17 décembre 2008
JE FAIS UN REVE POUR L'AFRIQUE
MON PLUS BEAU REVE D'AFRIQUE
Il y a quarante cinq ans, devant des milliers de personnes, un homme Noir énonçait son Rêve pour des millions d’Afro-Américains. Il y a quarante cinq ans le Pasteur Martin Luther King Jr offrait à l’humanité l’un de ses plus beaux espoirs. Aujourd’hui, c’est à ma seule feuille blanche que j’avoue mon Rêve pour l’Afrique et à tous ceux qui désireront lire ces quelques lignes chargées d’espérance pour un continent en souffrance.
Je fais le rêve d’une Afrique avec des grands et somptueux paysages naturels, exotiques et synonymes d’aventures. Ce paradis perdu des histoires d’animaux qui peuplent la mémoire de la nostalgique enfance.
Je fais le rêve d’une Afrique opulente, bénéficiant d’une eau potable à volonté, d’un système d’éducation compétitif, d’alimentation suffisante pour ses populations, d’électricité, de soins de santé de qualité, de technologies et de connaissance de soi, d’une Afrique qui apporte sa pierre à l’édification d’un monde plus fraternel.
Je fais le rêve d’une Afrique réconciliée avec elle-même, qui en finit avec les clichés allant de la naïveté enfantine à l’aliénation mentale, d’une Afrique perçue telle une Grande Dame mature qui enfante des petits respectés sur toute la surface de la terre.
Je fais le rêve d’une Afrique qui remet son histoire à l’endroit, démontre de façon cinglante aux penseurs racistes de Hegel à Sarkozy qu’ils ont eu tord de caractériser l’Afrique comme un être borné qui aurait échappé « à l’angoisse de l’histoire qui tiraille l’homme moderne » et qui fait retrouver à la jeunesse africaine et au Monde Noir la joie de vivre, les raisons de nourrir l’ambition d’un amour toujours plus altruiste pour la grandeur de la terre des Ancêtres en dressant sur la route du mondialisme sa culture plusieurs fois millénaire, son antique civilisation restaurée qui grandit les êtres dans le respect de la vie et de la liberté.
Je fais le rêve d’une Afrique belle dans sa grande ferveur spirituelle, vivante, populaire et collective.
Je fais le rêve d’une Afrique dont le discours sur le continent noir cesse d’être afro-pessimiste en n’alimentant plus l’incertitude, l’apathie et l’insécurité mais révélant ses réussites, surtout humaines.
Je fais le
rêve d’une Afrique qui a quitté les carrefours crasseux de la mendicité
internationale puant le mépris et la supériorité des donateurs, qui n’est plus
à la fois la corne d’abondance qui rend possible le progrès technologique de
l’économie mondiale et le symbole illusoire de tous les maux de l’humanité.
Je fais le rêve d’une Afrique qui a guéri toutes ses plaies, a arrêté le « nettoyage ethnique » au Darfour, réconcilié les parties belligérantes en Côte d’Ivoire et au Tchad, éradiqué la famine en Ethiopie, mis fin aux violences sexuelles dans l’Est du Congo et enraillé l’hécatombe causé par le VIH/SIDA en Afrique australe.
Je fais le rêve d’une Afrique véhiculant une image positive gommant les clichés de vie individuelle précaire où les droits de l’homme sont fragilisés, offrant de vraies opportunités de s’instruire, se former, effaçant dans l’opinion collective les pensées la désignant comme un continent où les rapports humains sont infestés par la violence, un manque d’unité, de coopération entre tous.
Je fais le rêve d’une Afrique rassemblée et réalisée en une solide fédération à la puissance politique, économique et culturelle vigoureusement établie et qui a cessé d’assister impuissante aux transferts de ses richesses et fini de n’être qu’une masse d’ouvriers non qualifiés manipulables et éjectables par des capitalistes toujours plus insolents et prédateurs.
Je fais le rêve d’une Afrique où les dirigeants seront éclairés et volontaires, posséderont le sens du devoir et du sacrifice utile, seront insensibles au charme corrupteur des pétrodollars, ne refléteront plus que la Paix et la justice sociale à travers un continent où la corruption et l’immoralité ne seront plus érigées en valeur de référence.
Je fais le rêve d’une Afrique qui sera une terre où l’intellect et la rentabilité financière ne prendront plus le pas sur le cœur et l’épanouissement.
Je fais le rêve d’une Afrique où les intellectuels ne se nourriront plus uniquement d’une pensée venue d’ailleurs pour les berner mais oseront remettre en question les théories étrangères menteuses pour élaborer leurs propres points de vue en faisant la somme de leurs intelligences et leurs volontés complémentaires.
Je fais le rêve d’une Afrique où les intellectuels avec les hommes et femmes d’action auront brisé à jamais les ailes d’une démocratie maquillée dirigée par des présidents à vie incompétents et inconscients.
Un rêve est souvent une utopie, un idéal que l’on souhaite ardemment réaliser et le vendre au reste du monde comme une évidence. C’est cet éclat de l’esprit qui permet de croire, d’espérer et d’avancer. En Afrique, plus qu’ailleurs les gens ont besoin de rêver et, avec eux, je veux me persuader que, comme ce petit homme Noir que j’admire tant, le rêve que je fais aujourd’hui, un jour sera réalité.
MA MERVEILLEUSE BELLE-MAMAN DONT J'AI SI LONGTEMPS REVEE
21 novembre 2008
LE FRENCH DREAM DES NOIRS
S’il est une
évidence depuis quelques jours, c’est bien celle que l’élection de Barack Obama
fait souffler un vent d’espoir sur la communauté noire internationale. Ce triomphe
a fait voler en éclats les ambitions les plus folles car derrière la joie et la
fierté d’un tel triomphe la voix de Martin Luther King est encore perceptible
par delà la tombe.
Conscients de
l’urgence à profiter d’une telle vague, la communauté noire de France n’hésite
à scander son « Yes, we can » et à solliciter ouvertement une
visibilité légitime en souhaitant l’accès à des postes prestigieux. Pour tout un chacun l’espérance
de réussite ainsi que sa reconnaissance sociale est un concept logique ; la
notion de valeur professionnelle se définit sur des critères d’études et d’expérience
non point selon la couleur d’une peau ou selon des quotas représentatifs au
sein de la société dans laquelle elle évolue. Pourtant il y a fort à parier que
le pouvoir en place en France ne soit pas encore apprêté à offrir à ses Noirs
la place au soleil à laquelle ils peuvent prétendre.
Car la réponse
officieuse et insidieuse qui se murmure dans les alcôves du pouvoir serait,
selon plusieurs articles que j’ai eu le loisir de parcourir dans la presse
française, que, d’une part, l’histoire des Noirs de France en métropole est
beaucoup trop récente pour être prise véritablement en considération et que, d’autre
part, leur nombre serait trop « insignifiant » pour exiger une
représentation significative.
En effet, les
cinq millions de Noirs, toutes origines confondues, ne seraient, selon une
démographe, qu’un « chiffre farfelu » inventé de toute pièce par des
associations prêtes à dénombrer « la moindre peau bronzée » afin d’acquérir
de l’importance en politique. D’un coup de baguette magique, il ne demeure plus
que 1.7 million de Noirs qui, toujours selon notre démographe, ne
représenteraient que 4% de la population. Pause. J’ai déjà un problème :
4% de 64 500 000 habitants cela fait 2 580 000 âmes. La
gente dame nous a passé 800 000 personnes à la trappe !
Estimons-nous
heureux puisque, de toute façon, ces individus, difficiles à cerner,
appartiennent majoritairement à une classe moyenne. Donc pas de quoi prétendre
au pouvoir ! Et l’article de poursuivre en avouant noir sur blanc que leur acceptation
sur le sol de la métropole française a été de paire avec l’abandon d’un certain
prestige pour l’élite et de citer sans honte particulière l’exemple de Monsieur
Amadou Soumaré, titulaire d’un master d’informatique, qui œuvre tristement
comme chauffeur de taxi. Bravo la France !
Ils étaient
ingénieurs ou professeurs, journalistes ou fonctionnaires dans leurs pays, dans
« NOS » îles ou nos anciennes colonies, cette fierté d’antan dont les
manuels scolaires ne parlent même plus, ils se retrouvent chauffeurs de taxi ou
de bus, balayeurs ou agents de sécurité ; leurs épouses sont
aides-soignantes ou femmes de ménage. Ils sont venus pour fuir la misère ou la
guerre. La France les a installés derrière un voile pour ne point avoir honte
de sa propre lâcheté. Les anciens vivent accrocher à RFI et ont reporté leurs
rêves sur leurs progénitures. Ces enfants sont ingénieurs, avocats ou médecins ;
ils sortent de Centrale ou d’HEC. Que vont-ils devenir ? Des cerveaux
invisibles ? Seulement parce que ce pays refuse d’admettre qu’un Noir
instruit est un homme qualifié aussi compétent que son voisin blanc ?
