORTES DE SECURITE (pour ponts à bascules) : inventées le 07 octobre 1890 par Humphrey Reynolds

LE THERMOSTAT : inventé le 06 mars 1928 par David N. Crosthwait Jr

LE CADRE DU VELO : inventé le 10 octobre 1899 par Isaac R. Johnson

LE FER A CHEVAL : inventé le 23 août 1892 par Oscar E. Brown

LE LANDAU  : inventé le 18 juin 1889 par William H. Richardson

LE PIEGE A RAT AUTOMATIQUE : inventé le 31 août 1881 par Williaù S. Campbell

LA MOISSONNEUSE-BATTEUSE : inventée le 07 août par Robert P. Scott

LA SELLE DE CHEVAL : inventée par William D. Davis

LE MORS DE CHEVAL : inventé le 25 octobre 1892 par Lincoln F. Brown

LE COUVRE SABOT (pour chevaux) : inventé le 19 avril 1892 par Robert Coates

LE CONDITIONNEMENT D’AIR (split) : inventé le 12 juillet 1949 par Frederck M. Jones

LA GACHETTE DE FUSIL (le détonateur) : inventée le 03 mai 1897 par Edward R. Lewis

L’ARROSOIR DE GAZON : inventé le 4 mai 1897 par Joseph H. Smith

LE TELEGRAPHE DES CHEMINS DE FER : inventé le 28 août 1888 par Granville T. Woods

LES APPAREILS de TRANSMISSION de messages via l’électricité : inventés le 7 avril 1885 par Granville T. Woods

LE DISPOSITIF DE TRANSFERT des courriers postaux : inventé le 24 mai 1917 par J.C. Jones

EXTINCTEUR DE FEU : inventé le 26 mars 1872 par Thomas J. Martain

LE DISPOSITIF DE TRANSPORT DES FRETS : inventé le 10 octobre 1899 par John W. Butts

LE LIT PLIANT : inventé le 18 juillet 1899 par L.C. Bailey

LES TRINGLES DES RIDEAUX : inventés le 04 août 1896 par W.S Grant

LE CANAPE-LIT CONVERTIBLE : inventé le 05 octobre 1897 par J.H. Evans

LAVE-VITRES ELECTRIQUES : inventé le 27 septembre 1882 par A.L. Lewis

LA MOISSONNEUSE : inventée le 03 juin 1890 par H.L. Jones

LE DIRIGEABLE : inventé le 20 février 1900 par J.F. Pickering

LA RAMASSEUSE DE COTON : inventée le 05 juin 1894 par Georges W. Murray

LES LUBRIFIANTS DE MOTEUR : inventés le 15 novembre 1898 par Elijah Mc Coy

LA MACHINE DE GRAISSAGE A VAPEUR : inventée le 04 juillet 1876 par Elijah Mc Coy

BANDE MAGNETIQUE D’ORDINATEURS : inventée le 24 août 1971 par Larry T. Preston

LA PEDALE DE COMMANDE : inventée le 05 octobre 1886 par Minnis Hadden

ANTENNE DE DETECTION PAR RADARS : inventée le 11 juin 1968 par James E. Lewis

SUPERCHARGEUR POUR MOTEUR A COMBUSTION : inventé le 03 février 1976 par Joseph A. Gamell

ENGINS DE LEVAGE et MONTE-CHARGE : inventé le 02 mai par Mary Jane Reynolds

LA CELLULE ELECTRIQUE GAMMA : inventée le 06 juin 1971 par Henry T. Sampson

LE SYSTEME DE REFRIGERATION (FRIGO et CONGELATEUR) : inventé le 04 novembre 1879 par Thomas Elkins

LA SIGNALISATION (balises d’aéroport, grues, immeubles,...) : inventée le 30 mars 1937 par Lewis WW. Chubb

DOSAGE DE LA MELANINE : à partir de la peau, inventé par Cheikh Anta Diop

 LE SHAMPOOING : à partir de l’arachide, inventé par George Washington Carver

LE VINAIGRE : à partir de l’arachide, inventé par George Washington Carver

LE SAVON : à partir de l’arachide, inventé par George Washington Carver

LA POUDRE DE TOILETTE : à partir de l’arachide, inventée par George Washington Carver

LA FARINE : à partir de la pomme de terre, inventée par George Washington Carver

L’ENCRE : à partir de la pomme de terre, inventé par George Washington Carver

LE TAPIOCA : à partir de la pomme de terre, inventé par George Washington Carver

L’AMIDON : à partir de la pomme de terre, inventé par George Washington Carver

LE CAOUTCHOUC SYNTHETIQUE : à partir de la pomme de terre, inventé par George Washington Carver

LA STERILISATION DES ALIMENTS : inventée le 8 février 1938 par Lloyd A. Hall

MOUSSE IGNIFUGE CONTRE LE FEU : utilisée pendant la 2nd guerre mondiale, inventée par Percy L. Julian

SYNTHESE DE LA PHYSOSTIGMINE : pour le traitement du glaucome , inventée par Percy L. Julian

