LUCKY'S WORLD

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17 décembre 2008

JE FAIS UN REVE POUR L'AFRIQUE


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MON PLUS BEAU REVE D'AFRIQUE


Il y a quarante cinq ans, devant des milliers de personnes, un homme Noir énonçait son Rêve pour des millions d’Afro-Américains. Il y a quarante cinq ans le Pasteur Martin Luther King Jr offrait à l’humanité l’un de ses plus beaux espoirs. Aujourd’hui, c’est à ma seule feuille blanche que j’avoue mon Rêve pour l’Afrique et à tous ceux qui désireront lire ces quelques lignes chargées d’espérance pour un continent en souffrance.


Je fais le rêve d’une Afrique avec des grands et somptueux paysages naturels, exotiques et synonymes d’aventures. Ce paradis perdu des histoires d’animaux qui peuplent la mémoire de la nostalgique enfance.


Je fais le rêve d’une Afrique opulente, bénéficiant d’une eau potable à volonté, d’un système d’éducation compétitif, d’alimentation suffisante pour ses populations, d’électricité, de soins de santé de qualité, de technologies et de connaissance de soi, d’une Afrique qui apporte sa pierre à l’édification d’un monde plus fraternel.


Je fais le rêve d’une Afrique réconciliée avec elle-même, qui en finit avec les clichés allant de la naïveté enfantine à l’aliénation mentale, d’une Afrique perçue telle une Grande Dame mature qui enfante des petits respectés sur toute la surface de la terre.


Je fais le rêve d’une Afrique qui remet son histoire à l’endroit, démontre de façon cinglante aux penseurs racistes de Hegel à Sarkozy qu’ils ont eu tord de caractériser l’Afrique comme un être borné qui aurait échappé « à l’angoisse de l’histoire qui tiraille l’homme moderne » et qui fait retrouver à la jeunesse africaine et au Monde Noir la joie de vivre, les raisons de nourrir l’ambition d’un amour toujours plus altruiste pour la grandeur de la terre des Ancêtres en dressant sur la route du mondialisme sa culture plusieurs fois millénaire, son antique civilisation restaurée qui grandit les êtres dans le respect de la vie et de la liberté.


Je fais le rêve d’une Afrique belle dans sa grande ferveur spirituelle, vivante, populaire et collective.


Je fais le rêve d’une Afrique dont le discours sur le continent noir cesse d’être afro-pessimiste en n’alimentant plus l’incertitude, l’apathie et l’insécurité mais révélant ses réussites, surtout humaines.


Je fais le rêve d’une Afrique qui a quitté les carrefours crasseux de la mendicité internationale puant le mépris et la supériorité des donateurs, qui n’est plus à la fois la corne d’abondance qui rend possible le progrès technologique de l’économie mondiale et le symbole illusoire de tous les maux de l’humanité.


Je fais le rêve d’une Afrique qui a guéri toutes ses plaies, a arrêté le « nettoyage ethnique » au Darfour, réconcilié les parties belligérantes en Côte d’Ivoire et au Tchad, éradiqué la famine en Ethiopie, mis fin aux violences sexuelles dans l’Est du Congo et enraillé l’hécatombe causé par le VIH/SIDA en Afrique australe.


Je fais le rêve d’une Afrique véhiculant une image positive gommant les clichés de vie individuelle précaire où les droits de l’homme sont fragilisés, offrant de vraies opportunités de s’instruire, se former, effaçant dans l’opinion collective les pensées la désignant comme un continent où les rapports humains sont infestés par la violence, un manque d’unité, de coopération entre tous.


Je fais le rêve d’une Afrique rassemblée et réalisée en une solide fédération à la puissance politique, économique et culturelle vigoureusement établie et qui a cessé d’assister impuissante aux transferts de ses richesses et fini de n’être qu’une masse d’ouvriers non qualifiés manipulables et éjectables par des capitalistes toujours plus insolents et prédateurs.


Je fais le rêve d’une Afrique où les dirigeants seront éclairés et volontaires, posséderont le sens du devoir et du sacrifice utile, seront insensibles au charme corrupteur des pétrodollars, ne refléteront plus que la Paix et la justice sociale à travers un continent où la corruption et l’immoralité ne seront plus érigées en valeur de référence.


Je fais le rêve d’une Afrique qui sera une terre où l’intellect et la rentabilité financière ne prendront plus le pas sur le cœur et l’épanouissement.


