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20 juin 2009

CAP DRAMATIQUE POUR LA FAIM DANS LE MONDE

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C’est un bien dramatique cap que franchira le monde au cours de cette année 2009 a annoncé Vendredi 19 Juin à Rome l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en dépassant le milliard d’affamés. 1 020 000 000 individus sous-alimentés avant la fin de 2009.

En raison de la crise économique, le niveau historique du milliard est d’ores et déjà atteint. En présentant un rapport de la FAO, Monsieur JACQUES DIOUF, Directeur de la FAO, a eu le regret d’alerter l’opinion que l’humanité détient désormais un record de victimes de la faim jamais accédé au cours de son histoire. Dans ce rapport préliminaire consacré à l’insécurité alimentaire, il est révélé que 1 personne sur 6 sur terre est sous-alimentée en conséquence d’un mélange dangereux de crise économique et de prix alimentaires élevés.

Selon la FAO la quasi-totalité des personnes sous alimentées vivent dans les pays en développement soit 642 millions en Asie-Pacifique (+10.5%), 265 millions en Afrique sub-saharienne (+11.8%), 53 millions en Amérique Latine et Caraïbes (+12.8%), 42 millions en Afrique du Nord et Proche Orient (+13.5%) et 15 millions dans les pays développés (+15.4%).

Monsieur DIOUF a déploré une « combinaison dévastatrice pour les populations les plus vulnérables », appuyé dans ses dires par les propos de Madame JOSETTE SHEERAN, Directrice du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) qui a déclaré qu’un « monde affamé est un monde dangereux » insistant sur le fait que la faim mène « aux émeutes, à l’immigration ou à la mort ».

La FAO souligne dans ce même rapport que la situation actuelle n’est pas la conséquence de mauvaises récoltes au niveau mondial mais uniquement l’incidence de la crise économique qui a provoqué une baisse des revenus ainsi que des pertes d’emplois.

Le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde est passé de 825 millions durant la période 1995-1997 à 873 millions pendant celle de 2004-2006 pour atteindre les 915 millions en 2008.

Souhaitant organiser un sommet mondial sur l’alimentation en Novembre 2009 et conscient que le problème de la sécurité alimentaire relève du domaine politique, Monsieur DIOUF, a estimé qu’il était urgent qu’un nouvel ordre mondial alimentaire soit établi, réclamant par la même plus d’investissements importants dans l’agriculture.

Vendredi, Monsieur DIOUF a ouvertement reconnu que l’engagement pris par les pays membres de la FAO en Juin 2008 de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim avant 2015 n’était plus désormais un objectif réaliste, citant l’exemple de plusieurs pays d’Amérique latine conscients qu’ils ne pourront éradiquer ce fléau avant 2025.

Ce rapport intervient 3 semaines avant le sommet du G8 qui aura lieu à L’Aquila du 08 au 10 Juillet 2009 et dont l’un des thèmes abordés sera celui de la sécurité alimentaire, notamment en Afrique.

Ces chiffres sont terrifiants mais ce qui est plus horrible est qu’ils continueront de grimper si tout un chacun n’agit pas, ne quitte pas son petit confort égoïste et douillet pour tendre la main aux plus démunis. Il existe une multitude d’organisations reconnues pour leurs actions concrètes et sérieuses sur le terrain qui ont besoin de notre aide. Cette dernière peut nous paraître insignifiante au regard des sommes versées par les plus généreux des individus fortunés mais réalisons bien que même 10 euros que l’on multiplie par seulement 1 milliard de bonnes âmes au final représentent 10 milliards d’euros.


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15 décembre 2008

LES BESOINS DE DEVELOPPEMENT DE L'AFRIQUE

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Le 22 Septembre 2008, à New York, s’est tenue une réunion de haut niveau convoquée par le Secrétaire général des Nations Unies, Mr BAN KI-MOON avant le débat de la 63° session de l’Assemblée générale de l’ONU sur le thème « Les besoins de développement de l’Afrique : état de la mise en œuvre des différents engagements, défis et perspectives ».


Lors de la séance plénière du 04 Mars 2008, le Secrétaire général avait été chargé de préparer un rapport d’ensemble sur le thème de la réunion du 22 Septembre 2008.


Dans un premier temps, il est donc utile de décortiquer les conclusions du rapport de Mr BAN KI-MOON puis, dans un second, analyser les décisions prises lors de la réunion du 22 Septembre compte tenu de cette étude.


LE RAPPORT DU SECRETAIRE GENERAL


Dans son rapport présenté le 15 Juillet 2008, le Secrétaire général cherche à dégager :


  • Les besoins et défis
  • Les plans d’actions et résultats des Etats africains et des institutions africaines
  • Les engagements et résultats de la communauté internationale
  • La coopération Sud-Sud


Il est tout d’abord précisé que l’Afrique est l’objet de la majorité des résolutions du Conseil de Sécurité et qu’elle s’inscrit sur la liste des priorités actuelles des organismes de développement et d’aide humanitaire (ONU, Banque mondiale, FMI, OCDE…).


L’Afrique attire d’autant plus l’attention qu’elle semble mal engagée pour réaliser les Objectifs du Millénaire (OMD) car il est évident que des pays instables ou sortant à peine d’un conflit peinent à mettre en œuvre une dynamique apte à réduire la pauvreté et élever le niveau de vie. Toutefois les réussites de certains pays sur quelques objectifs prouvent qu’une bonne gouvernance alliée à des soutiens techniques et financiers conséquents de la communauté internationale peuvent engendrer des progrès rapides.


Le XXI° siècle devrait être celui de l’Afrique c’est pourquoi il est essentiel d’établir l’inventaire des besoins de développement du continent et de s’assurer que les pays africains sont accompagnés dans leurs efforts par des engagements concrets de la communauté internationale.