SYNTHESE DE LA PROGESTERONE : inventée par Percy L. Julian

SYNTHESE DE LA CORTISONE : inventée le 10 août 1954 par Percy L. Julian

SYNTHESE ORGANIQUE DE LA PHEROMONE : inventée par Bertram Oliver Fraser-Reid

SYNTHESE DE L’OLIGOSACCHARIDE : inventée par Bertram Oliver Fraser-Reid

FILAMENT DE CARBONE : pour la lampe à incandescence : inventé le 17 juin 1882 par Lewis Howard Latimer

APPAREIL DE REFROIDISSEMENT et DE DESINFECTION : inventé le 12 janvier 1886 par Lewis Howard Latimer

RHEOSTAT FIABLE : inventé par Granville T. Woods le 13 octobre 1896

TROISIEME RAIL : pour le métro, inventé par Granville T. Woods le 29 janvier 1901

UN FREIN AUTOMATIQUE à AIR COMPRIME : inventé par Granville T. Woods en 1905

UN FREIN ELECTROMECANIQUE : inventé par Granville T. Woods en 1887

UN INTERRUPTEUR AUTOMATIQUE de circuits électriques : inventé par Granville T. Woods en 1889

UNE COUVEUSE ARTIFICIELLE : inventé par Granville T. Woods en 1890

PACEMAKER (régulateur pour stimulateur cardiaque) : inventé par Otis Boykin

OPERATION A CŒUR OUVERT : inventé par Daniel Hale Williams le 9 juillet 1893

TEST DE DEPISTAGE DE LA SYPHILIS : inventé par William A. Hinton en 1936
 
TRAITEMENT des MALADIES VENERIENNES (avec l’auréomycine) : inventé par Louis Tompkins Wrigh

CONSERVATION DU SANG : inventé par Charles Richard Drew

LA POLYTHERAPIE (utilisation de la chimiothérapie contre le CANCER) : inventée parJane Cooke Wright

TRANSPLANTATION du REIN (2ieme au monde) : par Samuel L. KOUNTZ

CONSERVATION du REIN (durant plus de 50 heures) : par Samuel L. KOUNTZ

ANTIDOTE contre les SURDOSES de BARBITURIQUE : inventé par Arnold Hamilton Maloney

MACHINE A MONTER LES EMPEIGNES (soulier) : inventé par Jan Earnst Matzeliger

FIXATEUR POUR CHEVEUX : inventé par Garrett A. Morgan

ANEMOMETRE : inventé par Philip G. Hubbard

CAMERA-SPECTROGRAPHE (transporté par Apollo 16) : inventé par George R. Carruthers 

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George Washington Carver

A la lecture de cette liste qui est loin d’être complète, on se rend bien compte de l’importance de la communauté noire de toutes origines dans notre société. Lorsque l’homme blanc prétend par ses études détenir la preuve de sa suprématie, l’homme noir peut lui répondre qu’Ernest Everett Just (1883-1945), éminent pionnier noir dans le domaine de la recherche sur le fonctionnement des cellules, de la génétique et de l’embryon, était un brillant scientifique dont les expériences auraient pu se révéler encore plus utiles si les Blancs n’avaient pas concouru à abréger son existence.

Lorsque des propos négrophobes veulent détruire pitoyablement les aptitudes intellectuelles d’un individu noir en prétendant qu’il est incapable d’évoluer, je ne citerai que l’exemple de Philipp Emeagwalli, né en 1954, originaire du Nigéria, titulaire de 3 maîtrises et d’1 doctorat en Sciences de l’informatique, génie maritime, génie civil et environnemental, mathématiques appliquées, qui a son actif 6 droits d’invention en Sciences informatiques. Surnommé le « Bill Gates de l’Afrique », il a inventé l’ordinateur de calcul le plus rapide au monde en 1989.

Les siècles écoulés ont laissé également l’empreinte de grands écrivains issus de la communauté noire : les Afro-Américains, Phillis Wheatley (qui fut la 1° femme noire à être publiée dès 1773), Olaudah Equiano (dont les écrits datent de 1789), Frederick Douglass (auteur d’une autobiographie poignante) WEB Du Bois (Les âmes du peuple noir), Booker T. Washington (Up from slavery), Richard Wright (Black boy), Ralph Ellison (auteur du magnifique « Homme invisible pour qui chantes-tu ? »), Alex Haley (et son émouvant « Racines ») mais également de merveilleux francophones tels que David Diop, Aimé Césaire, Léopold Sedar Senghor, Léon Gontran Damas, Birago Diop, René Maran, Guy Tirolien. Il ne faut pas non plus omettre de citer quelques très belles plumes africaines comme : les Camerounais, Gaston Kelman, Ferdinand Oyono, Mongi Beti, Calixte Beyala ; les Ivoiriens, Jean-Marie Adiaffi, Paul Yao Akoto, Isaie Biton Koulibaly, Ahmadou Kourouma, Tidiane Dem, Aké Loba ; les Maliens, Doumby Fakoly, Seydou Badian Kouyaté, Pascal Baba Couloubaly, Adame Ba Konaré, Massa Makan Diabaté ; les Nigérians, Chinua Achebe et Ken Saro Wiwa ; les Sénégalais, Cheikh Hamidou Kane, Cheikh Anta Diop, Ousmane Sembène, El Hadji Amadou Dème.