Devront-ils,
comme Monsieur Olivier Bouchez, antillais et pharmacien (non ce n’est pas incompatible !),
effectuer le parcours du combattant pour décrocher un logement où bon leur
semble et abdiquer car l’adversaire est véritablement trop odieux ? Seront-ils
contraints encore longtemps comme Monsieur Patrice Schoendorff, ancien chef d’un
service de psychiatrie dans le Rhône, de justifier de manière indécente de
leurs capacités simplement parce qu’il est issu d’un métissage
franco-camerounais ? Ou obligés comme Idriss, diplômé de gestion, qui a
ramé pendant des années à un poste de gardien de foyer avant de décrocher un
job à sa mesure ?
Deux fois plus
de diplômes, trois fois plus de compétences professionnelles, quatre fois plus
de bienséance et cinq fois plus de raisons de fermer son clapet et de ne rien
réclamer ; voilà ce qu’est la perspective d’existence d’un Noir en France !
Même la
réussite n’efface pas les discriminations car subsiste le regard étrange de
ceux qui s’adressent à vous avec pitié, dégoût ou crainte, comme si vous étiez
un extra-terrestre pitoyable ou terrifiant… Car la perception du Noir en France
oscille toujours entre l’admiration « mode » qu’insuffle un courant « black
is beautiful », l’étonnement face à un « sauvage » apte à
décrocher des diplômes et le cliché persistant du Noir délinquant issu des
mêmes gangs que ceux du Bronx. Dans les années 1920, se véhiculait l’image du « bon
Noir », encore très proche de l’esclave servile qui faisait la courbette
et ne disait mot, que l’on apposait sur les boîtes de Banania et faisait les
beaux jours de la Revue Nègre. Le Français était habitué au caractère lisse de
ces hommes et de ces femmes, principalement des ultra-marins, dont il abusait
outrageusement. Aujourd’hui la population noire de métropole est
majoritairement issue de l’Afrique subsaharienne, bien que souvent bien moins
nantie au niveau du bagage scolaire lors de la première vague de migration, elle
est beaucoup plus ambitieuse que son frère des îles. A l’invisibilité souhaitée
des aînés succède un désir de reconnaissance normal.
Qu’elle le veuille
ou non, la France est un assemblage de diversités. Toutefois, afin d’éviter le
pire, il est grand temps que nous cessions de copier le modèle américain au
sein duquel les êtres vivent les uns à côté des autres et non les uns avec les
autres. Les individus de la communauté noire ne devraient pas tenter de créer »un
nouvel homme noir » mais se vivre français avec des français, dans leur
pays, la France. Tout comme Barack Obama s’est bien gardé de se présenter comme
le « candidat noir »…
19 novembre 2008
LES NOIRS NE SONT PAS DES SAUVAGES
Phillis Wheatley
Si l’anthropologie,
science de l’homme, est une discipline déjà relativement ancienne, les études
scientifiques relatives aux Noirs d’Afrique sont elles très récentes
puisqu’elles ne datent que de la 2nde Guerre Mondiale.
En fait, dans un
premier temps, il est malheureux de constater que l’intérêt pour la psychologie
africaine n’est né que d’un prolongement de recherches effectuées aux
Etats-Unis auprès de la population afro-américaine principalement dans le
domaine des relations sociales ainsi que sur les aptitudes et l’intelligence. Loin
d’intervenir pour enrichir leurs connaissances les chercheurs n’agissaient que
pour justifier scientifiquement, d’une part, les préjugés raciaux et la
ségrégation en vigueur dans les sociétés américaines et, d’autre part,
caractériser et délimiter les aptitudes individuelles en vue de l’exécution de
tâches déterminées dans l’industrie et dans l’armée. Mission peu
glorieuse !
Lorsque des
psychologues européens se sont investis sur le terrain c’est avec une toute
autre perspective qu’ils ont abordé les problèmes car c’est d’abord d’un point
de vue psychiatrique qu’ils ont du se placer ayant à traiter des militaires
africains traumatisés par les combats. Toutefois les recherches sur l’intelligence
et les aptitudes ont également été poursuivies mais afin de déterminer les
caractérisations de la race noire et dans le souci de faire participer les
populations africaines à l’œuvre de développement.
Malheureusement, il est
navrant de constater que les particularités du cerveau du Noir (forme générale,
dimensions, type de scissure, histologie corticale…) soient retenues comme « preuves »
de son insuffisance constitutionnelle et fonctionnelle. Il est regrettable de
relever des conclusions qui affirment que l’intelligence du Noir est « naturellement »
peu apte à se développer et qu’à ses insuffisances cérébrales s’ajoutent un
milieu culturel et social dont les caractéristiques ne favorisent guère la
maturation plus poussée de ce phénomène.
Depuis des siècles
les Noirs (Africains ou Antillais puis Afro-Américains) sont bassement
déconsidérés par une race blanche qui se déclare outrageusement supérieure. Les
grands penseurs ainsi que tous ceux qui se disaient « savants » ont
laissé à la postérité une masse de propos négrophobes qui font peur. Même très
récemment, le 14.10.2007, l’éminent généticien et biochimiste américain, James
Dewey Watson, lauréat du prix Nobel de médecine en 1962, a déclaré qu’il était « fondamentalement
pessimiste quant à l’avenir de l’Afrique » parce que « toutes nos
politiques d’aide sont fondées sur le fait que leur intelligence (celle des
Africains) est la même que la nôtre (Occidentaux, ndlr) alors que tous les
tests disent que ce n’est pas vraiment le cas ». Le professeur Watson a
persévéré dans son racisme en indiquant que « son espoir est que tous les
hommes sont égaux » mais que « les gens qui ont eu affaire à des
employés noirs se sont rendu compte que ce n’était pas vrai ».
Heureusement suite à cette polémique, il a été suspendu de ses fonctions et mis
en retraite.
Personnellement je
suis choquée par de telles sottises issues de la cervelle d’un illustre
scientifique mais, hélas, je suis également consciente qu’au travers des
siècles maintes affirmations provocantes sont allées au-delà du débat
acceptable. Petite liste écoeurante issue des réflexions racistes des plus
grands esprits à travers les temps :
- « Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu’ils doivent point cette différence à leur climat, c’est que des Nègres et des Négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu’une race bâtarde d’un noir et d’une blanche, ou d’un blanc et d’une noire. » Voltaire – Essai sur les mœurs.
- «
Je suspecte les Nègres et en général les autres espèces humaines d’être
naturellement inférieurs à la race blanche. Il n’y a jamais eu de nation
civilisée d’une autre couleur que la couleur blanche, ni d’individu illustre
par ses actions ou par sa capacité de réflexion... Il n’y a chez eux ni engins
manufacturés, ni art, ni science. Sans faire mention de nos colonies, il y a
des Nègres esclaves dispersés à travers l’Europe, on n’a jamais découvert chez
eux le moindre signe d’intelligence ». David Hume (1711-1776), économiste
anglais, « Sur les caractères sociaux ».
- « La nature n’a doté le nègre d’Afrique d’aucun sentiment qui ne s’élève au-dessus de la niaiserie(...) Les Noirs (...) sont si bavards qu’il faut les séparer et les disperser à coups de bâton ». Emmanuel Kant (1724-1804) – « Essai sur les maladies de la tête ».
- « La race nègre est confinée au midi de l’Atlas, son teint est noir, ses cheveux crépus, son crâne comprimé et son nez écrasé son museau saillant et ses grosses lèvres la rapprochent manifestement des singes : les peuplades qui la composent sont toujours restées barbares (...) la plus dégradée des races humaines, dont les formes s’approchent le plus de la brute, et dont l’intelligence ne s’est élevée nulle part au point d’arriver à un gouvernement régulier. » Le zoologiste, G. Cuvier – « Recherches sur les ossements fossiles ».
- « On ne peut se mettre dans l’idée que Dieu, qui est un être sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. (...) Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous mêmes chrétiens. » Montesquieu – « L’esprit des Lois ».
- « La nature a fait une race d’ouvrier, c’est la race chinoise (...) une race de travailleur de la terre, c’est le nègre (...) une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne. » Ernest Renan – « Discours sur la nation ».
- « L’égalité des noirs ! Balivernes ! Pendant combien de temps encore, sous le gouvernement d’un Dieu assez grand pour créer et diriger l’univers, y aura-t-il des fripons pour colporter, et des imbéciles pour reprendre, des propos d’une démagogie aussi basse. » Abraham Lincoln, président des USA.
- « L’infériorité intellectuelle des noirs est génétique. Le nombre de gènes de l’intelligence chez les Noirs est inférieur à celui des Blancs. » Arthur R. Jensen, psychiatre américain.
- « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures » Jules Ferry.
- « La plus stupide, la plus perverse, la plus sanglante des races humaines », « Aucun progrès, aucune invention, aucune pitié, aucun sentiment », « La couleur noire, la couleur des ténèbres est braiment le signe de leur dépravation ». Michiels, « La vie des nègres en Afrique ».
- « Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire qui date du commencement dans la mémoire humaine : L’Afrique n’a pas d’histoire » Victor Hugo – Discours le 18 Mai 1879.
- «
Nous avons un devoir moral envers ces peuples… C’EST NOUS QUI LEUR AVONS
APPORTE LA CIVILISATION … » Edouard Balladur (1994 au cours d’une émission
télévisée … quelques temps après le début des massacres au Rwanda).