Je fais le rêve d’une Afrique où les intellectuels ne se nourriront plus uniquement d’une pensée venue d’ailleurs pour les berner mais oseront remettre en question les théories étrangères menteuses pour élaborer leurs propres points de vue en faisant la somme de leurs intelligences et leurs volontés complémentaires.


Je fais le rêve d’une Afrique où les intellectuels avec les hommes et femmes d’action auront brisé à jamais les ailes d’une démocratie maquillée dirigée par des présidents à vie incompétents et inconscients.


Un rêve est souvent une utopie, un idéal que l’on souhaite ardemment réaliser et le vendre au reste du monde comme une évidence. C’est cet éclat de l’esprit qui permet de croire, d’espérer et d’avancer. En Afrique, plus qu’ailleurs les gens ont besoin de rêver et, avec eux, je veux me persuader que, comme ce petit homme Noir que j’admire tant, le rêve que je fais aujourd’hui, un jour sera réalité.



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MA MERVEILLEUSE BELLE-MAMAN DONT J'AI SI LONGTEMPS REVEE


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21 novembre 2008

LE FRENCH DREAM DES NOIRS

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S’il est une évidence depuis quelques jours, c’est bien celle que l’élection de Barack Obama fait souffler un vent d’espoir sur la communauté noire internationale. Ce triomphe a fait voler en éclats les ambitions les plus folles car derrière la joie et la fierté d’un tel triomphe la voix de Martin Luther King est encore perceptible par delà la tombe.

Conscients de l’urgence à profiter d’une telle vague, la communauté noire de France n’hésite à scander son « Yes, we can » et à solliciter ouvertement une visibilité légitime en souhaitant l’accès à des postes prestigieux. Pour tout un chacun l’espérance de réussite ainsi que sa reconnaissance sociale est un concept logique ; la notion de valeur professionnelle se définit sur des critères d’études et d’expérience non point selon la couleur d’une peau ou selon des quotas représentatifs au sein de la société dans laquelle elle évolue. Pourtant il y a fort à parier que le pouvoir en place en France ne soit pas encore apprêté à offrir à ses Noirs la place au soleil à laquelle ils peuvent prétendre.

Car la réponse officieuse et insidieuse qui se murmure dans les alcôves du pouvoir serait, selon plusieurs articles que j’ai eu le loisir de parcourir dans la presse française, que, d’une part, l’histoire des Noirs de France en métropole est beaucoup trop récente pour être prise véritablement en considération et que, d’autre part, leur nombre serait trop « insignifiant » pour exiger une représentation significative.

En effet, les cinq millions de Noirs, toutes origines confondues, ne seraient, selon une démographe, qu’un « chiffre farfelu » inventé de toute pièce par des associations prêtes à dénombrer « la moindre peau bronzée » afin d’acquérir de l’importance en politique. D’un coup de baguette magique, il ne demeure plus que 1.7 million de Noirs qui, toujours selon notre démographe, ne représenteraient que 4% de la population. Pause. J’ai déjà un problème : 4% de 64 500 000 habitants cela fait 2 580 000 âmes. La gente dame nous a passé 800 000 personnes à la trappe !

Estimons-nous heureux puisque, de toute façon, ces individus, difficiles à cerner, appartiennent majoritairement à une classe moyenne. Donc pas de quoi prétendre au pouvoir ! Et l’article de poursuivre  en avouant noir sur blanc que leur acceptation sur le sol de la métropole française a été de paire avec l’abandon d’un certain prestige pour l’élite et de citer sans honte particulière l’exemple de Monsieur Amadou Soumaré, titulaire d’un master d’informatique, qui œuvre tristement comme chauffeur de taxi. Bravo la France !

Ils étaient ingénieurs ou professeurs, journalistes ou fonctionnaires dans leurs pays, dans « NOS » îles ou nos anciennes colonies, cette fierté d’antan dont les manuels scolaires ne parlent même plus, ils se retrouvent chauffeurs de taxi ou de bus, balayeurs ou agents de sécurité ; leurs épouses sont aides-soignantes ou femmes de ménage. Ils sont venus pour fuir la misère ou la guerre. La France les a installés derrière un voile pour ne point avoir honte de sa propre lâcheté. Les anciens vivent accrocher à RFI et ont reporté leurs rêves sur leurs progénitures. Ces enfants sont ingénieurs, avocats ou médecins ; ils sortent de Centrale ou d’HEC. Que vont-ils devenir ? Des cerveaux invisibles ? Seulement parce que ce pays refuse d’admettre qu’un Noir instruit est un homme qualifié aussi compétent que son voisin blanc ?