Un premier constat révèle que l’Afrique dispose de nombreux atouts : capital humain (920 millions d’habitants dont 60% de moins de 25 ans), abondantes ressources naturelles, diversité des paysages, richesse culturelle et trésors archéologiques. Ces dernières années plusieurs conflits ont pris fin et il y a une reprise de la croissance économique dans de nombreux pays (en 2007 le taux de croissance moyen réel était de 5.8%). Globalement le taux d’inflation est faible (hormis des exceptions comme le Zimbabwe), les soldes budgétaires solides et des réserves s’accumulent. Les allégements de la dette extérieure ont permis de réduire le surendettement ainsi que les problèmes de liquidités et fourni une marge de manœuvre pour augmenter les dépenses sociales.


Néanmoins le vaste potentiel demeure largement inexploité et l’Afrique renferme les régions les plus pauvres de la planète : 2/5 de la population vivent avec moins de 1 dollar par jour. En dépit des bons résultats économiques, aucun pays africain n’est apte à réduire la pauvreté. Alors que le continent africain représente 14% de la population mondiale, sa part n’est que de 1% du PIB et 2% du volume des échanges mondiaux mais il détient 75% des séropositifs et sidéens et 90% des décès par paludisme.


L’Afrique est confrontée à un quadruple défi : la crise alimentaire mondiale, le bouleversement climatique, la flambée du prix de l’énergie et la persistance de l’extrême pauvreté. Les conflits violents entraînent des pertes humaines, des destructions matérielles, des détournements de biens économiques, des gaspillages de ressources naturelles et la sous performance de l’investissement étranger direct. C’est une entrave majeure au développement socioéconomique du continent.


Par ailleurs des enquêtent révèlent que certaines gouvernances sont préjudiciables à la croissance économique et à la stabilité politique (culte de la personnalité, concentration excessive des pouvoirs et corruption institutionnalisée).


En Juillet 2001, la 37° Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Organisation de l’Unité Africaine a adopté officiellement le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), centré sur l’initiative africaine avec une vision et une volonté communes pour vaincre la pauvreté et s’engager individuellement ou collectivement dans la voie de la croissance et du développement durables. Le NEPAD cherche à promouvoir le rôle des femmes dans toutes les activités et s’emploie à créer les conditions favorables au développement durable via la paix et la sécurité, la démocratie et la gouvernance, les réformes de fond, l’investissement dans les secteurs prioritaires et la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre. Le NEPAD s’est fixé 4 objectifs : éliminer la pauvreté de l’Afrique, promouvoir le rôle des femmes dans toutes les activités, parvenir à un taux de croissance annuel du PIB supérieur à 7% et ce durant plus de 15 ans, s’assurer que le continent atteint les OMD.


Pour lutter contre la pauvreté, adoption en 2004 de la Déclaration et du Plan d’action de Ouagadougou qui contient 23 engagements.


Les engagements en faveur de la promotion du rôle des femmes ont été exprimés à travers divers actes constitutifs, protocoles et déclarations. Toutefois le Protocole de 2003 n’a été ratifié à ce jour que par 25 pays sur 53 et il devient urgent que les Etats africains réduisent rapidement les inégalités entre les sexes. La part des sièges parlementaires occupés par des femmes a sensiblement augmenté avec 17% en 2007 contre 7% en 1990, mais le pourcentage des femmes occupant des emplois autres qu’agricoles a peu évolué (de 28% en 1990 à 32% en 2005).


Si depuis 4 ans le PIB de l’Afrique avoisine les 5%, il est encore loin des 7% jugés nécessaires. L’extrême pauvreté régresse (41.1% contre 45.5% de la population en 1993) mais cela demeure insuffisant pour atteindre les OMD.


Globalement les progrès vers la réalisation des OMD sont d’une lenteur alarmante. Des grandes priorités et des actions concrètes sont régulièrement définies en ce qui concerne l’agriculture, les infrastructures, la bonne gouvernance, l’investissement, la santé et l’éducation mais peu suivies réellement, faute de moyens financiers et techniques.


En matière d’agriculture seulement une petite dizaine de pays parviennent à réaliser les objectifs.

La mise en œuvre des principaux engagements relatifs aux infrastructures est également inégale. Si la coordination s’est améliorée dans les transports routiers, des problèmes subsistent pour la transformation énergétique, les grands ouvrages hydroélectriques et les réseaux de transmission ainsi que dans la maintenance des ouvrages existants.


Pour ce qui est de la bonne gouvernance, des engagements de l’Union Africaine ont été énoncés à plusieurs reprises notamment dans le Mécanisme d’évaluation intra-africaine, instrument d’auto-surveillance ; hélas seulement 29 pays ont adhéré à ce dispositif, 14 ont établi des structures nationales et 7 ont fait l’objet d’une évaluation intra-africaine. Il semblerait que certains pays africains n’aient pas la volonté politique d’adhérer à ce Mécanisme.


L’investissement privé est primordial pour la croissance et le développement durables. Par le biais de divers travaux et réformes, le continent est parvenu à augmenter les investissements étrangers de façon modeste mais significative (de 0.1% du PIB en 1980 à 2.4% en 2006).


Toujours via diverses déclarations les pays africains se sont engagés à réserver 15% de leurs budgets nationaux pour le secteur de la santé. A ce jour seulement 6 ont tenu leur promesse. Toutefois en ce qui concerne la lutte contre le VIH/SIDA, la plupart des pays ont entrepris des réalisations concrètes. Malgré tout il est estimé entre 21 et 24 millions de cas en Afrique et ce nombre augmente de 1.7 million par an. L’Afrique australe compte 65% du nombre total de cas de VIH/SIDA dans le monde. Pour ce qui est de la tuberculose, seuls 18 pays ont saisi l’urgence nationale et lancer des plans spéciaux. Les politiques régionales de lutte contre le paludisme ont toutefois été lentes à se mettre en place. Le taux de mortalité infantile a certes diminué (185 pour 1000 en 1990 et 166 pour 1000 en 2005) mais est encore très éloigné des 60 pour 1000 à atteindre pour 2015. Par ailleurs, un chiffre inquiétant a été relevé pour l’Afrique subsaharienne où 1 femme sur 16 risque de décéder de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement contre 1 sur 3800 dans le monde occidental et ce à cause d’un manque d’encadrement médicalisé.


