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24 novembre 2008

LES VERITABLES RAISONS DE L'ELECTION D'UN NOIR AUX USA

Hier encore les médias nous étourdissaient dans une valse incessante de papiers rédigés pour célébrer la victoire de Barack Obama. En totale harmonie, ils rendaient hommage aux Américains qui, par cette élection, avaient surmonté leurs démons racistes. L’arrivée d’un président né d’un père kényan à la tête de la première puissance mondiale illustrait, selon ces dires, les immenses progrès effectués par une population marquée du sceau diabolique de la ségrégation raciale. Ce couronnement allait non seulement rapprocher les Afro-Américains des autres communautés mais également les Etats-Unis du rêve de Martin Luther King, ébauché lors de son mémorable discours du 28.08.1963, de l’égalité entre les races. Tous pensent et même John Lewis, ancien dirigeant de la lutte pour les droits civiques qui fut lui-même roué de coups par un groupe de Blancs dans l’Alabama en 1961 que les USA sont « prêts à créer une société démocratique vraiment multi raciale ».

Puis la liesse des premiers jours est retombée. Et j’ai eu envie d’écrire quelques lignes sur Jesse Jackson. En consultant une multitude de documents relatifs au personnage, j’ai été interpellée par la pensée émise par un sceptique, clan auquel appartient le révérend Jackson, sur la fin de la discrimination aux Etats-Unis : " Soit mes vues sur les Blancs sont erronées, soit les Blancs ont changé. Je ne peux pas m'habituer tout à fait à l'idée que j'ai tort sur les Blancs. Alors, c'est peut-être que la situation du pays est si effrayante qu'elle dépasse la question de la race. "

La situation du pays est si effrayante… Obama, premier président noir des USA, c’est l’arbre qui cache la forêt. Certes cette élection est historique et je ne cherche point à la dévaluer ; cependant, dans leur choix de vote les Américains ont voulu transmettre un message beaucoup plus grave qu’on ne peut l’imaginer : la situation est tellement catastrophique aux Etats-Unis que sa population n’attache plus aucune importance à des détails insignifiants tels que le sexe ou la race. La preuve en est que Barack Obama l’a emporté dans des Etats ouvriers et majoritairement blancs comme la Pennsylvanie et l’Ohio dans lesquels il avait été battu pendant les primaires démocrates par Hillary Clinton. Dans ces états, les électeurs ont affirmé d’entrée leur volonté de changement, le désir du retour d’un gouvernement démocrate, de préférence Hillary Clinton, au final pour Barack Obama, éludant la couleur de peau au profit du parti. Toutefois, ne nous voilons pas la face si Barack Obama avait été républicain et John McCain, un démocrate, il y a de fortes chances pour que ce soit le vétéran du Vietnam qui se serait installé dans le fauteuil de la présidence le 20 Janvier 2009.

En analysant de plus près la situation des USA, l’évidence saute désormais aux yeux de tout un chacun que la victoire au soir du 04 Novembre 2008 ne pouvait revenir qu’au candidat démocrate.

En effet, entre 1992 et 2000 soit les 8 années de l’ère Clinton, les Etats-Unis ont connu une période croissance ininterrompue. Le Produit Intérieur Brut a grimpé en moyenne de 3.7% au cours de ces 10 ans avec des pointes de 5.2% en 2000 ou 4.4% en 1997 et 1998.

Entre 1996 et 2000, toujours naturellement sous Bill Clinton, le PNB a augmenté de 25% soit un taux de croissance économique comparable à celui des années 60.

Soudain arrive au pouvoir un gosse de riches qui a décidé de se lancer dans la politique pour faire « comme Papa » et tenter de se débarrasser de tous les wagons de complexes qu’il trimbale depuis sa plus tendre enfance puisque dès sa venue au monde il s’est avéré qu’il était un incapable. Hélas, Monsieur George W. Bush a, semble-t-il, entrepris de gérer la 1° puissance mondiale comme une activité de loisirs comparable à ces jeux auxquels il s’adonnait lorsqu’il était gamin avec ses petits camarades. Non, Monsieur W. Bush, vous n’étiez pas en train de disputer une partie de RISK ou de MONOPOLY !

Résultats de 8 ans de « garden parties » organisées par l’ami Bush :

L’indice du Conference Board qui mesure le sentiment de confiance des foyers américains qui était à 102 en Décembre 2004 n’était plus qu’à 50.4 en Juin 2008 soit son niveau le plus bas depuis Février 1992 (en 1992 les Américains étaient tellement satisfaits de l’administration Bush Père qu’ils choisirent l’adversaire de son parti aux présidentielles…)

En Mars 2003, George W. Bush demande 75 milliards de dollars au Sénat pour financer la guerre en Irak. Actuellement, la guerre en Irak, que les Américains sont en train de perdre, coûte 9 milliards de dollars par mois. Les dépenses militaires (600 milliards de dollars par an) servent de justification à l’amputation des budgets de la santé, de l’éducation et des dépenses sociales en général.