Pour conclure ce juste hommage rendu au peuple noir je terminerai en citant l’élite c’est-à-dire ceux qui grâce à leur action ou leur œuvre ont reçu un prix Nobel :

- Ralph Bunche (USA) – 1950 – Prix Nobel de la Paix – Premier Noir à recevoir cette distinction.

- Albert John Luthuli (Afrique du Sud) – 1960 – Prix Nobel de la Paix – Premier Africain à recevoir le Nobel.

- Martin Luther King (USA) – 1964 – Prix Nobel de la Paix – Le plus jeune élu pour le prix Nobel de la Paix.

- Sir William Arthur Lewis (Ste Lucie) – 1979 – Prix Nobel d’Economie – Premier Noir à recevoir un Nobel autre que celui de la Paix.

- Desmond Tutu (Afrique du Sud) – 1984 – Prix Nobel de la Paix

- Wole Solyinka (Nigéria) – 1986 – Prix Nobel de Littérature – Premier Noir à recevoir ce prix.

- Derek Walcott (Ste Lucie) – 1992 – Prix Nobel de Littérature

- Toni Morrison (USA) – 1993 – Prix Nobel de Littérature – Première femme noire à recevoir cette distinction.

- Nelson Mandela (Afrique du Sud) – 1993 – Prix Nobel de la Paix.

- Kofi Annan (Ghana) – 2001 – Prix Nobel de la Paix

- Wangari Maathai (Kenya) – 2004 – Prix Nobel de la Paix – Première femme africaine à recevoir le Nobel.

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Pendant très longtemps, l’esprit dominateur des Blancs s’est échiné à vouloir cloisonner l’espèce humaine en 4 races (blanche, noire, jaune et rouge) se positionnant vaniteusement en haut d’une échelle de l’évolution : les Blancs appartiennent à la race pure par excellence, les autres ne sont que des sous-catégories. Aujourd’hui, les progrès remarquables effectués dans la science du génome permettent des conclusions toutes autres. Une étude génomique récente sur 938 individus issus de 51 ethnies concluent qu’il existe 7 groupes biologiques parmi les hommes : les Africains subsahariens, les Européens, les habitants du Moyen-Orient, les Asiatiques de l’Est, les Asiatiques de l’Ouest, les Océaniens et les Indiens d’Amérique. Le chercheur Howard Cann, de la fondation Jean-Dausset, cosignataire du projet, précise : « Tous les hommes descendent d’une même population d’Afrique noire, qui s’est scindée en 7 branches au fur et à mesure du départ de petits groupes dits fondateurs. Leurs descendants se sont retrouvés isolés par des barrières géographiques (montagnes, océans…), favorisant ainsi une légère divergence génétique ».

Quant à la prétendue supériorité intellectuelle des Blancs sur les Noirs soi-disant fondée sur des critères génétiques, elle vole en éclat car désormais une évidence s’est faite : nous sommes tous noirs et les scientifiques ont enfin compris que le paramètre qui brouille les pistes est l’influence de la culture.

Pour tous ceux qui, comme moi, sont écoeurés par les théories racistes de savants en mal de reconnaissance auxquels ils ne demeurent que la couleur de la peau comme unique argument de suprématie en guise de victoire, par les propos négrophobes d’intellectuels tellement peu inspirés qu’ils se rabaissent à humilier leurs congénères afin de se sentir plus importants, il existe désormais la confirmation qu’il n’y a pas plus égaux que les humains. L’homme n’appartient qu’à une seule race, qu’on se le dise une bonne fois pour toute !

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En guise de conclusion je souhaiterais citer un auteur malien que j’adore par dessus tout : Amadou Hampâté Bâ (1900-1991) qui, lors d’un discours à l’UNESCO en 1960, a offert cette magnifique réplique : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Descendant d’une famille peule noble, Amadou Hampâté Bâ a consacré son existence à transcrire par écrit les traditions orales de l’Afrique de l’Ouest. Je recommande tout particulièrement son excellent ouvrage « Il n’y a pas de petites querelles… », délicieux recueil de contes peules.

 « Les peuples de race noire n’étant pas des peuples d’écriture ont développé l’art de la parole d’une manière toute spéciale. Pour n’être pas écrite, leur littérature n’en est pas moins belle. Combien de poèmes, d’épopées, de récits historiques et chevaleresques, de contes didactiques, de mythes et de légendes au verbe admirable se sont ainsi transmis à travers les siècles, fidèlement portés par la mémoire prodigieuse des hommes de l’oralité, passionnément épris de beau langage et presque tous poèmes ! » Amadou Hampâté Bâ, 1985.

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Amadou Hampâté Bâ


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