Devront-ils, comme Monsieur Olivier Bouchez, antillais et pharmacien (non ce n’est pas incompatible !), effectuer le parcours du combattant pour décrocher un logement où bon leur semble et abdiquer car l’adversaire est véritablement trop odieux ? Seront-ils contraints encore longtemps comme Monsieur Patrice Schoendorff, ancien chef d’un service de psychiatrie dans le Rhône, de justifier de manière indécente de leurs capacités simplement parce qu’il est issu d’un métissage franco-camerounais ? Ou obligés comme Idriss, diplômé de gestion, qui a ramé pendant des années à un poste de gardien de foyer avant de décrocher un job à sa mesure ?

Deux fois plus de diplômes, trois fois plus de compétences professionnelles, quatre fois plus de bienséance et cinq fois plus de raisons de fermer son clapet et de ne rien réclamer ; voilà ce qu’est la perspective d’existence d’un Noir en France !

Même la réussite n’efface pas les discriminations car subsiste le regard étrange de ceux qui s’adressent à vous avec pitié, dégoût ou crainte, comme si vous étiez un extra-terrestre pitoyable ou terrifiant… Car la perception du Noir en France oscille toujours entre l’admiration « mode » qu’insuffle un courant « black is beautiful », l’étonnement face à un « sauvage » apte à décrocher des diplômes et le cliché persistant du Noir délinquant issu des mêmes gangs que ceux du Bronx. Dans les années 1920, se véhiculait l’image du « bon Noir », encore très proche de l’esclave servile qui faisait la courbette et ne disait mot, que l’on apposait sur les boîtes de Banania et faisait les beaux jours de la Revue Nègre. Le Français était habitué au caractère lisse de ces hommes et de ces femmes, principalement des ultra-marins, dont il abusait outrageusement. Aujourd’hui la population noire de métropole est majoritairement issue de l’Afrique subsaharienne, bien que souvent bien moins nantie au niveau du bagage scolaire lors de la première vague de migration, elle est beaucoup plus ambitieuse que son frère des îles. A l’invisibilité souhaitée des aînés succède un désir de reconnaissance normal.

Qu’elle le veuille ou non, la France est un assemblage de diversités. Toutefois, afin d’éviter le pire, il est grand temps que nous cessions de copier le modèle américain au sein duquel les êtres vivent les uns à côté des autres et non les uns avec les autres. Les individus de la communauté noire ne devraient pas tenter de créer »un nouvel homme noir » mais se vivre français avec des français, dans leur pays, la France. Tout comme Barack Obama s’est bien gardé de se présenter comme le « candidat noir »…

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19 novembre 2008

LES NOIRS NE SONT PAS DES SAUVAGES


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Phillis Wheatley

Si l’anthropologie, science de l’homme, est une discipline déjà relativement ancienne, les études scientifiques relatives aux Noirs d’Afrique sont elles très récentes puisqu’elles ne datent que de la 2nde Guerre Mondiale.

En fait, dans un premier temps, il est malheureux de constater que l’intérêt pour la psychologie africaine n’est né que d’un prolongement de recherches effectuées aux Etats-Unis auprès de la population afro-américaine principalement dans le domaine des relations sociales ainsi que sur les aptitudes et l’intelligence. Loin d’intervenir pour enrichir leurs connaissances les chercheurs n’agissaient que pour justifier scientifiquement, d’une part, les préjugés raciaux et la ségrégation en vigueur dans les sociétés américaines et, d’autre part, caractériser et délimiter les aptitudes individuelles en vue de l’exécution de tâches déterminées dans l’industrie et dans l’armée. Mission peu glorieuse !

Lorsque des psychologues européens se sont investis sur le terrain c’est avec une toute autre perspective qu’ils ont abordé les problèmes car c’est d’abord d’un point de vue psychiatrique qu’ils ont du se placer ayant à traiter des militaires africains traumatisés par les combats. Toutefois les recherches sur l’intelligence et les aptitudes ont également été poursuivies mais afin de déterminer les caractérisations de la race noire et dans le souci de faire participer les populations africaines à l’œuvre de développement.