En Mars 2005 la dette totale de l’administration, des entreprises, du secteur financier et des ménages américains s’élevait à 40 000 milliards de dollars. Cette somme représente 137 000 dollars pour chaque homme, femme et enfant ! Le nombre des citoyens américains qui sombrent dans la misère totale augmente de 1 million chaque année. Présentement ce sont 37 millions d’Américains qui vivent sous le seuil de la pauvreté.

Le déficit commercial des USA s’aggrave. En 2006 il atteint 857 milliards de dollars. Rien que pour le financer les Etats-Unis sont contraints de lever des emprunts de 2 milliards de dollars par jour. Le principal facteur qui alimentait la demande intérieure était le marché de l’immobilier… qui s’effondre !

L’endettement des ménages américains a fortement augmenté passant de 70% de leur revenu disponible au début des années 1990 à 100% en 2000 pour atteindre 140% cette année.

En Octobre 2008, les chômeurs représentaient 6.5% de la population active ; le taux le plus élevé depuis 14 ans.

Une étude récente de la  société de recherche Moody's Economy.com estime que 7,3 millions de foyers américains  feraient défaut sur leurs emprunts immobiliers entre 2008 et 2010 et que 4,3 millions  d'entre eux pourraient perdre leur maison. Près de 80% des ménages américains sont propriétaires de leur logement. A l’heure actuelle ce sont près de 280 000 logements qui sont en procédure de saisie.

Lorsque l’on parcourt ces exemples révélateurs de la situation dramatique des USA on y trouve les véritables raisons de l’élection de Barack Obama : les Américains moyens et surtout pauvres en ont marre d’une gestion républicaine qu’ils supportent depuis 8 ans et qui les a conduits dans un marasme total alors que les plus riches ont vu leurs impôts baisser de 70 à 30% !

Chômage, pas de droits aux soins, manques de moyens pour le système éducatif, augmentation des impôts, saisies immobilières, guerre en Irak, coût des faillites bancaires à assumer : la plus grande majorité des Américains se sent morte avant même d’être née car le surendettement gangrène même l’avenir des générations futures ! Ce sont là les véritables motifs de l’élection de Barack Obama. Tout changer. Même la couleur de peau du président. Yes they can ! Et ils l’ont fait !



JESSE JACKSON, LE GARDIEN DE LA MEMOIRE NOIRE


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Lorsqu’au soir du 04 Novembre 2008, Barack Obama prononce son discours de victoire devant des milliers de spectateurs à Grant Park dans la ville de Chicago, les caméras de CNN s’attardent sur un homme en pleurs dans la foule en liesse. Ce Noir est un témoin d’une autre époque. Naguère il a été de maints des combats de Martin Luther King. En cet instant précis peut-être songe-t-il à la longue lutte que les siens ont du mener pour qu’un Afro-Américain accède à la présidence de la première puissance mondiale. Cet homme est un survivant, il est un lien entre ceux qui ont combattu hier pour les droits civiques et celui qui accède au pouvoir aujourd’hui. Il se nomme Jesse Jackson.

Jesse Jackson Sr est né Jesse Louis Burns le 08.10.1941 à Greenville, Caroline du Sud, d’Helen Burns, mère célibataire âgé de 16 ans à sa naissance. Son père biologique, Noah Louis Robinson, un ancien boxeur professionnel et un personnage important dans la communauté noire, était marié à une autre femme quand Jesse est venu au monde. Ce père ne s’est jamais impliqué dans l’éducation de son fils. En 1943, sa mère se marie avec Charles Henry Jackson qui l’adoptera 14 ans plus tard. Jesse opta pour porter le nom de son beau-père.