L’éducation, une autre grande priorité, fait l’objet de 2 plans. Néanmoins, si le taux de scolarisation dans le primaire est passé de 57% en 1999 à 70% en 2005 grâce à d’excellentes mesures (gratuité, programme d’alimentation scolaire), il reste que la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.


En matière d’environnement le constat est alarmant : seulement 42% des habitants en zones rurales ont accès à l’eau potable ; 63% des Africains ne disposent pas d’installations sanitaires élémentaires et 62% des citadins vivent dans des taudis ce qui est un taux record.


Même si les dirigeants africains ont déclaré que le développement de l’Afrique incombe avant tout aux Africains, il est bien évident qu’ils ont besoin du soutien et de l’aide financière de la communauté internationale.


En tout premier lieu, l’ONU qui contribue par des analyses et études théoriques mais également par des financements et appuis, des assistances techniques, le renforcement des capacités institutionnelles, des activités de sensibilisation et des secours humanitaires. L’ONU porte son appui au NEPAD et se concentre sur les OMD, motive la communauté internationale sur les besoins de développement de l’Afrique. L’ONU constate que si les pays africains sont aptes à mettre en œuvre leurs propres stratégies, seule l’aide demeure déficiente. Le défi consiste donc désormais à assurer le suivi et la cohérence entre les diverses initiatives.


De nombreuses promesses, à de multiples reprises, ont été faites par les Etats membres des Nations Unies à l’Afrique afin qu’elle parvienne à réaliser ses OMD.


En premier lieu il est indispensable de notifier que le système d’aide évolue : appropriation nationale plus solide, mise à contribution accrue des capacités nationales, recours plus général au soutien budgétaire, influence considérable des acteurs non étatiques. Si le Consensus de Monterrey en 2002 et la Déclaration de Rome en 2003 facilitent les actions à tous les niveaux, il importe désormais d’analyser le financement du développement, le volume et la qualité de l’aide.


Pour ce qui est du financement, des progrès notables ont été faits afin d’alléger la dette publique de l’Afrique auprès des Etats et institutions multilatérales (de 205.7 milliards de dollars elle a chuté à 144.5 milliards de dollars en 2007). Selon l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), l’aide à l’Afrique a représenté environ 41% du volume total des aides en 2006 avec un montant record de 43.4 milliards de dollars. Toutefois les donateurs prennent du retard sur leurs engagements. De plus, initialement fixée à 0.7% du RNB des pays donateurs, le volume de l’aide a été porté à 0.56% du RNB jusqu’en 2015. Même si globalement l’Union Européenne tient ses promesses en matière d’Aide Publique au Développement (APD), régulièrement les programmes d’actions sont établis puis révisés. Malgré tout en 2006 62% de ses aides bilatérales sont allées à l’Afrique contre 51% en 2005. On note toutefois quelques retards dans la mise en œuvre des engagements historiques figurant dans les Déclarations de Rome et de Paris sur la qualité, l’efficacité et la coordination de l’aide.


Malheureusement les choses n’ont guère avancé dans d’autres domaines mobilisant des ressources financières des ONG nationales et des acteurs internationaux, promotion du commerce international comme moteur de développement, renforcement de la coopération financière et technique internationale et règlement des problèmes systématiques.


D’autre part les envois de fonds des travailleurs expatriés deviennent une source de financement de plus en plus importante pour les pays pauvres très endettés (22 milliards de dollars en 2006 soit environ la moitié d l’APD). Bien qu’importants ils ne contribuent pas à l’investissement public requis pour atteindre les OMD.


Par ailleurs si la dette publique a été allégée, celle contractée par les pays africains auprès des banques et autres créanciers privés est passée de 92.4 milliards de dollars en 1999 à 110.2 milliards de dollars en 2007.


Les 151 Etats membres de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) se sont engagés à s’orienter vers le système commercial multilatéral universel, fondé sur des règles, ouvert, non discriminatoire et équitable prévu dans l’OMD8. Hélas, il s’avère que souvent les systèmes économiques de l’Afrique n’étaient pas concurrentiels car les difficultés tenant à la géographie aggravées par des infrastructures disséminées, des institutions inefficaces, des réglementations pesantes, des chaînes d’approvisionnement aléatoires et un secteur tertiaire peu développé rendent plus difficile d’exporter sur les marchés mondiaux dans des conditions fiables, efficaces et compétitives.


Pour tenter de parer à ces carences, selon l’OCDE, les pays du G8 ont dépensé 1.13 milliards de dollars en 2005 au titre de l’Initiative d’aide au commerce dont 845 millions de dollars pour les infrastructures (soit 39% d’augmentation par rapport à 2004). Cependant c’est loin d’être suffisant car l’Afrique a, en définitive, besoin de 52.2 milliards de dollars d’investissements publics et privés par an afin d’éradiquer ses problèmes de sous-équipement.


Au sein de la coopération Sud-Sud, il est notable de constater que la croissance des échanges entre les pays en développement et les pays à revenu intermédiaire a été plus rapide que celles des échanges mondiaux. Par exemple, le volume des exportations africaines vers la Chine a plus que quadruplé entre 2000 et 2005 pour atteindre 19.5 milliards de dollars. L’investissement étranger direct des pays du Sud (notamment de Chine et d’Inde) a augmenté de 17% en 2005. En 2006, au Forum de la coopération Chine-Afrique, la Chine s’est engagée à accorder dans les 3 prochaines années des prêts à conditions préférentielles pour un montant de 3 milliards de dollars et des crédits acheteurs à l’exportation de 2 milliards de dollars. Cette puissance est devenue l’un des principaux partenaires commerciaux et économiques de l’Afrique (56 milliards de dollars d’échanges en 2006 contre 11 milliards de dollars en 2000 puis 73.3 milliards de dollars en 2007 avec un objectif de 100 milliards de dollars en 2010).