Malheureusement, il est navrant de constater que les particularités du cerveau du Noir (forme générale, dimensions, type de scissure, histologie corticale…) soient retenues comme « preuves » de son insuffisance constitutionnelle et fonctionnelle. Il est regrettable de relever des conclusions qui affirment que l’intelligence du Noir est « naturellement » peu apte à se développer et qu’à ses insuffisances cérébrales s’ajoutent un milieu culturel et social dont les caractéristiques ne favorisent guère la maturation plus poussée de ce phénomène.

Depuis des siècles les Noirs (Africains ou Antillais puis Afro-Américains) sont bassement déconsidérés par une race blanche qui se déclare outrageusement supérieure. Les grands penseurs ainsi que tous ceux qui se disaient « savants » ont laissé à la postérité une masse de propos négrophobes qui font peur. Même très récemment, le 14.10.2007, l’éminent généticien et biochimiste américain, James Dewey Watson, lauréat du prix Nobel de médecine en 1962, a déclaré qu’il était « fondamentalement pessimiste quant à l’avenir de l’Afrique » parce que « toutes nos politiques d’aide sont fondées sur le fait que leur intelligence (celle des Africains) est la même que la nôtre (Occidentaux, ndlr) alors que tous les tests disent que ce n’est pas vraiment le cas ». Le professeur Watson a persévéré dans son racisme en indiquant que « son espoir est que tous les hommes sont égaux » mais que « les gens qui ont eu affaire à des employés noirs se sont rendu compte que ce n’était pas vrai ». Heureusement suite à cette polémique, il a été suspendu de ses fonctions et mis en retraite.

Personnellement je suis choquée par de telles sottises issues de la cervelle d’un illustre scientifique mais, hélas, je suis également consciente qu’au travers des siècles maintes affirmations provocantes sont allées au-delà du débat acceptable. Petite liste écoeurante issue des réflexions racistes des plus grands esprits à travers les temps :

- « Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu’ils doivent point cette différence à leur climat, c’est que des Nègres et des Négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu’une race bâtarde d’un noir et d’une blanche, ou d’un blanc et d’une noire. » Voltaire – Essai sur les mœurs.


- « Je suspecte les Nègres et en général les autres espèces humaines d’être naturellement inférieurs à la race blanche. Il n’y a jamais eu de nation civilisée d’une autre couleur que la couleur blanche, ni d’individu illustre par ses actions ou par sa capacité de réflexion... Il n’y a chez eux ni engins manufacturés, ni art, ni science. Sans faire mention de nos colonies, il y a des Nègres esclaves dispersés à travers l’Europe, on n’a jamais découvert chez eux le moindre signe d’intelligence ». David Hume (1711-1776), économiste anglais, « Sur les caractères sociaux ».

 

- « La nature n’a doté le nègre d’Afrique d’aucun sentiment qui ne s’élève au-dessus de la niaiserie(...) Les Noirs (...) sont si bavards qu’il faut les séparer et les disperser à coups de bâton ». Emmanuel Kant (1724-1804) – « Essai sur les maladies de la tête ».


- « La race nègre est confinée au midi de l’Atlas, son teint est noir, ses cheveux crépus, son crâne comprimé et son nez écrasé son museau saillant et ses grosses lèvres la rapprochent manifestement des singes : les peuplades qui la composent sont toujours restées barbares (...) la plus dégradée des races humaines, dont les formes s’approchent le plus de la brute, et dont l’intelligence ne s’est élevée nulle part au point d’arriver à un gouvernement régulier. » Le zoologiste, G. Cuvier – « Recherches sur les ossements fossiles ».


- « On ne peut se mettre dans l’idée que Dieu, qui est un être sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. (...) Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous mêmes chrétiens. » Montesquieu – « L’esprit des Lois ».

   

-   « La nature a fait une race d’ouvrier, c’est la race chinoise (...) une race de travailleur de la terre, c’est le nègre (...) une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne. » Ernest Renan – «  Discours sur la nation ».

  

- « L’égalité des noirs ! Balivernes ! Pendant combien de temps encore, sous le gouvernement d’un Dieu assez grand pour créer et diriger l’univers, y aura-t-il des fripons pour colporter, et des imbéciles pour reprendre, des propos d’une démagogie aussi basse. » Abraham Lincoln, président des USA.


- « L’infériorité intellectuelle des noirs est génétique. Le nombre de gènes de l’intelligence chez les Noirs est inférieur à celui des Blancs. » Arthur R. Jensen, psychiatre américain.


- « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures » Jules Ferry.


- « La plus stupide, la plus perverse, la plus sanglante des races humaines », « Aucun progrès, aucune invention, aucune pitié, aucun sentiment », « La couleur noire, la couleur des ténèbres est braiment le signe de leur dépravation ». Michiels, « La vie des nègres en Afrique ».


- « Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire qui date du commencement dans la mémoire humaine : L’Afrique n’a pas d’histoire » Victor Hugo – Discours le 18 Mai 1879.


- « Nous avons un devoir moral envers ces peuples… C’EST NOUS QUI LEUR AVONS APPORTE LA CIVILISATION … » Edouard Balladur (1994 au cours d’une émission télévisée … quelques temps après le début des massacres au Rwanda).

Horrifiés ? Il y a de quoi ! D’autant lorsque l’on détient les preuves indubitables de la contribution des Noirs de tous horizons à l’évolution des sciences, au développement de l’humanité, à l’amélioration des conditions d’existence. Pourtant aucune trace ne subsiste des inventeurs et savants noirs dans la presse scientifique, les manuels scolaires ou les dictionnaires relatifs aux grandes inventions. Tout d’abord parce qu’à une certaine époque s’est très vite posée la problématique des dépôts de brevets et qu’ils ont été contraints de s’arranger avec leurs maîtres. L’excellence des « cerveaux » noirs est devenue tellement « dangereuse » pour le Blanc qu’en 1858 un avocat, Jeremiah S. Black, a fait voter une loi qui interdisait aux esclaves de déposer des brevets. Par ailleurs, des instructions avaient été données en haut lieux pour qu’aucune banque ne finance un inventeur noir.

Quoiqu’il en soit la vérité finit toujours par ressurgir et, même si les maîtres se sont enrichis sur le dos des pauvres esclaves, il demeure aujourd’hui une juste reconnaissance des travaux effectués par ces génies noirs. Voici une liste non exhaustive des inventions à mettre au crédit de la recherche des Noirs :

LA LAMPE ÉLECTRIQUE : inventée le 13.09.1881 par Joseph V. Nichols et Lewis H. Latimer.

L’ANTENNE PARABOLIQUE : inventée le 07 juin 1887 par Granville T. Woods

LA PRODUCTION SUCRIERE AMELIOREE : inventée le 10 décembre par Norbert Rilleux

L’AIGUILLAGE DES TRAINS : inventé le 31 octobre 1899 par William F. Burr

L’EXCAVATRICE DES POMMES DE TERRE : inventée le 23 avril 1895 par F.J. Wood

BIDON (JERRICANE) : inventé le 17 février 1891 par Albert C. Richardson

PANNEAU DE PROTECTION DES LITS : inventé le 13 août 1895 par Lewis A. Russel

MOTEUR A COMBUSTION : inventé le 05 juillet 1892 par Andrew J. Beard

MASQUE A GAZ : inventé le 13 octobre 1914 par Garett A. Morgan

BOUCHE DE SECOURS INCENDIE : inventée le 07 mai 1878 par Joseph R. Winters

LA CHAISE BALANCOIRE : inventée le 15 novembre 1881 par Payton Johnson

CHARPENTE METALLIQUE (DE VOITURE) : inventée le 02 février 1892 par Carter William

TABLE DE CUISSON A VAPEUR : inventée le 26 octobre 1897 par Carter William

LENTILLES DE PROTECTION DES YEUX : inventée le 02 novembre 1880 par Powell Johnson

L’ASCENSEUR : inventé le 11 octobre 1867 par Alexander Miles

DISPOSITIF DE COUPLAGES DES VOITURES DE TRAIN : inventé le 10.10.1899 par Andrew J. Beard

LES MANEGES POUR DIVERTISSEMENT : inventés le 19 décembre 1899 par Granville T. Woods

LA LANTERNE ou LA LAMPE TEMPETE : inventée le 19 août 1884 par Michael C. Hamey

LE PIANO MECANIQUE : inventé le 11 juin 1912 par Joseph H. Dickinson

L’AMENAGEMENT DES WAGONS-LITS : inventé le 08 octobre 1870 par John W. West

LA BALANCE PORTABLE : inventée le 03 novembre 1896 par John W. Hunter

LES W.C ( TOILETTES ) : inventés le 19 décembre 1889 par Jérome B. Rhodes

LE CACHET ET LE TAMPON : inventés le 27 février 1883 par William B. Purvis

LE REFRIGERATEUR : inventé le 14 juillet 1891 par John Stenard

L’INTERRUPTEUR ( LE COMMUTATEUR ) : inventé le 1er janvier 1889 par Granville T. Woods