Au cours de son adolescence, Jackson fréquenta Sterling High School, un établissement réservé exclusivement aux Noirs à Greenville, au sein duquel il faisait l’équivalent de « sport-études » en France. Après l’obtention de son diplôme en 1959, il refusa un contrat dans une équipe de baseball professionnelle car il pouvait intégrer la section « football » de l’Université de l’Illinois qui pratiquait la déségrégation raciale. Cependant, une année plus tard, Jackson est transféré à l’Université de North Carolina. Plusieurs raisons furent invoquées à cette mutation : Jackson a prétendu qu’elle était due à des motifs raciaux car son professeur s’obstinait à le faire jouer en qualité de remplaçant et non de titulaire en dépit du soutien de ses coéquipiers qui le voulaient vraiment dans le roster de base compte tenu de ses aptitudes supérieures. Même si l’épisode de l’Illinois est loin d’être très clair, Jackson quitta cette structure avec les compliments de l’Académie.  Après l’obtention de son diplôme, Jackson a intégré le Chicago Theological Seminary avec l’intention de devenir pasteur mais il fut contraint d’abandonner ses études en 1966 suite à son investissement à plein temps au sein du mouvement des droits civils. Il fut toutefois ordonné en 1968 sans diplôme de théologie ; il a reçu un diplôme honoraire en théologie du Chicago Thelogical Seminary en 1990 et un Master of Divinity Degree en 2000 basé sur son acquis antérieur ainsi que sur son expérience et ses travaux substantiel.

Le 31 Décembre 1962, Jesse Jackson a épousé Jacqueline Lavinia Brown (née en 1944) avec laquelle, par la suite, il a eu 5 enfants : Santita (1963), Jesse Jr (1965), Jonathan Luther (1966), Yusef DuBois (1970) et Jacqueline Lavinia (1975).

En 2001 il a été découvert qu’il avait eu une liaison avec Karin Stanford, relation qui a abouti à la naissance d’Asley en Mai 1999. Selon CNN, des sommes conséquentes issues de l’organisation Rainbow/PUSH qu’il a créée auraient été versées à Mademoiselle Stanford. L’incident a contraint Jesse Jackson à s’éloigner de la scène politique pendant une courte période. Indépendamment des supposés paiements effectués sur le compte de Rainbow/PUSH, Jackson verse chaque mois 4000 dollars à Mademoiselle Stanford pour l’éducation de leur fille.

En 1965, Jesse Jackson, âgé de 24 ans, participe à la marche organisée de Selma à Montgomery par le Pasteur Martin Luther King Jr et d’autres leaders pour les droits civiques en Alabama. Lorsqu’il rentra de Selma, il décida de s’investir aux côtés de Martin Luther King afin de créer une section de la Conférence des Chefs Chrétiens du Sud (SCLC) à Chicago. Un an plus tard il est choisi par Martin Luther King pour diriger l’opération « Breadbasket » à Chicago puis le nomme responsable national en 1967. Suivant l’exemple du Révérend Leon Sullivan de Philadelphia, l’objectif essentiel du nouveau groupe est d’utiliser le boycott comme un moyen de pression sur les hommes d’affaires blancs afin qu’ils embauchent de la main-d’œuvre afro-américaine et qu’ils fassent appel aux services et achats de biens proposés par les entrepreneurs noirs. C’est une opération essentiellement vouée à l’amélioration de la situation économique de la communauté noire. Cette opération avait déjà des antécédents aux USA car le Dr T.R.M. Howard, avant qu’il ne déménage à Chicago en provenance du Mississipi en 1956, était à la tête du mouvement « Regional Council of Negro Leadership » et avait organisé un boycott contre les stations services qui refusait de mettre des toilettes à la disposition des Noirs. Le Dr Howard adhéra à l’opération Breadbasket et en fut l’une des clés financières.

Lorsque Martin Luther King Jr a été assassiné le 04 Avril 1968, Jesse Jackson se trouvait sur le parking de l’hôtel de Memphis où le révérend King et ses collaborateurs logeaient. Il a assisté impuissant à l’assassinat du lauréat du prix Nobel de la Paix 1964. A partir de cet instant, plusieurs différents ont éclaté entre Jesse Jackson et certains membres associés aux activités de Martin Luther King. Jackson était réputé pour aimer se faire remarquer en public depuis la première fois qu’il avait travaillé aux côtés de King en 1966. Il avait beaucoup de prestance et savait imposer ses opinions. King lui-même supputait une ambition un peu démesurée.

Depuis le début de l’année 1968, les rapports de Jackson avec Ralph Abernathy, successeur de King à la tête de la SCLC, devenaient de plus en plus conflictuels. L’idée originelle de Jesse Jackson était de donner aux Noirs un certain faire-valoir. Sa lutte était axée sur le respect, la dignité et la reconnaissance de la valeur des Noirs dans la société américaine. En Décembre 1971, il se trouva en total désaccord avec Abernathy. Ce dernier décida de le suspendre de ses fonctions pour « inconvenance administrative et actes répétés de violation de politique organisée ».