L’Inde a indiqué pour sa part qu’elle ouvrait une ligne de crédit de 5.4 milliards de dollars sur les 5 prochaines années et versait 500 millions de dollars d’APD. Le volume des échanges Brésil-Afrique est passé quant à lui de 5 milliards de dollars en 2002 à 19.9 milliards de dollars en 2007.


En conclusion de son rapport, le Secrétaire général des Nations Unies note que les progrès de l’Afrique en vue de la réalisation des OMD sont insuffisants et conseille des mesures supplémentaires pour traduire en actes les engagements africains et internationaux.


Tout d’abord il préconise que les Etats africains effectuent un renforcement des mécanismes favorables à la participation, l’intégration et l’investissement de tous les segments de la société. D’autre part, compte tenu de l’importance de l’agriculture pour le développement du continent et de la crise alimentaire actuelle, les pays devraient s’employer à consacrer 10% des dépenses publiques à l’agriculture et développement rural. Les pays africains doivent prendre des mesures supplémentaires pour améliorer leur gouvernance économique et politique. Par ailleurs il est indispensable qu’ils intègrent la question du climat dans leur planification et leur gestion économique.


La communauté internationale doit impérativement revoir ses financements extérieurs à la hausse car l’agriculture a besoin de 8 milliards de dollars par an (contre 1 à 2 actuellement), l’éducation nécessite 8.3 milliards de dollars par an, la santé entre 25 et 30 milliards annuels et pour remédier aux insuffisances des infrastructures 52.2 milliards de dollars.


Etant donné ces besoins estimés à 72 milliards de dollars annuels, il est essentiel que les partenaires du développement honorent leurs engagements en matière d’APD.


REUNION DE HAUT NIVEAU DU 22 SEPTEMBRE 2008


Le 22 Septembre 2008 lors de la Réunion de haut niveau, les Etats membres réaffirment l’urgence de passer des paroles aux actes en revitalisant le financement de l’aide, de pallier l’absence de capacités institutionnelles suffisantes pour mettre en œuvre des politiques rigoureuses, de mettre fin aux conflits armés récurrents et de limiter les effets conjugués des changements climatiques et de la crise alimentaire sur le développement économique et humain du continent.


Les Etats soulignent que tout développement durable doit obligatoirement passer au préalable par une bonne gouvernance à tous les niveaux pour assurer une croissance économique soutenue et lutter efficacement contre les grandes pandémies ainsi que pour éliminer la pauvreté.


Dans un premier temps lorsque les représentants des divers pays présents se sont exprimés, ce sont les éternels mêmes constats et évidences qui ont été énoncés :


  • Sortir l’Afrique de la famine et de l’extrême pauvreté
  • L’importance d’assurer le transfert des technologies nécessaires, cruciales pour lutter contre les conséquences des changements climatiques qui pourraient menacer la      croissance économique, la paix et la sécurité du continent africain.
  • L’obligation morale et juridique des pays développés d’honorer leurs engagements encore plus pressante car l’écart entre ce qui est promis et ce qui est réellement fait est croissant.
  • La lutte contre les maladies infectieuses
  • L’accès à l’eau potable
  • 72 milliards de dollars annuels nécessaires pour réaliser les OMD d’ici à 2015
  • Eradiquer le problème de la violence à l’égard des femmes
  • Les souffrances des innocents au Darfour et en Somalie
  • La nécessité d’une révolution doublement verte pour accroître les rendements tout en      préservant l’environnement.
  • L’impératif de bâtir un système fiscal efficace et juste en Afrique afin de contrecarrer      l’évasion des capitaux qui coûte chaque année quelque 500 milliards de dollars au pays en développement soit 5 fois l’APD.
  • L’augmentation alarmante des prix des denrées alimentaires.


En dernier lieu, Mr JEAN PING, Président de la Commission de l’Union Africaine, a suggéré d’éviter de réitérer de nouveau des engagements pris depuis des décennies en faveur du continent africain, arguant que les besoins de développement de l’Afrique étaient « connus et reconnus ». Il a affirmé : « Aujourd’hui nous convenons à l’unissons que l’heure est à la mise en œuvre ».

Quatre tables rondes ont été constituées afin de se pencher plus précisément sur un problème particulier.


La 1° table ronde a souligné l’importance des priorités définies par le NEPAD ainsi que la nécessité de respecter les engagements pris, surtout en ce qui concerne le financement du développement. Pour ce, il y a urgence d’intégrer davantage l’Afrique dans l’économie mondiale car elle est confrontée aux mêmes changements climatiques, crises énergétiques et financières. Le groupe suggère également l’obligation de trouver des sources novatrices de financement.


Toutefois Mr DIDJOB DIVUNGI DI NDINGE, Vice-Président du Gabon, a rappelé que le NEPAD avait identifié les volontés africaines et que désormais il faudrait établir un agenda réaliste pour financer le NEPAD. Mr YOWERI KAGUTA MUSEVENI, Président de l’Ouganda, a estimé qu’il faudrait éviter les termes trop vagues et œuvrer plutôt en faveur de mesures et actions concrètes.


La 2nde table ronde planchait sur les questions du partenariat au développement, de l’efficacité de l’aide, du rôle du secteur privé, sur les OMD, l’importance de l’éducation et de la gouvernance.

Mr PAUL KAGAME, Président du Rwanda, a fait remarquer que d’énormes ressources ont été injectées pour résoudre la crise financière mondiale et il a souhaité voir la même détermination pour prendre des mesures en faveur de l’Afrique.