Horrifiés ? Il y
a de quoi ! D’autant lorsque l’on détient les preuves indubitables de la
contribution des Noirs de tous horizons à l’évolution des sciences, au
développement de l’humanité, à l’amélioration des conditions d’existence. Pourtant
aucune trace ne subsiste des inventeurs et savants noirs dans la presse
scientifique, les manuels scolaires ou les dictionnaires relatifs aux grandes
inventions. Tout d’abord parce qu’à une certaine époque s’est très vite posée
la problématique des dépôts de brevets et qu’ils ont été contraints de s’arranger
avec leurs maîtres. L’excellence des « cerveaux » noirs est devenue
tellement « dangereuse » pour le Blanc qu’en 1858 un avocat, Jeremiah
S. Black, a fait voter une loi qui interdisait aux esclaves de déposer des
brevets. Par ailleurs, des instructions avaient été données en haut lieux pour
qu’aucune banque ne finance un inventeur noir.
Quoiqu’il en soit la
vérité finit toujours par ressurgir et, même si les maîtres se sont enrichis
sur le dos des pauvres esclaves, il demeure aujourd’hui une juste reconnaissance
des travaux effectués par ces génies noirs. Voici une liste non exhaustive des
inventions à mettre au crédit de la recherche des Noirs :
LA LAMPE
ÉLECTRIQUE : inventée le 13.09.1881 par Joseph V. Nichols et Lewis H.
Latimer.
L’ANTENNE
PARABOLIQUE : inventée le 07 juin 1887 par Granville T. Woods
LA PRODUCTION SUCRIERE AMELIOREE : inventée le 10 décembre par Norbert
Rilleux
L’AIGUILLAGE DES TRAINS : inventé le 31 octobre 1899 par William F. Burr
L’EXCAVATRICE DES POMMES DE TERRE : inventée le 23 avril 1895 par F.J.
Wood
BIDON (JERRICANE) : inventé le 17 février 1891 par Albert C. Richardson
PANNEAU DE PROTECTION DES LITS : inventé le 13 août 1895 par Lewis A.
Russel
MOTEUR A COMBUSTION : inventé le 05 juillet 1892 par Andrew J. Beard
MASQUE A GAZ : inventé le 13 octobre 1914 par Garett A. Morgan
BOUCHE DE SECOURS INCENDIE : inventée le 07 mai 1878 par Joseph R. Winters
LA CHAISE BALANCOIRE : inventée le 15 novembre 1881 par Payton Johnson
CHARPENTE METALLIQUE (DE VOITURE) : inventée le 02 février 1892 par Carter
William
TABLE DE CUISSON A VAPEUR : inventée le 26 octobre 1897 par Carter William
LENTILLES DE PROTECTION DES YEUX : inventée le 02 novembre 1880 par Powell
Johnson
L’ASCENSEUR : inventé le 11 octobre 1867 par Alexander Miles
DISPOSITIF DE COUPLAGES DES VOITURES DE TRAIN : inventé le 10.10.1899 par
Andrew J. Beard
LES MANEGES POUR DIVERTISSEMENT : inventés le 19 décembre 1899 par
Granville T. Woods
LA LANTERNE ou LA LAMPE TEMPETE : inventée le 19 août 1884 par Michael C.
Hamey
LE PIANO MECANIQUE : inventé le 11 juin 1912 par Joseph H. Dickinson
L’AMENAGEMENT DES WAGONS-LITS : inventé le 08 octobre 1870 par John W.
West
LA BALANCE PORTABLE : inventée le 03 novembre 1896 par John W. Hunter
LES W.C ( TOILETTES ) : inventés le 19 décembre 1889 par Jérome B. Rhodes
LE CACHET ET LE TAMPON : inventés le 27 février 1883 par William B. Purvis
LE REFRIGERATEUR : inventé le 14 juillet 1891 par John Stenard
L’INTERRUPTEUR ( LE COMMUTATEUR ) : inventé le 1er janvier 1889 par
Granville T. Woods
LE REVELATEUR PHOTOGRAPHIQUE : inventé le 23 avril 1895 par Clatonia
Joaquin Dorticus
LA MACHINE A COMPOSTER : inventée le 22 juin 1897 par William Barry
LA FONDEUSE-MOULEUSE : inventée le 14 mars 1876 par David A.Fisher
LE BALAI-LAVEUR : inventé le 13 juin 1893 par Thomas W.Steward
LA MACHINE A ECRIRE : inventée le 07 avril 1885 par Lee S. Burridge et
Newman R. Mashman
LE PROTEGE-DOCUMENT : inventé le 02 novembre 1886 par Henry Brown
LE MANCHE D’ENREGISTREUR : inventé le 08 janvier 1918 par Joseph Hunter
Dickinson
LE SYSTEME D’ALARME DES TRAINS : inventé le 15 juin 1897 par Richard A.
Butler
LA TERRINE ou LA MOULE A GLACES : inventée le 02 février 1897 par Alfred
L. Cralle
LE SECHE-LINGE : inventé le 07 juin 1892 par George T. Sampson
LA PEINTURE ET LES COLORANTS : inventés le 14 juin 1927 par George
Washington Carver
LES FREINS DE VOITURE : inventés le 06 août 1872 par John V. Smith
LA MACHINE DE CORDONNERIE : inventée le 20 mars 1884 par Jan E. Matzeliger
LE STYLO PLUME A RESERVOIR : inventé le 07 janvier 1890 par William B.
Purvis
LE TUNNEL POUR TRAIN ELECTRIQUE : inventé le 17 juillet 1888 par Granville
T. Woods
LE FEU DE SIGNALISATION : inventé le 20 novembre 1923 par Garett A. Morgan
LA GUITARE : inventée le 30 mars 1886 par Robert F. Flemmings Jr
LA BOITE AUX LETTRES : inventée le 27 octobre 1891 par Philip B. Downing
LE PEIGNE A CHEVEUX : inventé le 21 décembre 1920 par Walter H. Sammons
LE TROLLEY ELECTRIQUE SUR RAIL : inventé le 19 septembre 1893 par Elbert
R. Robinson
LE FOUET BATTEUR D’ŒUFS : inventé le 05 février 1884 par Willis Johnson
LA TABLE DE REPASSAGE : inventée en 1892 par Sarah Boone
LES ROTATIVES DE PRESSE (imprimerie) : inventées le 17 septembre 1878 par
W.A Lavalette
LE SYSTEME DE SECURITE DES ASCENSEURS : inventé le 02 avril 1895 par James
Cooper
LA BALAYEUSE DES RUES : inventée le 17 mars 1890 par Charles B. Brooks
LE PORTE-BAGAGES DU VELO : inventé le 26 décembre 1899 par Jerry
M. Certain
LES SYSTEMES ET LES APPAREILS TELEPHONIQUES : inventés le 11.10.1887 par
Granville T. Woods
LA TONDEUSE A GAZON : inventée le 09 mai 1899 par John Albert Burr
LES
VITESSES AUTOMATIQUES (des véhicules) : inventées le 06 décembre 1932 par
Richard B. Spikes
LES POUBELLES (bac à ordures) : inventées le 03 août 1897 par Lloyd P. Ray
LA PRESSE A AGRUMES : inventée le 08 décembre 1896 par John T. White
LES PORTES DE SECURITE (pour ponts à bascules) : inventées le 07 octobre
1890 par Humphrey Reynolds
LE THERMOSTAT : inventé le 06 mars 1928 par David N. Crosthwait Jr
LE CADRE DU VELO : inventé le 10 octobre 1899 par Isaac R. Johnson
LE FER A CHEVAL : inventé le 23 août 1892 par Oscar E. Brown
LE LANDAU : inventé le 18 juin 1889 par William H. Richardson
LE PIEGE A RAT AUTOMATIQUE : inventé le 31 août 1881 par Williaù S.
Campbell
LA MOISSONNEUSE-BATTEUSE : inventée le 07 août par Robert P. Scott
LA SELLE DE CHEVAL : inventée par William D. Davis
LE MORS DE CHEVAL : inventé le 25 octobre 1892 par Lincoln F. Brown
LE COUVRE SABOT (pour chevaux) : inventé le 19 avril 1892 par Robert
Coates
LE CONDITIONNEMENT D’AIR (split) : inventé le 12 juillet 1949 par Frederck
M. Jones
LA GACHETTE DE FUSIL (le détonateur) : inventée le 03 mai 1897 par Edward
R. Lewis
L’ARROSOIR DE GAZON : inventé le 4 mai 1897 par Joseph H. Smith
LE TELEGRAPHE DES CHEMINS DE FER : inventé le 28 août 1888 par Granville
T. Woods
LES APPAREILS de TRANSMISSION de messages via l’électricité : inventés le
7 avril 1885 par Granville T. Woods
LE DISPOSITIF DE TRANSFERT des courriers postaux : inventé le 24 mai 1917
par J.C. Jones
EXTINCTEUR DE FEU : inventé le 26 mars 1872 par Thomas J. Martain
LE DISPOSITIF DE TRANSPORT DES FRETS : inventé le 10 octobre 1899 par John
W. Butts
LE LIT PLIANT : inventé le 18 juillet 1899 par L.C. Bailey
LES TRINGLES DES RIDEAUX : inventés le 04 août 1896 par W.S Grant
LE CANAPE-LIT CONVERTIBLE : inventé le 05 octobre 1897 par J.H. Evans
LAVE-VITRES ELECTRIQUES : inventé le 27 septembre 1882 par A.L. Lewis
LA MOISSONNEUSE : inventée le 03 juin 1890 par H.L. Jones
LE DIRIGEABLE : inventé le 20 février 1900 par J.F. Pickering
LA RAMASSEUSE DE COTON : inventée le 05 juin 1894 par Georges W. Murray
LES LUBRIFIANTS DE MOTEUR : inventés le 15 novembre 1898 par Elijah Mc Coy
LA MACHINE DE GRAISSAGE A VAPEUR : inventée le 04 juillet 1876 par Elijah
Mc Coy
BANDE MAGNETIQUE D’ORDINATEURS : inventée le 24 août 1971 par Larry T.