Résigné, Jesse Jackson regroupe ses partisans et, dans le même mois, crée l’Opération PUSH (People United to Save  Humanity – Peuple uni pour sauver l’humanité, qui deviendra plus tard People United to Serve Humanity soit Peuple uni pour servir l’humanité). Le nouveau groupe s’est organisé dans la demeure du Dr Howard qui devint également l’un des membres du cabinet directeur ainsi que du comité de finances. Jesse Jackson devient dès lors un acteur incontournable de la scène médiatique en tant que plus important représentant de la population noire. Son influence s’étend à l’extérieur des USA au cours des années 80 et 90.

Jesse Jackson lutte pour les droits civiques mais défend également différentes causes hors de la communauté, prouvant son attachement au drapeau américain, notamment en oeuvrant pour la libération de soldats américains faits prisonniers en Syrie et à Cuba. Il en sera remercié par le président Reagan lors d’une cérémonie spéciale à la Maison Blanche le 04.01.1984.

En 1984, Jackson crée l’organisation « Rainbow Coalition » qui plus tard, en 1996, fusionna avec Operation PUSH. Le nouvel organisme se nomma Rainbow PUSH.

En 1997 il se rendit au Kenya pour rencontrer le président kényan Daniel arap Moi comme envoyé spécial de Bill Clinton afin d’organiser des élections libres. En Avril 1999, durant la Guerre du Kosovo, il s’est déplacé à Belgrade afin d’intervenir dans la libération de 3 prisonniers de guerre américains capturés sur la frontière macédonienne tandis qu’ils patrouillaient avec une unité de force de maintien de la paix. Sa rencontre avec Slobodan Milosevic fut déterminante pour la remise en liberté des 3 hommes.

Le 15 Février 2003 il s’est exprimé devant environ 1 million de personnes à Hyde Park, Londres, contre l’invasion imminente de l’Irak par les armées américaines et anglaises. En Novembre 2004 il a rendu visite à des politiciens et activistes d’Irlande du Nord afin de les inciter à renouer le dialogue et reconstruire un processus de paix.

En parallèle de son activisme social national puis international, le 03.11.1983 Jesse Jackson a annoncé sa candidature à la présidence. Il devient le 2nd Afro-Américain, après Shirley Chisholm, à se présenter à l’investiture démocrate en vue de l’élection présidentielle de 1985. Il mène campagne en défendant ses thèmes de prédilection  pour le territoire américain : hausse d’impôts pour les riches et baisse pour les autres, instauration d’une couverture sociale universelle, réparation aux descendants d’esclaves, lutte contre la pauvreté et la drogue, diminution du budget de la Défense et réattribution à l’Education. Il innove également en politique extérieure en soutenant la création d’un Etat palestinien et en réclamant des sanctions contre l’Afrique du Sud de l’apartheid. Cette dernière mesure sera la seule retenue par le Parti Démocrate qui l’inclut dans son programme.

Le révérend obtient 3,5 millions de votes lors des primaires, ce qui lui donne la troisième place. C’est Walter Mondale qui est choisi pour défendre la gauche face au président sortant, Reagan, qui sera réélu pour un second mandat aidé de son vice président Georges Bush.

Il retente l’aventure pour la perdre à nouveau en 1988 : Georges Bush devient le nouveau président des Etats-Unis, battant le vainqueur de Jesse Jackson, le démocrate Michael Dukakis.

Jesse Jackson persévérera en briguant l’investiture pour la troisième fois en 2004, mais c’est John Kerry qui l’emportera.

Plus tard il postula pour devenir sénateur de l’opposition dans le District de Columbia quand le poste fut créé en 1991 et y demeura jusqu’en 1997, ne se représentant à sa réélection. Cette mission bénévole a été principalement mise en place afin de lutter contre la délinquance dans le District de Columbia.

Dans le milieu des années 90 il fut approché pour être nommé Ambassadeur des Etats-Unis en Afrique du Sud mais il déclina l’offre afin de pouvoir soutenir son fils Jesse Jackson Jr qui présentait aux élections de la Chambre des Représentant. Jesse Jackson Junior, 43 ans, représente au Congrès la deuxième circonscription de l'Illinois. Il brigue maintenant le fauteuil de Barack Obama au Sénat. Selon la procédure en cas de démission d'un sénateur, c'est le gouverneur de l'Etat qui choisit arbitrairement un remplaçant. Jesse Jackson figure dans les favoris : il a fait valoir qu'il serait souhaitable que le siège reste acquis à un Africain-Américain (Mr. Obama est l'unique Noir du Sénat).