Mr CHARLES MICHEL, Ministre de la Coopération de la Belgique, a jugé « suicidaire » la part de l’APD consacré au secteur agricole qui est passée de 17% à 6 ou 7% actuellement. Il a proposé 10% pour 2010 et 15% pour 2015. Mr JACQUES DIOUF, Président de la FAO, a du reste confirmé que l’agriculture avait 80 fois plus de capacité pour réduire la pauvreté que les autres secteurs.


Mme HALONEN, Présidente de la Finlande, a mentionné l’éducation comme élément le plus important pour le développement du continent, tout en rappelant le potentiel encore trop exploité des femmes africaines.


La 3° table ronde, coprésidée par Mr ANDOULAYE WADE, Président du Sénégal, était consacrée à l’état d’avancement des engagements pris en faveur de l’Afrique, aux défis en cours et à la voie à emprunter.


Mr WADE a rappelé que des dizaines de milliards de dollars avaient été promis ces dernières années sans que ces engagements soient toujours suivis d’effet.


Mr PEDRO VERONA RODRIGUES PIRES, Président du Cap Vert, qui coprésidait la 4° table ronde, a mis l’accent sur l’éducation qui constitue un facteur important d’autonomisation, de changement et de progrès afin de permettre aux populations de prendre en main leur propre processus de développement ; ainsi que sur la santé avec un plaidoyer en faveur des systèmes nationaux qui garantissent la prévention et les soins.


En conclusion, le Président du Cap Vert a estimé que le développement était impossible sans la paix, la stabilité et la prévisibilité.


MA CONCLUSION


Des urgences énormes ont été identifiées voire chiffrées concernant le développement mais avant tout la survie de l’Afrique. Les responsables africains n’avaient pas vraiment besoin d’une énième réunion pour leur apprendre ce qu’ils savaient déjà, notamment via le NEPAD, mais ils attendent, ce qui est largement compréhensible, des actions concrètes, des programmes réalistes, des engagements pris et tenus dans les plus brefs délais.


L’attitude de la communauté internationale vis-à-vis de l’Afrique me choque personnellement car je la juge trop sournoise. En effet, lors des réunions ou assemblées à l’ONU ou au sein d’autres événements, les responsables sont toujours conscients sur les fléaux qui terrassent le continent africain, les carences dans divers domaines ainsi que les aides indispensables des pays les plus riches vers leurs frères les plus pauvres ; dans un second temps, il est donc impératif d’engager des moyens pour subvenir aux problèmes de l’Afrique. Dans un 3° temps, les Africains ont largement le temps pour voir arriver cette assistance promise depuis des mois voire des années… La crise sévit partout. Les Etats n’ont plus assez de liquidités pour honorer ces belles promesses. OK, on a compris… Maintenant on se replace dans le contexte de la crise financière qui a sévi à l’automne. Combien de mois ou d’années, les pouvoirs publics ont-ils mis pour débloquer réellement des solutions et des fonds phénoménaux ? Mais d’où sort cet argent dont ne disposaient plus les gouvernements ? Miracle du capitalisme qui est apte à créer en un temps record des capitaux pour éviter sa propre faillite mais est incapable d’en disposer pour financer des infrastructures médicales primaires, des écoles, du matériel agricole, des denrées alimentaires pour son pauvre voisin africain.


Par ailleurs, il est regrettable de constater la médiatisation à outrance de certains événements comme les attentats terroristes qui, en fait, font un nombre bien moins élevé de décès comparativement aux victimes africaines du SIDA ou du paludisme. Ces calamités déciment des populations entières, tuant les personnes les plus productives. Leur impact social et économique est dévastateur. Fournir des médicaments ou des moustiquaires ne suffit plus.


D’autre part, je suis profondément révoltée de l’inertie de la communauté internationale qui ne réagit pas plus sévèrement face à des tyrannies comme celle de Mugabe qui a parachuté son peuple dans l’antichambre de l’enfer. Les dictatures et la corruption à tous les étages sont une catastrophe aussi terribles que les pandémies en Afrique car tous les fonds gaspillés dans les frasques des gouvernants et de leur sphère, tous les billets distribués à droite ou à gauche pour soudoyer un fonctionnaire, passer un barrage, inscrire ses enfants dans des écoles privées, régler des médicaments en rupture dans les officines publiques, représentent des sommes colossales qui déséquilibrent les économies et touchent toujours les mêmes, les plus démunis.


Il n’y aura pas d’Afrique forte tant que, dans trop de pays du continent, règneront des guignols qui gaspillent l’argent des indigents, tant que les hommes ne cesseront pas de se battre pour des motifs déraisonnables, ancestraux et bestiaux, tant que la femme n’y aura pas sa place légitime à tous les échelons du système, tant que la communauté internationale ne fournira pas les moyens financiers adéquats mais également les technologies et les formations indispensables à toute bonne évolution, tant que les gouvernances n’auront pas éradiquer la corruption et axer leur politique vers une agriculture productive et écologique, tant que l’éducation et la santé n’auront pas atteint les niveaux de qualité des sociétés occidentales.

 

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10 décembre 2008

L'HORRIBLE ASCENSION DE LA FAIM DANS LE MONDE


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Lors de la présentation de son rapport annuel, la FAO a annoncé, Mardi 09 Décembre 2008 à Rome, que le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde approchait dangereusement le milliard. En effet lors d’une conférence de presse le directeur général de la FAO, Monsieur Jacques Diouf, a précisé qu’en 2008 la masse des individus sous-alimentés avait augmenté de 40 millions pour atteindre les dramatiques 963 millions.


Naturellement, Monsieur Diouf, qui tire la sonnette d’alarme depuis des années, a déploré que « cette triste réalité n’était pas acceptable à l’aube du XXI° siècle ». Malheureusement l’agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture pense que cette situation devrait encore empirer en 2009 à cause de la crise économique et financière actuelle.