Preston
LA PEDALE DE COMMANDE : inventée le 05 octobre 1886 par Minnis Hadden
ANTENNE DE DETECTION PAR RADARS : inventée le 11 juin 1968 par James E.
Lewis
SUPERCHARGEUR POUR MOTEUR A COMBUSTION : inventé le 03 février 1976 par Joseph
A. Gamell
ENGINS DE LEVAGE et MONTE-CHARGE : inventé le 02 mai par Mary Jane
Reynolds
LA CELLULE ELECTRIQUE GAMMA : inventée le 06 juin 1971 par Henry T. Sampson
LE SYSTEME DE REFRIGERATION (FRIGO et CONGELATEUR) : inventé le 04 novembre
1879 par Thomas Elkins
LA SIGNALISATION (balises d’aéroport, grues, immeubles,...) : inventée le
30 mars 1937 par Lewis WW. Chubb
DOSAGE DE LA MELANINE : à partir de la peau, inventé par Cheikh Anta Diop
LE SHAMPOOING : à partir de
l’arachide, inventé par George Washington Carver
LE VINAIGRE : à partir de l’arachide, inventé par George Washington Carver
LE SAVON : à partir de l’arachide, inventé par George Washington Carver
LA POUDRE DE TOILETTE : à partir de l’arachide, inventée par George
Washington Carver
LA FARINE : à partir de la pomme de terre, inventée par George Washington Carver
L’ENCRE : à partir de la pomme de terre, inventé par George Washington
Carver
LE TAPIOCA : à partir de la pomme de terre, inventé par George Washington
Carver
L’AMIDON : à partir de la pomme de terre, inventé par George Washington
Carver
LE CAOUTCHOUC SYNTHETIQUE : à partir de la pomme de terre, inventé par
George Washington Carver
LA STERILISATION DES ALIMENTS : inventée le 8 février 1938 par Lloyd A.
Hall
MOUSSE IGNIFUGE CONTRE LE FEU : utilisée pendant la 2nd guerre mondiale,
inventée par Percy L. Julian
SYNTHESE DE LA PHYSOSTIGMINE : pour le traitement du glaucome , inventée
par Percy L. Julian
SYNTHESE DE LA PROGESTERONE : inventée par Percy L. Julian
SYNTHESE DE LA CORTISONE : inventée le 10 août 1954 par Percy L. Julian
SYNTHESE ORGANIQUE DE LA PHEROMONE : inventée par Bertram Oliver
Fraser-Reid
SYNTHESE DE L’OLIGOSACCHARIDE : inventée par Bertram Oliver Fraser-Reid
FILAMENT DE CARBONE : pour la lampe à incandescence : inventé le 17
juin 1882 par Lewis Howard Latimer
APPAREIL DE REFROIDISSEMENT et DE DESINFECTION : inventé le 12 janvier
1886 par Lewis Howard Latimer
RHEOSTAT FIABLE : inventé par Granville T. Woods le 13 octobre 1896
TROISIEME RAIL : pour le métro, inventé par Granville T. Woods le 29
janvier 1901
UN FREIN AUTOMATIQUE à AIR COMPRIME : inventé par Granville T. Woods en
1905
UN FREIN ELECTROMECANIQUE : inventé par Granville T. Woods en 1887
UN INTERRUPTEUR AUTOMATIQUE de circuits électriques : inventé par Granville
T. Woods en 1889
UNE COUVEUSE ARTIFICIELLE : inventé par Granville T. Woods en 1890
PACEMAKER (régulateur pour stimulateur cardiaque) : inventé par Otis Boykin
OPERATION A CŒUR OUVERT : inventé par Daniel Hale Williams le 9 juillet
1893
TEST DE DEPISTAGE DE LA SYPHILIS : inventé par William A. Hinton en 1936
TRAITEMENT des MALADIES VENERIENNES (avec l’auréomycine) : inventé par
Louis Tompkins Wrigh
CONSERVATION DU SANG : inventé par Charles Richard Drew
LA POLYTHERAPIE (utilisation de la chimiothérapie contre le CANCER) : inventée
parJane Cooke Wright
TRANSPLANTATION du REIN (2ieme au monde) : par Samuel L. KOUNTZ
CONSERVATION du REIN (durant plus de 50 heures) : par Samuel L. KOUNTZ
ANTIDOTE contre les SURDOSES de BARBITURIQUE : inventé par Arnold Hamilton
Maloney
MACHINE A MONTER LES EMPEIGNES (soulier) : inventé par Jan Earnst
Matzeliger
FIXATEUR POUR CHEVEUX : inventé par Garrett A. Morgan
ANEMOMETRE : inventé par Philip G. Hubbard
CAMERA-SPECTROGRAPHE (transporté par Apollo 16) : inventé par George R.
Carruthers
George Washington Carver
A
la lecture de cette liste qui est loin d’être complète, on se rend bien compte
de l’importance de la communauté noire de toutes origines dans notre société. Lorsque
l’homme blanc prétend par ses études détenir la preuve de sa suprématie, l’homme
noir peut lui répondre qu’Ernest Everett Just (1883-1945), éminent pionnier
noir dans le domaine de la recherche sur le fonctionnement des cellules, de la
génétique et de l’embryon, était un brillant scientifique dont les expériences
auraient pu se révéler encore plus utiles si les Blancs n’avaient pas concouru
à abréger son existence.
Lorsque
des propos négrophobes veulent détruire pitoyablement les aptitudes
intellectuelles d’un individu noir en prétendant qu’il est incapable d’évoluer,
je ne citerai que l’exemple de Philipp Emeagwalli, né en 1954, originaire du
Nigéria, titulaire de 3 maîtrises et d’1 doctorat en Sciences de l’informatique,
génie maritime, génie civil et environnemental, mathématiques appliquées, qui a
son actif 6 droits d’invention en Sciences informatiques. Surnommé le « Bill
Gates de l’Afrique », il a inventé l’ordinateur de calcul le plus rapide
au monde en 1989.
Les
siècles écoulés ont laissé également l’empreinte de grands écrivains issus de
la communauté noire : les Afro-Américains, Phillis Wheatley (qui fut la 1°
femme noire à être publiée dès 1773), Olaudah Equiano (dont les écrits datent
de 1789), Frederick Douglass (auteur d’une autobiographie poignante) WEB Du
Bois (Les âmes du peuple noir), Booker T. Washington (Up from slavery), Richard
Wright (Black boy), Ralph Ellison (auteur du magnifique « Homme invisible
pour qui chantes-tu ? »), Alex Haley (et son émouvant « Racines ») mais
également de merveilleux francophones tels que David Diop, Aimé Césaire,
Léopold Sedar Senghor, Léon Gontran Damas, Birago Diop, René Maran, Guy Tirolien.
Il ne faut pas non plus omettre de citer quelques très belles plumes africaines
comme : les Camerounais, Gaston Kelman, Ferdinand Oyono, Mongi Beti,
Calixte Beyala ; les Ivoiriens, Jean-Marie Adiaffi, Paul Yao Akoto, Isaie
Biton Koulibaly, Ahmadou Kourouma, Tidiane Dem, Aké Loba ; les Maliens,
Doumby Fakoly, Seydou Badian Kouyaté, Pascal Baba Couloubaly, Adame Ba Konaré,
Massa Makan Diabaté ; les Nigérians, Chinua Achebe et Ken Saro Wiwa ;
les Sénégalais, Cheikh Hamidou Kane, Cheikh Anta Diop, Ousmane Sembène, El
Hadji Amadou Dème.
Pour
conclure ce juste hommage rendu au peuple noir je terminerai en citant l’élite
c’est-à-dire ceux qui grâce à leur action ou leur œuvre ont reçu un prix Nobel :
- Ralph
Bunche (USA) – 1950 – Prix Nobel de la Paix – Premier Noir à recevoir cette
distinction.
- Albert
John Luthuli (Afrique du Sud) – 1960 – Prix Nobel de la Paix – Premier Africain
à recevoir le Nobel.
- Martin
Luther King (USA) – 1964 – Prix Nobel de la Paix – Le plus jeune élu pour le
prix Nobel de la Paix.
- Sir
William Arthur Lewis (Ste Lucie) – 1979 – Prix Nobel d’Economie – Premier Noir
à recevoir un Nobel autre que celui de la Paix.
- Desmond
Tutu (Afrique du Sud) – 1984 – Prix Nobel de la Paix
- Wole
Solyinka (Nigéria) – 1986 – Prix Nobel de Littérature – Premier Noir à recevoir
ce prix.