LE REVELATEUR PHOTOGRAPHIQUE : inventé le 23 avril 1895 par Clatonia Joaquin Dorticus

LA MACHINE A COMPOSTER : inventée le 22 juin 1897 par William Barry

LA FONDEUSE-MOULEUSE : inventée le 14 mars 1876 par David A.Fisher

LE BALAI-LAVEUR : inventé le 13 juin 1893 par Thomas W.Steward

LA MACHINE A ECRIRE : inventée le 07 avril 1885 par Lee S. Burridge et Newman R. Mashman

LE PROTEGE-DOCUMENT : inventé le 02 novembre 1886 par Henry Brown

LE MANCHE D’ENREGISTREUR : inventé le 08 janvier 1918 par Joseph Hunter Dickinson

LE SYSTEME D’ALARME DES TRAINS : inventé le 15 juin 1897 par Richard A. Butler

LA TERRINE ou LA MOULE A GLACES : inventée le 02 février 1897 par Alfred L. Cralle

LE SECHE-LINGE : inventé le 07 juin 1892 par George T. Sampson

LA PEINTURE ET LES COLORANTS : inventés le 14 juin 1927 par George Washington Carver

LES FREINS DE VOITURE : inventés le 06 août 1872 par John V. Smith

LA MACHINE DE CORDONNERIE : inventée le 20 mars 1884 par Jan E. Matzeliger

LE STYLO PLUME A RESERVOIR : inventé le 07 janvier 1890 par William B. Purvis

LE TUNNEL POUR TRAIN ELECTRIQUE : inventé le 17 juillet 1888 par Granville T. Woods

LE FEU DE SIGNALISATION : inventé le 20 novembre 1923 par Garett A. Morgan

LA GUITARE : inventée le 30 mars 1886 par Robert F. Flemmings Jr

LA BOITE AUX LETTRES : inventée le 27 octobre 1891 par Philip B. Downing

LE PEIGNE A CHEVEUX : inventé le 21 décembre 1920 par Walter H. Sammons

LE TROLLEY ELECTRIQUE SUR RAIL : inventé le 19 septembre 1893 par Elbert R. Robinson

LE FOUET BATTEUR D’ŒUFS : inventé le 05 février 1884 par Willis Johnson

LA TABLE DE REPASSAGE : inventée en 1892 par Sarah Boone

LES ROTATIVES DE PRESSE (imprimerie) : inventées le 17 septembre 1878 par W.A Lavalette

LE SYSTEME DE SECURITE DES ASCENSEURS : inventé le 02 avril 1895 par James Cooper

LA BALAYEUSE DES RUES : inventée le 17 mars 1890 par Charles B. Brooks

LE PORTE-BAGAGES DU VELO : inventé le 26 décembre 1899 par Jerry M. Certain

LES SYSTEMES ET LES APPAREILS TELEPHONIQUES : inventés le 11.10.1887 par Granville T. Woods

LA TONDEUSE A GAZON : inventée le 09 mai 1899 par John Albert Burr

LES VITESSES AUTOMATIQUES (des véhicules) : inventées le 06 décembre 1932 par Richard B. Spikes

LES POUBELLES (bac à ordures) : inventées le 03 août 1897 par Lloyd P. Ray

LA PRESSE A AGRUMES : inventée le 08 décembre 1896 par John T. White

LES PORTES DE SECURITE (pour ponts à bascules) : inventées le 07 octobre 1890 par Humphrey Reynolds

LE THERMOSTAT : inventé le 06 mars 1928 par David N. Crosthwait Jr

LE CADRE DU VELO : inventé le 10 octobre 1899 par Isaac R. Johnson

LE FER A CHEVAL : inventé le 23 août 1892 par Oscar E. Brown

LE LANDAU  : inventé le 18 juin 1889 par William H. Richardson

LE PIEGE A RAT AUTOMATIQUE : inventé le 31 août 1881 par Williaù S. Campbell

LA MOISSONNEUSE-BATTEUSE : inventée le 07 août par Robert P. Scott

LA SELLE DE CHEVAL : inventée par William D. Davis

LE MORS DE CHEVAL : inventé le 25 octobre 1892 par Lincoln F. Brown

LE COUVRE SABOT (pour chevaux) : inventé le 19 avril 1892 par Robert Coates

LE CONDITIONNEMENT D’AIR (split) : inventé le 12 juillet 1949 par Frederck M. Jones