Les prix des principales céréales ont certes chuté de plus de moitié en 2008 mais ils demeurent élevés de plus de 28% par rapport à 2006, par exemple. Les prix des semences et des fertilisants ayant été multipliés par 2 en 2 ans, les paysans pauvres ne parviennent plus à augmenter leur production. Monsieur Hafez Ghanem, sous-directeur de la FAO, craint que « si le recul des prix et les restrictions sur le crédit associés à la crise économique devaient forcer les paysans à réduire les surfaces plantées, un nouveau cycle dramatique affectant le prix des denrées alimentaires pourrait se déclencher l’an prochain ».


La quasi-totalité de la population sous-alimentée (907 millions) vit dans les pays en développement et 7 pays rassemblent à eux-seuls 65% de ces malheureux : l’Inde, la Chine, la République démocratique du Congo, le Bangladesh, l’Indonésie, le Pakistan et l’Ethiopie. Selon le rapport « L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde, les 2/3 des sous-alimentés (583 millions) vivent en Asie. Par ailleurs, en Afrique subsaharienne, une personne sur trois (soit 236 millions d’individus) souffre de faim chronique. C’est la plus forte proportion de personnes sous-alimentées par rapport à la population totale. Ce constat catastrophique est en grande partie imputable à la République démocratique du Congo qui, secoué en permanence par des conflits de grande ampleur, a vu son nombre de victimes de faim chronique passé de 11 à 43 millions tandis que les sous-alimentés augmentaient de 29 à 76% de la population totale. En Afrique subsaharienne, quelques pays ont pourtant réussi à réduire fortement la part de leur population sous-alimentée comme le Ghana, le Congo, le Nigéria, le Mozambique et le Malawi. Le Ghana est le seul du reste à être parvenu à réaliser les Objectifs du Millénaire grâce à la croissance de sa production agricole.


La question est de savoir quelle est la priorité car l’objectif qui, en 1996, était de faire baisser de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici 2015, au rythme actuel, pourra, au mieux, n’être réalisé qu’en 2150.


Monsieur Diouf a reconnu que des erreurs stratégiques avaient été commises et qu’il faudrait les corriger en investissant, notamment, plus dans l’agriculture afin d’augmenter la productivité. Pour ce, cela nécessiterait des investissements dans les pays pauvres d’au moins 30 milliards de dollars par an pour l’agriculture et la protection sociale des pauvres.


Monsieur Ghanem a précisé que pour des millions de personnes s’alimenter, même un minimum, demeure « un rêve lointain » car le manque d’accès à la terre, au crédit, à l’emploi, le prix élevés des denrées alimentaires restent une cruelle réalité.


Par ailleurs, Monsieur Diouf espère qu’enfin le bon sens prévaudra, qu’il ne suffit pas d’écouter et de constater mais d’agir et il escompte que chacun joue son rôle car il est évident que si des progrès étaient effectués dans les pays les plus peuplés cela aurait des répercussions sur la diminution générale de la faim dans le monde.


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Tandis que la FAO vient de transmettre de nouveaux comptes alarmants, il serait largement temps de prendre conscience que ce n’est pas en dissertant lors de sommets coûteux ou de réunions interminables sans réponses valables que cela changera concrètement quelque chose au drame de la faim dans le monde. Il faut agir. Consacrer des sommes à fournir du matériel, des infrastructures, des formations pratiques, des semences et des engrais à tous ces pays qui se meurent sous nos yeux. Installer des puits, transmettre un savoir, des expériences, pour que ces peuple accèdent à leur indépendance alimentaire. Les aider financièrement à créer des écoles pour instruire leur population, des hôpitaux pour soigner leurs malades mais également des « cerveaux » pour organiser une politique d’éducation et de santé. Lorsque nous aurons compris que ce n’est qu’à ce prix que la stabilité se gagnera, que la pauvreté, la famine et les maladies seront éradiquées, nous aurons vaincu les pires des fléaux sur cette terre et nous aurons le bonheur extrême de constater que l’égalité peut bel et bien être un concept humain.


En conclusion, un paradoxe choque mon esprit lorsque je parcours tous les articles relatant la tragédie vécue par 963 millions de mes frères sur cette planète : l’indécente différence entre nos sociétés. En effet, dans nos clans occidentaux, la majeure partie des individus ne connaissent pas ce souci vital qu’est la lutte permanente de trouver de la nourriture pour survivre. Bien au contraire, nos civilisations gouvernées par les diktats de la mode, le mot d’ordre est la minceur. Dans certaines régions, dans quelques domaines (comme le show business) cette obsession conduit à une maigreur extrême, engendre des troubles tels que l’anorexie. Les « victimes » s’allongent sur des divans, dépensent des sommes folles en psychiatre, en médicaments tous plus dangereux les uns que les autres (et terriblement onéreux), en chirurgie esthétique, bref un tas de trucs honteux lorsque l’on accepte d’ouvrir les yeux et surtout son âme.


Pour ma part, je suis horrifiée à l’idée des sommes colossales que représentent tous ces marchés du « malheur » et surtout quel serait leur impact si elles étaient investies à lutter contre toutes les vraies misères ! Mesdames, Mesdemoiselles et même Messieurs, si vous avez la chance de lire ces lignes, cessez de suite vos stupidités et pensez à vos frères qui se battent chaque jour pour gagner quelques grammes quand vous perdez votre temps et leur argent à perdre des kilos illusoires dont ils aimeraient bien profiter !


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02 décembre 2008

LA FAIM DANS LE MONDE : RISQUES ET PERILS


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La faim est la principale cause de mortalité dans le monde. Elle tue plus que la guerre.

En 1996, le Sommet mondial de l’alimentation avait pour objectif la réduction de moitié des 823 millions de personnes sous-alimentées avant 2015. En 2006 ce chiffre est passé à 854 millions dont 9 millions dans les pays développés.