- Derek
Walcott (Ste Lucie) – 1992 – Prix Nobel de Littérature
- Toni
Morrison (USA) – 1993 – Prix Nobel de Littérature – Première femme noire à
recevoir cette distinction.
- Nelson
Mandela (Afrique du Sud) – 1993 – Prix Nobel de la Paix.
- Kofi
Annan (Ghana) – 2001 – Prix Nobel de la Paix
- Wangari Maathai (Kenya) – 2004 – Prix Nobel de la Paix – Première femme africaine à recevoir le Nobel.
Pendant
très longtemps, l’esprit dominateur des Blancs s’est échiné à vouloir
cloisonner l’espèce humaine en 4 races (blanche, noire, jaune et rouge) se
positionnant vaniteusement en haut d’une échelle de l’évolution : les Blancs
appartiennent à la race pure par excellence, les autres ne sont que des
sous-catégories. Aujourd’hui, les progrès remarquables effectués dans la
science du génome permettent des conclusions toutes autres. Une étude génomique
récente sur 938 individus issus de 51 ethnies concluent qu’il existe 7 groupes
biologiques parmi les hommes : les Africains subsahariens, les Européens,
les habitants du Moyen-Orient, les Asiatiques de l’Est, les Asiatiques de l’Ouest,
les Océaniens et les Indiens d’Amérique. Le chercheur Howard Cann, de la
fondation Jean-Dausset, cosignataire du projet, précise : « Tous les
hommes descendent d’une même population d’Afrique noire, qui s’est scindée en 7
branches au fur et à mesure du départ de petits groupes dits fondateurs. Leurs descendants
se sont retrouvés isolés par des barrières géographiques (montagnes, océans…),
favorisant ainsi une légère divergence génétique ».
Quant
à la prétendue supériorité intellectuelle des Blancs sur les Noirs soi-disant
fondée sur des critères génétiques, elle vole en éclat car désormais une
évidence s’est faite : nous sommes tous noirs et les scientifiques ont
enfin compris que le paramètre qui brouille les pistes est l’influence de la
culture.
Pour tous ceux qui, comme moi, sont écoeurés par les théories racistes de savants en mal de reconnaissance auxquels ils ne demeurent que la couleur de la peau comme unique argument de suprématie en guise de victoire, par les propos négrophobes d’intellectuels tellement peu inspirés qu’ils se rabaissent à humilier leurs congénères afin de se sentir plus importants, il existe désormais la confirmation qu’il n’y a pas plus égaux que les humains. L’homme n’appartient qu’à une seule race, qu’on se le dise une bonne fois pour toute !
En
guise de conclusion je souhaiterais citer un auteur malien que j’adore par dessus
tout : Amadou Hampâté Bâ (1900-1991) qui, lors d’un discours à l’UNESCO en
1960, a offert cette magnifique réplique : « En Afrique, quand un
vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Descendant d’une
famille peule noble, Amadou Hampâté Bâ a consacré son existence à transcrire
par écrit les traditions orales de l’Afrique de l’Ouest. Je recommande tout
particulièrement son excellent ouvrage « Il n’y a pas de petites querelles… »,
délicieux recueil de contes peules.
« Les peuples de race noire n’étant pas des peuples d’écriture ont développé l’art de la parole d’une manière toute spéciale. Pour n’être pas écrite, leur littérature n’en est pas moins belle. Combien de poèmes, d’épopées, de récits historiques et chevaleresques, de contes didactiques, de mythes et de légendes au verbe admirable se sont ainsi transmis à travers les siècles, fidèlement portés par la mémoire prodigieuse des hommes de l’oralité, passionnément épris de beau langage et presque tous poèmes ! » Amadou Hampâté Bâ, 1985.
Amadou Hampâté Bâ
17 novembre 2008
DES MILLIONS D'ENFANTS AFRICAINS VICTIMES DE LA VIOLENCE
L’Afrique
subsaharienne abrite 10% de la population mondiale mais enregistre également
des taux record en matière de mortalité infantile puisque 50% des enfants
décèdent avant d’atteindre l’âge de 5 ans. Cela signifie que la mortalité des
enfants de moins de 5 ans est de 165 décès pour 1 000 naissances contre 6
décès pour 1 000 naissances vivantes dans les sociétés occidentales.
Donc, déjà victime
d’une entrée dans l’existence des plus difficiles, d’une lutte permanente tant
son environnement est défavorable à sa survie, l’enfant africain doit, de
surcroît, affronter la violence.
Depuis 1991, le 16
Juin est la Journée mondiale de l’Enfant Africain. Consciente que la violence
est un véritable fléau pour l’enfant en Afrique, de nombreuses organisations
dont l’Unicef milite pour un cadre protecteur.
En effet, que ce soit
au sein même des familles, à l’école, dans les structures d’accueil, sur
l’ensemble du continent africain, les enfants font face à la violence physique,
émotionnelle et sexuelle. Menaces des gangs, agressions, assassinats, pour les
enfants des rues. Exploitation et abus divers pour les enfants travailleurs.
Pratique de l’excision sur environ 3 millions de femmes et de filles chaque
année, mettant en péril leur vie ainsi que celle de leur bébé lors de
l’accouchement. Trafic de milliers d’enfants tous les ans en Afrique de l’Ouest
et centrale.
Des milliers
d’enfants sont contraints de vivre au milieu des conflits armés, subissent une
extrême pauvreté et sont atteints par le VIH/sida. En République Démocratique
du Congo des centaines de milliers d’enfants et de femmes sont victimes de
violences sexuelles. Au Kenya 46% des femmes ont supporté des actes de violence
sexuelle au cours de leur enfance et 25% des filles entre 12 et 24 ans ont
perdu leur virginité de manière violente.
Ces exemples ne sont
qu’une infime partie des horreurs vécues au quotidien. Par peur des
représailles de nombreux cas ne font l’objet d’aucune poursuite.
Pire. Si la femme ou
la gamine violée dénoncent son agression aux autorités, elles sont
systématiquement condamnées à la lapidation. Tel le cas d’Aisha Ibrahim
Dhuhulow, une Somalienne jugée coupable d’adultère par un tribunal islamique a
été enterrée vivante jusqu’au cou, puis lapidée à mort par 50 hommes dans la
ville portuaire de Kismayo, dans le sud du pays. Les Djihadistes prétendaient
que la femme était consentante ayant elle-même demandé sa condamnation. Il
s’agissait en fait d’une jeune fille de 13 ans qui a subi une mort horrible
alors qu’elle venait de signaler avoir été violée par 3 hommes !
Trop souvent les
systèmes en place ferment les yeux sur le calvaire des enfants qui grandissent
dans l’oubli et l’indifférence, portant toute leur vie les stigmates de la
souffrance physique endurée, les traces psychiques et émotionnelles indélébiles
encrées au plus profond d’eux-mêmes. Telles ces fillettes de moins de 10 ans
mariées contre leur gré et abusées sexuellement par des hommes pervers qui sont
4 à 5 fois plus âgés qu’elles. Tels ces enfants ballotés dans l’indifférence des
structures polygames où le mâle collectionne les épouses mais est totalement
incapable de subvenir aux moindres besoins de toute la lignée qu’il a
engendrée.
Dès leur plus tendre
enfance les gamins africains perdent tout point de repère car ils sont abandonnés
à devoir se débrouiller seuls le plus tôt possible. Le risque dans de tels
scénarios est la reproduction d’un schéma identique lorsqu’ils atteignent l’âge
adulte. L’exposition à la violence favorise la participation à des actes de
violence car, par l’accoutumance au vécu, il y a banalisation de la situation
qui en devient à être considérée comme normale.
Pour éradiquer les
violences commises sur les enfants en Afrique, il faudrait avant tout lutter
contre la violence dans ses différents contextes. Nombre de pays africains
souffrent de pauvreté, de la guerre, de maladies et d’urbanisation croissante
qui tendent à aggraver les violences contre les enfants.
Au sein des
structures familiales, la législation est très limitée. Les châtiments
corporels font le plus souvent partie d’une conception de valeurs et ils sont
jugés et transmis comme étant « normaux » par la conscience
collective. C’est ainsi que 62% des enfants tanzaniens vivant dans les rues ont
invoqué les disputes familiales, la cruauté des beaux-parents ou les violences
comme raison de leur départ du foyer.
De nombreux
témoignages, essentiellement de jeunes filles, rapportent la pratique courante
de violences sexuelles qui passent souvent inaperçues, fortement sous notifiées
et mal prises en charge car entourées d’une culture du silence et de l’opprobre.
Hélas, d’une manière générale, les violences commises au sein des familles
restent peu révélées donc il est difficile d’en connaître les causes et l’ampleur.
En 2002, une étude indépendante effectuée pour le Secrétaire général des
Nations Unies révélait que 150 millions
de petites filles et 73 millions de petits garçons avaient été forcés d’avoir
des rapports sexuels ou avaient subi d’autres formes de violences sexuelles au
sein de la famille en Afrique. Au moins 50% des filles en Afrique subsaharienne
n’ont pas terminé le cursus primaire car la pauvreté de leur milieu engendre un
parti pris en faveur des garçons. Hélas leur manque d’éducation alimente un
cercle vicieux car leur ignorance les expose à des violences sexuelles.