LA GACHETTE DE FUSIL (le détonateur) : inventée le 03 mai 1897 par Edward R. Lewis

L’ARROSOIR DE GAZON : inventé le 4 mai 1897 par Joseph H. Smith

LE TELEGRAPHE DES CHEMINS DE FER : inventé le 28 août 1888 par Granville T. Woods

LES APPAREILS de TRANSMISSION de messages via l’électricité : inventés le 7 avril 1885 par Granville T. Woods

LE DISPOSITIF DE TRANSFERT des courriers postaux : inventé le 24 mai 1917 par J.C. Jones

EXTINCTEUR DE FEU : inventé le 26 mars 1872 par Thomas J. Martain

LE DISPOSITIF DE TRANSPORT DES FRETS : inventé le 10 octobre 1899 par John W. Butts

LE LIT PLIANT : inventé le 18 juillet 1899 par L.C. Bailey

LES TRINGLES DES RIDEAUX : inventés le 04 août 1896 par W.S Grant

LE CANAPE-LIT CONVERTIBLE : inventé le 05 octobre 1897 par J.H. Evans

LAVE-VITRES ELECTRIQUES : inventé le 27 septembre 1882 par A.L. Lewis

LA MOISSONNEUSE : inventée le 03 juin 1890 par H.L. Jones

LE DIRIGEABLE : inventé le 20 février 1900 par J.F. Pickering

LA RAMASSEUSE DE COTON : inventée le 05 juin 1894 par Georges W. Murray

LES LUBRIFIANTS DE MOTEUR : inventés le 15 novembre 1898 par Elijah Mc Coy

LA MACHINE DE GRAISSAGE A VAPEUR : inventée le 04 juillet 1876 par Elijah Mc Coy

BANDE MAGNETIQUE D’ORDINATEURS : inventée le 24 août 1971 par Larry T. Preston

LA PEDALE DE COMMANDE : inventée le 05 octobre 1886 par Minnis Hadden

ANTENNE DE DETECTION PAR RADARS : inventée le 11 juin 1968 par James E. Lewis

SUPERCHARGEUR POUR MOTEUR A COMBUSTION : inventé le 03 février 1976 par Joseph A. Gamell

ENGINS DE LEVAGE et MONTE-CHARGE : inventé le 02 mai par Mary Jane Reynolds

LA CELLULE ELECTRIQUE GAMMA : inventée le 06 juin 1971 par Henry T. Sampson

LE SYSTEME DE REFRIGERATION (FRIGO et CONGELATEUR) : inventé le 04 novembre 1879 par Thomas Elkins

LA SIGNALISATION (balises d’aéroport, grues, immeubles,...) : inventée le 30 mars 1937 par Lewis WW. Chubb

DOSAGE DE LA MELANINE : à partir de la peau, inventé par Cheikh Anta Diop

 LE SHAMPOOING : à partir de l’arachide, inventé par George Washington Carver

LE VINAIGRE : à partir de l’arachide, inventé par George Washington Carver

LE SAVON : à partir de l’arachide, inventé par George Washington Carver

LA POUDRE DE TOILETTE : à partir de l’arachide, inventée par George Washington Carver

LA FARINE : à partir de la pomme de terre, inventée par George Washington Carver

L’ENCRE : à partir de la pomme de terre, inventé par George Washington Carver

LE TAPIOCA : à partir de la pomme de terre, inventé par George Washington Carver

L’AMIDON : à partir de la pomme de terre, inventé par George Washington Carver

LE CAOUTCHOUC SYNTHETIQUE : à partir de la pomme de terre, inventé par George Washington Carver

LA STERILISATION DES ALIMENTS : inventée le 8 février 1938 par Lloyd A. Hall

MOUSSE IGNIFUGE CONTRE LE FEU : utilisée pendant la 2nd guerre mondiale, inventée par Percy L. Julian

SYNTHESE DE LA PHYSOSTIGMINE : pour le traitement du glaucome , inventée par Percy L. Julian