En 2001, 1 enfant de moins de 10 ans mourait toutes les 7 secondes et en 2005 toutes les 5 secondes. En 2003, 36 millions de personnes sont mortes de faim et de maladies dues aux carences en nutriments.

En 2004, 152 millions de nouveau-nés n’avaient pas le poids requis à la naissance, 50% en gardaient des séquelles très graves mentalement et physiquement.

Un enfant sur deux soit 1 milliard vit dans la pauvreté. En 2005, 21.9% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté aux Etats-Unis.

Dans la région Asie et Pacifique, seuls 9 des 17 pays ont vu fléchir le nombre des personnes sous-alimentées (524 millions au total) et c’est essentiellement le fait de la Chine dont le nombre des personnes concernées est tombé de 194 à 150 millions. Par contre en République populaire démocratique de Corée le nombre a doublé passant de 3.6 à 7.9 millions. L’Inde a le plus grand nombre de personnes sous-alimentées du monde avec 212 millions. La majorité des victimes vivent en milieu rural.

Dans la région Amérique latine et Caraïbes, le nombre total de personnes sous alimentées s’élève à 52 millions en 2003 avec une forte progression pour le Venezuela, des échecs au Guatemala et à Panama. A Haïti, 47% de la population est sous alimentée.

Au Proche-Orient et en Afrique du Nord, le nombre de personnes sous alimentées est passé de 25 millions à 38 millions en 2003. L’agriculture demeurant le moteur de l’économie, l’aggravation de la pénurie d’eau freine l’expansion agricole. De surcroît la région doit faire face aux besoins alimentaires croissants d’une démographie élevée.

En Afrique subsaharienne, le nombre de personnes sous alimentées est également passé de 25 millions en 1992 à 38 millions en 2003. Dans 14 pays plus de 35% de la population souffraient de sous alimentation en 2003. Seuls 15 des 39 pays ont réussi à faire baisser leurs chiffres ; les objectifs sont régulièrement entravés par des catastrophes naturelles, les conflits ou la propagation du VIH/SIDA.

Le Burundi, l’Erythrée, le Libéria, la République démocratique du Congo et la Sierra Leone représentent à eux-seuls 29 des 38 millions de personnes sous alimentées. En RDC la situation est alarmante Car 80% de la population vit avec 0.20€ par jour ; 44% des femmes et 22% des hommes n’ont aucun revenu ; la malnutrition touche entre 30 et 50% des femmes et des enfants ; au total ce sont 42 millions (75% de la population) qui vivent dans une situation alimentaire précaire et 9 millions sont gravement sous alimentés.

La carte de la faim coïncide avec celles de la pauvreté, des guerres, des endémies et de l’analphabétisme. Il est à noter que des millions de personnes travaillent mais demeurent néanmoins pauvres : 25% des travailleurs du monde ne gagnent pas assez pour s’élever avec leur famille au-dessus du seuil de pauvreté soit 1 dollar par jour. Une autre entrave essentielle au développement demeure l’état de santé d’une population. La faim agit principalement sur les terrains où règne l’ignorance. Nourrir, éduquer et soigner sont les trois piliers indispensables pour un développement durable.

Exemple d’un pays qui se condamne à court terme : l’Ethiopie. 82% des Ethiopiens vivent avec moins de 1 dollar/jour ; 50% des enfants de moins de 5 ans ont un poids anormalement bas ; en 2003, 58% des décès des enfants de moins de 5 ans sont dus à la sous-alimentation ; entre 1997 et 2000 la mortalité infantile a augmenté de 25% ; 69% des Ethiopiens ne disposent pas de l’eau potable ; 2 millions d’individus sont touchés par le VIH c’est l’un des taux les plus élevés au monde après l’Inde et l’Afrique du Sud ; l’espérance de vie est de 45.7 ans (42 ans pour les femmes) ; seulement 2.9% de la population atteignent 65 ans ; 40.3% des plus de 15 ans sont analphabètes ; seuls 12% ont accès aux soins médicaux.

En toute logique, la pauvreté est la principale cause de la faim. Hélas c’est à ce niveau que notre monde pêche car les disparités sont extrêmes : 2.5 milliards d’individus (40% de la population mondiale) vit avec moins de 2 dollars par jour et ne représentent que 5% du revenu mondial. Par contre 625 millions de personnes soit environ 10% de la population mondiale sont considérés comme riches, vivent essentiellement dans des pays à revenu élevé et comptent pour 54% du revenu mondial.

Le 06 Novembre 2008, Monsieur Jacques Diouf, Directeur Général de la FAO, adressant un message de félicitations à Monsieur Obama pour son élection, en a profité pour exhorter le Président élu des USA à inscrire l’éradication de la faim dans le monde parmi les priorités de son programme et, pour ce, accueillir un Sommet mondial sur ce problème au cours du 1° semestre 2009.Ce Sommet aurait pour objectif de trouver 30 milliards de dollars annuels afin de créer et développer des infrastructures rurales aptes à accroître la productivité du monde en développement.

Il est une urgence que de prendre encore plus conscience de la situation critique de 923 millions de personnes qui souffrent de la faim du fait des crises alimentaires ainsi que de la crise financière. Le prix du riz, aliment de base des populations pauvres, a augmenté de 75% en 2 mois (mars-avril 2008). Cette réalité menace de façon dramatique 100 millions d’individus dans 37 pays.

Le FAO parle de la crise alimentaire la plus grave depuis 15 ans et prévoit une hausse de 56% de la facture céréalière dans les pays pauvres en 2008. Le prix d’un repas a augmenté de 40% en 1 an. Le blé, le riz, l’huile, le maïs, le soja et le colza sont devenus tellement chers que ceux qui vivaient avec 1 ou 2 dollars par jour ne font plus qu’un repas quotidien.