Maintes sociétés d’Afrique ont leurs propres pratiques
et coutumes qui appartiennent à un système de valeurs et de socialisation des
enfants. Toutefois il s’avère que certaines sont contraires à la Convention
relative des Droits de l’enfant comme l’excision et le mariage précoce.
Des pays comme la
Guinée, la Mauritanie ou le Mali montrent des taux de prévalence de l’excision
très élevés compris entre 71 et 99%. Chaque année ce sont quelque 3 millions de
filles qui subissent une mutilation génitale féminine. En Ethiopie, par
exemple, 80% des femmes et filles âgées de 15 à 49 ans sont excisées. L’excision
est une atteinte à l’intégrité physique du corps de la jeune fille et a des
effets néfastes sur sa santé et son équilibre mental. L’interdiction de cette
pratique commise la plupart du temps sur des fillettes de moins de 4 ans a créé
une véritable polémique que les intervenants tentent d’éradiquer en menant une
campagne de sensibilisation et de persuasion.
Les mariages précoces
sont également très répandus sous couvert de la tradition, les parents
justifiant cette coutume comme un moyen de préserver la virginité des jeunes
filles, alors que globalement il s’agit juste d’une stratégie de survie
économique pour les familles pauvres qui reçoivent ainsi une dote en échange de
leur enfant. Plongées dans la détresse et l’abandon, éloignées de toutes
informations relatives à la contraception, de nombreuses jeunes filles sont
victimes de grossesses précoces entraînant de graves conséquences sur leur
santé. En effet, les adolescentes de 15 à 19 ans ont 2 fois plus de risque de
mourir en accouchant et 5 fois plus chez les moins de 15 ans. La lutte pour
réprimer cette pratique est d’autant plus difficile qu’elle s’inscrit dans un
cadre traditionnel où il est quasi impossible de poursuivre les responsables et
que, par ailleurs, il n’y a pour ainsi dire aucun contrôle de l’âge des enfants
compte tenu du faible enregistrement des naissances.
Un autre phénomène,
typique à l’Afrique, est un fléau pour les enfants : celui des enfants
dits « sorciers ». Au Bénin, au Gabon, au Nigéria, au Libéria, au
Cameroun et en République Démocratique du Congo, notamment, des enfants
désignés comme sorciers dès la naissance seulement par rapport à la façon dont
ils naissent peuvent être purement et simplement « éliminés » par des
dignitaires de la tradition. Le plus souvent ils sont chassés de leur famille,
abandonnés à la rue ou placés dans des centres de rééducation, victimes d’abus
et de mauvais traitements voire de torture pouvant aboutir à leur mort. Des
actions entreprises par les gouvernements et associations visent à changer les
comportements mais, à l’heure actuelle, ce ne sont que trop peu de communautés
qui ont accepté d’abandonner officiellement ces pratiques traditionnelles
néfastes.
Par ailleurs ce sont
des milliers d’enfants qui sont devenus vulnérables avec la pandémie du VIH/
Sida. Ces enfants se retrouvent dans une forte détresse psychologique aggravée
par la stigmatisation et les discriminations dont les conséquences sont l’exclusion
de la communauté, de l’école, de l’accès aux soins. Leurs conditions d’existence
sont extrêmement difficiles. Sans ressources et protection, ils courent le
risque d’être exploités économiquement ou sexuellement ou de se retourner vers
les chemins de la prostitution et de la délinquance.
Depuis 2 décennies, à
la faveur de la paupérisation grandissante des familles et d’un système
éducatif incapable de retenir les enfants, ce sont environ 48 millions d’enfants
âgés de 5 à 14 ans qui sont contraints d’exercer une activité économique en
Afrique, soit 29% de la population enfantine. Plus grave : les enfants
sont très souvent déplacés pour exploiter leur force de travail dans la
domesticité, les emplois industriels non réglementés, les chantiers de
construction et l’exploitation sexuelle à des fins commerciales. Ils sont
généralement astreints à effectuer des travaux dangereux pouvant entraîner la
mort ou des lésions physiques irréversibles. Les enfants, essentiellement les
filles, qui travaillent derrière les portes closes de maisons privées sont
particulièrement exposées aux violences puisqu’elles sont commises à l’insu du
monde extérieur. Les violences encourues par ces enfants sont souvent
terrifiantes mais, hélas, il est très périlleux de les retirer en toute sécurité.
Comme il est ardu de
lutter contre les violences subies à l’école. En dépit parfois de textes de
lois, force est de constater que l’utilisation de châtiments corporels au sein
des établissements scolaires est monnaie courante. De surcroît les filles sont
également exposées aux violences sexuelles des enseignants qui exercent un
chantage sur les notes. Aujourd’hui, même si des sanctions sont mises en place dans
certains pays contre les maîtres qui commettent de tels actes, il demeure toujours
la crainte de dénoncer. De plus, certains maîtres coraniques transforment un
processus légitime d’éducation religieuse en un phénomène d’exploitation
économique des enfants mais, avec l’urbanisation et la paupérisation des
familles, on assiste à un détournement de l’enseignement coranique.
Le dernier motif qui
affecte durablement la vie psychologique et sociale des enfants n’est pas le
moindre puisque ce sont les innombrables conflits armés dans lesquels les
enfants sont parachutés. La guerre militaire ou civile, par essence même, est
synonyme de violence et de barbarie. Les enfants sont endoctrinés dans une
culture de violence et éprouvent par la suite d’immense difficultés à s’adapter
à un processus de paix car ils sont « désensibilisés ».
Au terme de cet état des lieux désespérant sur les conditions d’existence des enfants en Afrique, il serait tout de même honnête d’avouer que des actions sont menées depuis plusieurs années pour créer un environnement protecteur conforme à la Convention des Droits de l’Enfant. Les efforts développés sont constants que ce soit de la part des gouvernements ou des associations. Malheureusement les changements ne peuvent se faire du jour au lendemain et les violences sont aussi le reflet du manque d’un cadre de référence sur les droits humains. Dans des communautés aux organisations et coutumes souvent archaïques, pêchant majoritairement par manque d’instruction, les enfants, comme les femmes, sont déconsidérés, exploités et violentés par une masse d’hommes qui reproduisent le schéma dans lequel ils ont grandi. En fait c’est toute une vision de sa société que l’homme africain doit métamorphoser s’il espère être considéré un jour comme un Homme à part entière aux yeux du reste du monde.
15 novembre 2008
LA REALITE DES NOIRS
Dans un entretien
exclusif à paraître dans le Figaro Magazine du Samedi 15 Novembre 2008,
Monsieur Pierre N’Gahane, en loyal serviteur de la République, voit dans sa
nomination «l’aboutissement d’un parcours réussi». Compte tenu de
sa position, il nie bien évidemment l’impact de la victoire de Barack Obama sur
sa promotion et affirme que son « exemple peut donner à des gens le
sentiment qu’en y mettant du sien, en s’engageant dans la société et en faisant
confiance à l’ascenseur social, on peut y arriver ». Par ailleurs,
Monsieur N’Gahane avoue que "la notion de quotas est gênante" : il
faut d’abord privilégier la compétence des personnes ».
Pour ma part j’aimerais
ajouter que si la nomination de Monsieur N’Gahane est effectivement le
couronnement d’une carrière professionnelle bien menée, une accession à un
poste qui lui était prédestiné depuis sa titularisation du 20.09.2008, il n’en
demeure pas moins qu’il ne faut pas non plus sombrer dans la naïveté.
En effet, nombre de
ses frères de couleur désirent profondément parvenir à un certain statut
social, suivent des parcours d’études brillants, travaillent avec acharnement
et sont des individus des plus respectables sans pour autant pouvoir profiter d’un
quelconque ascenseur social si ce n’est l’escalier de leur immeuble !
Comme je l’ai écrit
précédemment dans le premier article de « France de Noirs », il est
indiscutable que nombreux sont ceux à être dotés d’aptitudes qui ne seront
jamais reconnues quel que soit leur domaine de prédilection, uniquement à cause
de la couleur de leur peau.
Comme le cas de cet
homme, un Français d’origine togolaise, âgé de 43 ans, disposant de 5 diplômes
universitaires de comptabilité et finances, qui est confiné au rang d’employé d’accueil
alors que certains de ses collègues d’origine européenne, arrivés en même temps
que lui (vers 1990) et à un niveau comparable voire inférieur, sont aujourd’hui
cadres.
Monsieur N’Gahane
trouve gênante la notion de quotas car ce qui est primordial est la
reconnaissance des compétences de l’individu. Ne nous voilons pas la face :
à formation équivalente, à expérience similaire, le «Blanc»
remportera toujours la palme sur l’être de couleur dans les sociétés
occidentales.
Il suffit d’envisager
quelques exemples simples, témoins des mentalités figées dans l’immobilisme et
les préjugés, pour adhérer à cet argument. Combien d’esprits « blancs »
assez éclairés oseraient envisager d’installer un homme noir sur le trône de
Saint Pierre au Vatican ? Quand les Chrétiens, des gens de bonne foi,
accepteront-ils de réviser l’image du Christ affichée dans leurs manuels et
leurs églises ? Il est pourtant évident que, étant donné ses origines et
son lieu de naissance, Jésus de Nazareth ne soit pas aussi «blanc»
que tel qu’il est représenté !