A l’élection de Bill Clinton il devint l’un de ses intimes et amis. Clinton lui décerna, du reste, la Médaille présidentielle de la Liberté, une des deux plus grandes décorations civiles avec la Médaille d’or du Congrès.

En Mars 2007, Jesse Jackson a déclaré son soutien au Sénateur Obama mais il a reproché à Barack Obama de fermer les yeux sur les inégalités raciales qui persistent et ce « pour rassurer les Blancs ». Quand il s'est lancé dans la course, Obama n'avait qu'une poignée de soutiens dans la "vieille garde". La génération historique s'est ralliée, mais Jesse Jackson entend rester critique : "Martin Luther King avait soutenu Kennedy contre Nixon. Il a quand même fallu que nous marchions pour obtenir une loi sur les logements publics. Il avait soutenu Johnson contre Goldwater. Il a quand même fallu manifester pour obtenir le droit de vote. Quand Monsieur Obama sera à la Maison Blanche, tout le monde voudra l'accaparer. Le mouvement des droits civiques devra se rappeler à son attention."

Le soir du 04 Novembre 2008, Jesse Jackson pleurait durant le discours de Barack Obama. Il était certes fier de la réussite de l’un de ses frères mais ces larmes étaient également destinées à tous les absents, à toutes les victimes, leur mort ainsi que cette lutte qui n’est pas prête de s’achever car du côté du révérend se reflète la réserve de ceux qui ne veulent pas se laisser emporter par l’événement et qui soulignent que la discrimination n’a pris fin le 04 Novembre.

"C'était un sentiment double. L'ascension de Barack Obama  et le prix qui avait été payé pour l'amener là."  Jesse Jackson.


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05 novembre 2008

L'IMAGE DU JOUR

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BARACK OBAMA EST ELU PRESIDENT DES USA

L'élection du 44° président des USA ouvre la porte d'une nouvelle ère. Le rêve est devenu réalité. Ce sacre permet à tout un chacun d'espérer que notre monde est en marche vers l'égalité de tous, la reconnaissance des individus pour leurs qualités et non point leur discrimination à cause de la couleur de leur peau. Barack Obama, président, un pas de géant pour les Etats Unis, l'aveu d'un peuple qui, au-delà de toute crise, par delà tous les conflits planétaires dans lesquels il est engagé, est apte à reconnaître l'homme de couleur comme son frère, son ultime espoir pour changer un quotidien des plus catastrophiques.

Naguère l'Afro-Américain était répertorié au même titre que les marchandises et meubles d'un patrimoine. Arraché à sa famille, exilé très loin de ses racines africaines, il était réduit à être considéré comme du bétail dont, à tout point de vue, il menait une existence identique. Avec l'abolition de l'esclavage le Noir américain a cassé les chaînes qui lui brisaient les veines mais non acquis pour autant une vie paisible. Le respect, la dignité, l'accès à l'instruction, l'espérance d'un avenir équivalent à celui de son voisin blanc ont demandé des décennies de luttes.

Ne nous leurrons pas non plus. Si les Américains ont accepté d'élire Barack Obama en  admettant que ses compétences n'étaient pas tributaires de la couleur de sa peau, ont de façon flagrante cassé le mythe de la supériorité de la race blanche, il n'en reste pas moins que la réalité est toujours très cruelle pour la majorité des Noirs américains. La communauté noire américaine est encore aujourd'hui loin de posséder les mêmes chances que la communauté blanche. Pour être baignée quotidiennement dans un milieu où l'Afro-Américain est majoritaire (la NBA, ligue de basket américaine), je suis consciente combien il est ardu à la plupart de lutter afin de quitter un environnement des plus misérables. Trop souvent le Noir américain est encore l'oublié des instances gouvernementales, trop souvent il est le bouc émissaire dans les affaires relevant de la justice, trop souvent dès ses langes il est condamné à errer dans des quartiers sombres et à vivre de petits boulots ingrats ou bien, las d'un ordinaire pitoyable, de se mêler à des organisations peu scrupuleuses. L'Amérique des Noirs c'est surtout ça.

Nous avons fait un rêve. Nous avons grandi avec les paroles de Martin Luther King gravées en nos mémoires. Nous avons souffert face à la lenteur de la métamorphose des esprits et des comportements. Aujourd'hui nos prières ont été entendues. Des femmes et des hommes ont assumé leurs responsabilités, ont laissé la tolérance gagner leur âme et validé les aptitudes de leur frère noir. Aujourd'hui c'est l'avènement d'une nouvelle ère, prions pour que ce soit celle d'un monde meilleur !

Posté par Lucky Massana à 09:01 - NEWS Lucky's World - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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