Dominique Strauss-Kahn considère que si les prix de l’alimentation persistent à la hausse, les conséquences seront des plus terribles, jusqu’à des situations extrêmes telles que des guerres.

Cette crise alimentaire est due à la répercussion sur le prix des denrées de la forte hausse du coût des matières premières agricoles. D’autre part, la hausse à grande vitesse du niveau de vie des pays émergents (Chine, Inde, Brésil…) provoque une consommation dans des secteurs alimentaires ignorés jusqu’à présent (viande et produits laitiers). Malheureusement l’alimentation du bétail engendre une augmentation des besoins en céréales que l’offre traditionnelle est loin de pouvoir satisfaire. Par ailleurs la situation actuelle s’explique également par un dérèglement climatique qui provoque sécheresse et tempêtes et pèse lourd sur les récoltes.

La production céréalière de l’Australie, grand exportateur de denrées alimentaires, a chuté de 50% suite à une sécheresse qui dure depuis 8 ans. Les USA, l’Ukraine, le Brésil ou la Turquie connaissent des problèmes similaires. L’Europe est gagnée à son tour : 1/3 de l’Espagne est déjà en voie de désertification. De plus, les cultures de céréales destinées à la production de biocarburant, environ 100 millions de tonnes annuels selon le FAO, sont autant qui sont détournés du marché alimentaire.

Actuellement le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) est tellement sollicité que son déficit de financement atteint 500 millions de dollars (sans les nouveaux besoins provoqués par la flambée des prix alimentaires) comme le souligne la Banque Mondiale qui s’engage à doubler le volume de son prêt en Afrique subsaharienne pour accroître la productivité. Le budget des opérations du PAM pour 2008 atteint désormais 3.4 milliards de dollars.

Comme cela a été précisé antérieurement, la demande explose mais beaucoup de pays sont bien en peine d’y répondre puisque les cultures vivrières ont largement cédé le terrain à une agriculture non nourricière. Cette tendance s’est étendue jusqu’en Afrique subsaharienne, obligée aujourd’hui d’importer des produits de base à des prix exorbitants. L’urgence est d’investir massivement dans les infrastructures agricoles tant en Afrique subsaharienne (afin d’acquérir une indépendance alimentaire dans les produits de base) que dans les pays émergents (dont les installations et le matériel sont souvent obsolètes).

La faim n’est pas une fatalité. Lutter contre la faim est un choix politique. Près de 60% de la population mondiale est paysanne. L’agriculture avec tous ses emplois dérivés est par essence au cœur des enjeux du développement et du combat contre la faim.

Toutes les gouvernances doivent être mobilisées afin de répondre aux besoins alimentaires de la planète, en privilégiant la mise en œuvre d’agricultures productives et durables respectueuses des ressources naturelles. Pour cela il est essentiel que le profil de l’ouvrier agricole évolue vers une meilleure connaissance des technologies et des cultures.

Des actions menées conjointement entre les intéressés, les politiques et les organisations non gouvernementales sont aptes à fournir une nette amélioration à un maximum d’individus. La souveraineté alimentaire est également une question de solidarité. Le droit à l’alimentation doit véritablement être perçu comme un besoin fondamental. Pour ce il est indispensable que de nouvelles coopérations internationales se mettent en place, basées sur un principe d’entraide et non plus de domination.

Tout un chacun doit être conscient qu’il est impensable que des êtres humains soient condamnés chaque jour à se battre pour chercher leur nourriture ou leur eau. Se nourrir et s’abreuver est la première des libertés et un droit légitime. Cela doit vraiment être perçu comme un concept élémentaire de démocratie et un facteur de paix.

30 novembre 2008

L'AFRIQUE DE L'OUEST A BESOIN DE 361 MILLIONS DE DOLLARS

Par un communiqué du 24 Novembre 2008, les Nations Unies ont lancé un appel de fonds de plus de 361 millions de dollars pour l’année 2009 afin de subvenir aux besoins humanitaires de millions de personnes en Afrique de l’Ouest.

Cette somme se justifie par la hausse des prix des denrées alimentaires dans cette région, l’une des plus pauvres du monde. Cette aide, si elle est majoritairement indispensable dans le secteur de l’alimentaire, demeure également nécessaire dans les domaines de l’eau et de l’assainissement ainsi que de la santé et de la protection.

Cette crise alimentaire fait ressortir la nécessité absolue d’œuvrer vers des solutions systématiques afin de parer aux problèmes découlant des inégalités et des effets pervers des changements climatiques sur le développement. Au-delà d’une réponse à court terme il est essentiel de fournir des options pour un équilibre économique durable.

Le Programme Alimentaire Mondial estime que l’Afrique de l’Ouest a été particulièrement affectée par les conséquences de la hausse des prix surtout au sein des pays fortement dépendants des importations.

Il est estimé que la crise alimentaire a fragilisé la situation financière et l’état nutritionnel des ménages dans une région où les revenus sont parmi les plus bas du monde et qui sont particulièrement touchés par la malnutrition.

En chiffrant les besoins à 361 millions de dollars, les acteurs humanitaires veulent préserver les acquis enregistrés ces dernières années dans la lutte contre la pauvreté et, notamment, dans des secteurs prioritaires tels que l’alimentation, la nutrition, l’éducation et l’accès à l’eau potable. Ces 361 millions de dollars s’insèrent dans l’appel global des Nations Unies qui s’élève à près de 7 milliards de dollars qui devraient couvrir les besoins de 30 millions de personnes dans 31 pays.

L’appel humanitaire de 2008 a mobilisé plus de 289 millions de dollars soit 63% de l’enveloppe totale requise. Depuis la mise en place de ce processus d’appel en 2003 par OCHA c’est près d’1 milliard de dollars d’aide humanitaire qui a été affecté par la communauté internationale à l’Afrique de l’Ouest.

Posté par Lucky Massana à 20:08 - AFRIQUE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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