Soyons lucides, les pensées
des anciens maîtres du monde, ces Européens du Siècle des Lumières, ne sont pas
encore prêtes à vraiment changer en octroyant à chacun la place, les droits et
les privilèges qui lui reviennent légitimement.
Aux côtés de la
propagande officielle subsistent des fossés qui séparent toujours le rêve, un
idéal, de la réalité, un monde impitoyable.
Aujourd’hui Barack
Obama est élu aux USA et Monsieur Pierre N’Gahane devient préfet des Alpes de
Haute Provence. C’est le rêve. Toutefois, aux Etats-Unis, le chômage des Noirs
est le double de celui des Blancs, le revenu moyen d’un Noir stagne depuis 30
ans à 60% de celui d’un Blanc et il y a 4 fois plus de foyers noirs vivant sous
le seuil de la pauvreté. En France, 61% de la population noire avoue être
victime d’actes racistes au moins une fois par an et une enquête récente révèle
que 18% de refus d’embauche sont liés à la couleur de leur peau. Ca c’est la
réalité !
FRANCE DE NOIRS
Le gouvernement français a nommé, Mercredi 12 Novembre 2008,
Monsieur Pierre N’Gahane nouveau préfet des Alpes de Haute Provence. Agé de 45
ans, Monsieur N’Gahane était auparavant préfet délégué à l’égalité des chances
de la région Provence Alpes Côte d’Azur. Jusqu’ici l’information est anodine.
Une nomination, une de plus, dans la valse des hauts fonctionnaires. Une
promotion, bravo à l’heureux élu car la valeur de son travail est décemment
reconnue. Naturellement il y a de tout cela dans le choix de Monsieur N’Gahane.
Mais il y a un petit quelque chose en plus auquel je ne peux m’empêcher de
penser. Tout d’abord plusieurs journaux ou articles Internet ont titré :
« Nouveau préfet noir en France ».
Bien sûr que Monsieur N’Gahane détient cette infime
« particularité » qu’il ne fallait surtout pas omettre de faire
remarquer. Dans le sillage de l’élection de Barack Obama, 8 jours exactement
après sa victoire, il eut été stupide que le gouvernement ne se fasse pas un
peu de bonne pub en nommant une personne de couleur pour un poste à hautes
responsabilités et que surtout les médias oublient de mentionner que la France
aussi applique pleinement une saine politique de l’égalité des chances. Il est
effectivement essentiel d’insister sur la couleur de peau d’un individu lorsque
ce dernier bénéficie d’une promotion. Comme il est fortement recommandé
d’appuyer sur les origines camerounaises de Monsieur N’Gahane afin que le
lecteur comprenne bien que l’Etat français n’octroie pas seulement une chance à
un Français à la peau sombre mais également à un homme né en Afrique.
Mais combien ont relaté que l’heureux élu est docteur en
sciences de gestion et qu’il avait été vice-président de l’université
catholique de Lille ? Qu’il était issu d’une famille de 7 enfants, que son
père avait été inspecteur des impôts, qu’il est né à Yaoundé et n’est arrivé en
France qu’à 20 ans, après avoir obtenu un baccalauréat scientifique ? Que
son objectif initial n’était que d’étudier pendant 4 ou 5 ans en France puis de
retourner dans son pays ? Que dès son arrivée il a été témoin d’actes
racistes, que choqué il avait décidé de rentrer mais que sa famille l’a
persuadé du contraire ? Combien ont rapporté que c’est la crise économique qui a sévi dans la seconde
moitié des années 80 en Afrique qui l’a contraint à demeurer sur notre
sol et à soutenir une thèse de doctorat en sciences de gestion à
l’université catholique de Lille où, par la suite, il est devenu maître de
conférences ? Combien ont stipulé qu’en 1996, à 33 ans, il est nommé doyen
de la faculté libre des sciences économiques de l’université catholique et
qu’en 1997 il en est le vice-président ? Très brièvement, quelque part… Ce
n’était pas primordial ! Puis de rectifier que Monsieur N’Gahane n’était
pas le premier « Noir » à accéder à un tel poste, que des préfets
antillais l’avaient précédé mais qu’il était le premier d’origine étrangère.
Comme par hasard ! Au lendemain du choix de Barack Obama (pour moitié
d’origine kényane) le gouvernement n’avait qu’un candidat d’origine
camerounaise à féliciter et donc promouvoir ? Non que je dénigre les
qualités de Monsieur N’Gahane, loin s’en faut, mais que je suppute que les
dirigeants ont voulu se servir de ses compétences pour démontrer qu’ils étaient
tout aussi tolérants que les Américains face à l’urne.
Naturellement on va nous bassiner les oreilles sur l’égalité
des chances… L’égalité des chances, grande cause nationale pour l’année
2006 : une charte de la diversité, un Grand Prix de la diversité 2006 en
entreprise, un collectif d’associations présidé par Daniel Picouly, des grandes
actions à mener dans les domaines de l’emploi, de l’éducation, du logement et
de la politique de la ville, lutte contre les discriminations, pour la parité
hommes/ femmes, démarches en faveur des handicapés… Des paroles, des paroles,
et fin 2008 la France en est toujours au même stade : les médias font un
gros titre du choix d’UN préfet à la peau noire d’origine camerounaise !
Pour combien d’oubliés ?
Même Monsieur Azouz Begag qui a été ministre délégué à la
promotion de l’égalité des chances du 02.06.2005 au 05.04.2007 sous le
gouvernement de Monsieur Dominique de Villepin évoque dans son essai « Un
mouton dans la baignoire » sa difficile adaptation à la vie
gouvernementale ainsi que les déboires qu’il a connus à son poste.
Même Madame Rama Yade-Zimet admet dans un entretien qu’elle a
accordé à la sortie de son ouvrage « Noirs de France » que l’on
« peut faire semblant de croire, comme on le fait depuis 30 ans, que le
modèle traditionnel d’intégration marche pour les Noirs. On peut aussi tourner
autour du pot avec des concepts aussi creux que l’égalité des chances qui n’ont
pas fait avancer les choses d’un iota ».
La France compte à peu près 64 millions d’habitants. La
population originaire d’Afrique noire est estimée à environ 5 millions soit 9%
de la masse totale (12.4% d’Afro-américains aux USA en comparaison). Les
DOM-TOM, majoritairement noirs, représentent environ 2 600 000 âmes.
Notre pays comporte donc environ 7 500 000 personnes de couleur noire
soit 12% de la population globale.
Parmi toutes ces personnes il s’y trouve sans aucun doute des
acteurs valeureux, des grands comiques, des excellents chanteurs, des
journalistes talentueux, des politiciens et politiciennes motivées, des inventeurs
de génie, des stylistes novateurs, des écrivains inspirés… Des êtres ordinaires
dotés de dons qui auraient du leur ouvrir indubitablement les portes d’une
certaine notoriété s’ils n’avaient pas été noirs ! Où Sont nos Barack
Obama, nos Will Smith, Denzel Washington, Forrest Whitaker, Don Cheadle, Jamie
Foxx, Eddy Murphy, Oprah Winfrey, Beyonce, Alicia Keys, Jay-Z, Kanye West,
Akon, Ahmad Rashad ?...
Alors qu’une agence d’études et de conseils en marketing et
communication mène des enquêtes de marché et des sondages auprès des
populations afro-françaises, signe que ces personnes représentent un panel non
négligeable en parts de marché, la France « oublie » de leur rendre
un digne hommage en les intégrant au sein de ses VIP. Aucune série télévisée
n’invite de héros de couleur avec un rôle digne de ce nom, aucun film français
n’est capable d’offrir une tête d’affiche à un Noir. Hormis Harry Roselmack et
Audrey Pulvar, pas un seul visage « bronzé » dans la mire du petit
écran !
Par contre dans le milieu sportif, nul n’oublie les aptitudes
physiques des Noirs et on n’hésite pas un instant à naturaliser vite fait bien
fait n’importe quel Africain apte à nous fournir une médaille ou un titre.
Tandis que son frère de misère inapte à courir derrière un ballon ou incapable
de briller avec une raquette devra ramer pendant des mois pour potentiellement
espérer obtenir un titre de séjour à durée de vie limitée voire très limitée,
gagnera la chance de travailler comme agent de sécurité et de vivre dans un
foyer Adoma ou un appartement miteux dans une ZUP.
L’égalité des chances. Une utopie pour des milliers de gens
de couleur qui croient vraiment que la France, dont naguère ils étaient une
colonie, est un eldorado où s’offrira enfin pour eux un espoir de vivre debout.
Ils rêvent à la France de Yannick Noah, une des personnalités préférés des
Français, à celle de Zinedine Zidane ou de Thierry Henry mais ils ne savent pas
encore qu’ici Barack Obama est un mythe, une légende vivante, un de leurs
frères élu dans un pays très lointain, un héros qui, comme tous les héros,
peuplent les livres d’Histoire et d’histoires et seulement ceux-là…
02 novembre 2008
REPERCUSSIONS DE LA CRISE BOURSIERE SUR L'AFRIQUE
L’information
peut-elle engendrer des conséquences fâcheuses sur l’individu ? Depuis
longtemps je suis une adepte de l’information à outrance car, via tous les
moyens mis à notre disposition (journaux, magazines, ouvrages, télévision et
Internet), l’homme dispose de supports complets lui permettant d’accéder à une
source intarissable de connaissances. En permanence il peut ouvrir son esprit
et recevoir images, témoignages, rapports, documentaires… Et je suis une boulimique en matière de savoir ! Toutefois, depuis plusieurs jours, je
ressens comme un malaise profond en moi lorsque j’accède à l’information.
Balancé dans un univers rongé par les guerres, la famine, la violence, la
pollution et le chômage, l’individu détient désormais une raison supplémentaire
d’envisager son avenir d’un œil plus que négatif : la crise financière
internationale. Et la sur-médiatisation de l’événement ne fait qu’amplifier son
inquiétude. La multiplication exagérée de gros titres, d’articles, de débats,
de chroniques sur les pages électroniques relatant de la question nourrissent
nos pensées jusqu’à l’overdose ! Naturellement que nous sommes conscients
qu’un cataclysme géant s’abat sur les bourses de la planète car une
catégorie de paresseux avides de gains faciles a voulu s’en mettre plein les
poches en jouant aux traders comme, hier encore, ils s’éclataient dans leur salon avec leur
manette de console ! Bien sûr que nous sommes avertis que la surenchère de
certaines valeurs n’a été uniquement générée que pour assouvir la cupidité de ces complices du diable sans scrupules, que
nombre de banques américaines ont accordé des prêts immobiliers tous azimuts et
ce pour mieux relever ultérieurement leur taux et jeter ainsi sans vergogne des
centaines de foyers à la rue en leur saisissant leur logis ! Compte tenu
de la masse de propos nous assommant en permanence de toute part, il est clair
que nous sommes incapables d’échapper à la cruelle réalité ! L’envie d’en
finir une bonne fois pour toute doit même traverser la raison des plus fragiles
d’entre nous !
Toutefois, quelle que
soit l’intensité du marasme actuel, deux détails m’ont choquée :
- Les journalistes, consultants économiques et responsables politiques sont
d’accord sur un point : l’argent ne manque pas, l’épargne est florissante,
les capitaux sont seulement « gelés » sur les comptes des
particuliers. Cette révélation implique donc que les banques, fauchées comme
les blés, spéculent uniquement avec les fonds de leurs clients, se faisant des
bénéfices dans leur dos ainsi que sur celui de ceux qu’elles accablent de frais
en tout genre appliqués au moindre dérapage. La morale de cette histoire est
qu’il est permis aux banques d’utiliser comme bon leur semble l’argent qui ne
leur appartient pas, donc qu’elles ne possèdent pas, en toute impunité, que
cela leur revient à émettre des « chèques en bois » mais que ce même
comportement est interdit pour le particulier ! Faites ce que je dis mais
pas ce que je fais !...
- Et les plus pauvres dans tout ce bazar ? Oubliés, à la trappe ! Comme
d’habitude… Il est de rigueur de se soucier de la récession qui fera
inévitablement suite à cette crise, de la perpétuelle baisse du pouvoir
d’achat, des séjours de vacances réduits à 15 jours au lieu de 3 semaines chez
Mr Dupont, de l’automobile neuve que Mr Durand ne pourra plus acquérir, de la
paire de souliers rouges que Mme Dubois ne pourra plus assortir à son Lancel…
Mais qui se soucie de ce qu’il y aura dans l’assiette de l’indigent qui loge au
mieux sous les ponts et sur les cartons ? Quel spécialiste s’interroge
vraiment sur les répercussions à craindre dans les pays les plus miséreux de la
terre, en Afrique notamment ? J’ai beau fouillé tous les fichiers de mon
cerveau, je ne trouve aucune trace de cette préoccupation pourtant
majeure !
S’il est une évidence
que l’Afrique n’offre en rien matière à faire la une de la presse qui se vautre
pitoyablement dans la bauge des peoples, essayons tout de même de nous inquiéter au sort hypothétiquement réservé à ce continent qui souffre déjà tellement.
Dans un premier temps
il est plus que raisonnable d’admettre que la crise qui gangrène actuellement
les marchés boursiers est une crise de financement propre aux systèmes
bancaires des pays les plus développés. Ce n’est qu’un manque d’apport de fonds
car les banques ne font plus circuler l’argent entre elles. Ce paramètre
essentiel implique que, logiquement, seuls les états ayant intégré les
principes internationaux (l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Maroc…) seront plus directement
touchés par la débâcle boursière. En tout état de cause, l’Afrique noire ne
craint guère d’être radicalement atteinte de plein fouet au sein même de ses
institutions bancaires puisqu’elles ne pratiquent quasiment pas d’opérations de
crédits octroyés aux particuliers.
De plus, il est
également certain que les conséquences varieront en fonction du degré de
développement des pays. En effet, un état qui, globalement, parvient à survivre
via les productions locales subira moins dangereusement les effets indésirables
de cette crise car il n’est pas fondamentalement assujetti aux mêmes besoins
qu’une nation dépendante de ses importations.
Malheureusement, même
si certaines régions pourront, dans un premier temps, échapper au marasme, il
est hélas indéniable que l’Afrique sera confrontée tôt ou tard à l’impact laissé par les troubles actuels.
De fait, il est à
craindre que le manque de confiance qui fige actuellement les occidentaux
produira une baisse des investissements en Afrique : si les mieux nantis refusent
de placer leurs capitaux dans des valeurs qui, par le passé, ont fait leurs
preuves, il y a fort à parier qu’ils ne se risqueront pas à subventionner des
projets à réaliser dans des contrées aux régimes politiques trop souvent
instables… La baisse des contributions étrangères devrait créer au mieux une
paralysie de la croissance voire une chute et, par effet de « boule de
neige », une aggravation de l’inflation et un affaiblissement des monnaies
africaines.
De plus, suite au
krach auquel nous assistons actuellement, suivra une période de récession dans
tous les pays concernés. Cette ère de « dépression » sera un cycle
plus que néfaste pour tous les Africains, l’Afrique noire tout spécialement.
Assurément, c’est là que les répercussions seront les plus catastrophiques sur
l’économie réelle car les banques occidentales ne se prêtant déjà pas entre
elles, elles prêteront d’autant moins à leurs consoeurs africaines ; de
surcroît, la récession entraînera une baisse des transferts de fonds en
provenance de la diaspora africaine avec tous les retentissements et sanctions
que nous ne sommes pas sans ignorer sur les familles dépendantes de ces aides…
Par ailleurs, nous
savons pertinemment que lors d’une phase de récession il y a une baisse de la
demande en « produits finis », donc une chute de la production et une réduction des besoins en matières
premières (point fort de l’Afrique).
D’autre part, un
déclin du dollar se profile d’ores et déjà à l’horizon, compte tenu de
l’ampleur des dégâts déjà effectifs aux USA. Les matières premières se
négociant en dollars, cela provoquera vraisemblablement un effondrement des
cours et, par ondes de répercussion, une diminution sans doute notable des
revenus des entreprises productives. Naturellement la zone « francs
CFA », arrimée à la zone euros, produira toujours dans une monnaie forte
mais en contrepartie devra vendre moins cher (en l’occurrence, souvent à
perte). Quoiqu’il en soit c’est un cercle vicieux pour les industries
africaines…
Parvenus à ce stade
nous n’avons malheureusement pas encore abordé le point le plus épineux de la
question : l’impact de la crise sur l’aide humanitaire fournie à des
millions de populations en détresse totale. Ne nous voilons pas la face, si les
restrictions n’entameront probablement pas les apports des donneurs les plus
riches, elles anéantiront par contre les soutiens gouvernementaux. Lorsque l’on
sait qu’avant la débâcle 25 milliards de dollars avaient été publiquement
promis à l’Afrique d’ici à 2010 et que seulement 4 milliards ont été jusqu’à
présent versés, que pouvons-nous espérer désormais ? Plus que jamais
l’Afrique se mourra sous l’œil avare de l’occidental apeuré à l’idée d’être
enterré sans ses billets !
Toutefois, si les
gouvernements en place s’avèrent, pour une fois, intelligents, l’Afrique peut
tirer profit de cette crise. En effet, aux responsables de convaincre les
fortunés d’investir sur leur continent. Si le message délivré est convaincant,
il se concrétisera par une réduction des évasions de capitaux et une hausse des
investissements locaux.
En outre, il faut
prévenir le « scénario catastrophe » qui se profile à l’horizon en
accélérant et accentuant le commerce avec la Chine et l’Inde. Ces deux
puissances sont, en premier lieu, les seules à détenir des liquidités financières,
ne sont pas très exigeantes sur la moralité des pouvoirs en place et,
par-dessus tout, dotent les régions d’infrastructures indispensables à toute
bonne évolution économique. Tous les produits fournis par ces deux
« géants » ne sont certes pas d’une qualité exceptionnelle mais ils
ont le mérite de fournir à ceux qui peuvent en profiter les bases essentielles
pour envisager un essor futur.
En conclusion, il est
indubitable que l’Afrique souffrira durement si les responsables occidentaux ne
parviennent pas à trouver une parade valable et durable au séisme qui secoue
actuellement les places boursières internationales. Plus que jamais l’Afrique
devrait faire preuve de volonté et d’ingéniosité afin d’affirmer enfin la
réelle valeur de ses ambitions.