SYNTHESE DE LA PROGESTERONE : inventée par Percy L. Julian

SYNTHESE DE LA CORTISONE : inventée le 10 août 1954 par Percy L. Julian

SYNTHESE ORGANIQUE DE LA PHEROMONE : inventée par Bertram Oliver Fraser-Reid

SYNTHESE DE L’OLIGOSACCHARIDE : inventée par Bertram Oliver Fraser-Reid

FILAMENT DE CARBONE : pour la lampe à incandescence : inventé le 17 juin 1882 par Lewis Howard Latimer

APPAREIL DE REFROIDISSEMENT et DE DESINFECTION : inventé le 12 janvier 1886 par Lewis Howard Latimer

RHEOSTAT FIABLE : inventé par Granville T. Woods le 13 octobre 1896

TROISIEME RAIL : pour le métro, inventé par Granville T. Woods le 29 janvier 1901

UN FREIN AUTOMATIQUE à AIR COMPRIME : inventé par Granville T. Woods en 1905

UN FREIN ELECTROMECANIQUE : inventé par Granville T. Woods en 1887

UN INTERRUPTEUR AUTOMATIQUE de circuits électriques : inventé par Granville T. Woods en 1889

UNE COUVEUSE ARTIFICIELLE : inventé par Granville T. Woods en 1890

PACEMAKER (régulateur pour stimulateur cardiaque) : inventé par Otis Boykin

OPERATION A CŒUR OUVERT : inventé par Daniel Hale Williams le 9 juillet 1893

TEST DE DEPISTAGE DE LA SYPHILIS : inventé par William A. Hinton en 1936
 
TRAITEMENT des MALADIES VENERIENNES (avec l’auréomycine) : inventé par Louis Tompkins Wrigh

CONSERVATION DU SANG : inventé par Charles Richard Drew

LA POLYTHERAPIE (utilisation de la chimiothérapie contre le CANCER) : inventée parJane Cooke Wright

TRANSPLANTATION du REIN (2ieme au monde) : par Samuel L. KOUNTZ

CONSERVATION du REIN (durant plus de 50 heures) : par Samuel L. KOUNTZ

ANTIDOTE contre les SURDOSES de BARBITURIQUE : inventé par Arnold Hamilton Maloney

MACHINE A MONTER LES EMPEIGNES (soulier) : inventé par Jan Earnst Matzeliger

FIXATEUR POUR CHEVEUX : inventé par Garrett A. Morgan

ANEMOMETRE : inventé par Philip G. Hubbard

CAMERA-SPECTROGRAPHE (transporté par Apollo 16) : inventé par George R. Carruthers 

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George Washington Carver

A la lecture de cette liste qui est loin d’être complète, on se rend bien compte de l’importance de la communauté noire de toutes origines dans notre société. Lorsque l’homme blanc prétend par ses études détenir la preuve de sa suprématie, l’homme noir peut lui répondre qu’Ernest Everett Just (1883-1945), éminent pionnier noir dans le domaine de la recherche sur le fonctionnement des cellules, de la génétique et de l’embryon, était un brillant scientifique dont les expériences auraient pu se révéler encore plus utiles si les Blancs n’avaient pas concouru à abréger son existence.

Lorsque des propos négrophobes veulent détruire pitoyablement les aptitudes intellectuelles d’un individu noir en prétendant qu’il est incapable d’évoluer, je ne citerai que l’exemple de Philipp Emeagwalli, né en 1954, originaire du Nigéria, titulaire de 3 maîtrises et d’1 doctorat en Sciences de l’informatique, génie maritime, génie civil et environnemental, mathématiques appliquées, qui a son actif 6 droits d’invention en Sciences informatiques. Surnommé le « Bill Gates de l’Afrique », il a inventé l’ordinateur de calcul le plus rapide au monde en 1989.

Les siècles écoulés ont laissé également l’empreinte de grands écrivains issus de la communauté noire : les Afro-Américains, Phillis Wheatley (qui fut la 1° femme noire à être publiée dès 1773), Olaudah Equiano (dont les écrits datent de 1789), Frederick Douglass (auteur d’une autobiographie poignante) WEB Du Bois (Les âmes du peuple noir), Booker T. Washington (Up from slavery), Richard Wright (Black boy), Ralph Ellison (auteur du magnifique « Homme invisible pour qui chantes-tu ? »), Alex Haley (et son émouvant « Racines ») mais également de merveilleux francophones tels que David Diop, Aimé Césaire, Léopold Sedar Senghor, Léon Gontran Damas, Birago Diop, René Maran, Guy Tirolien. Il ne faut pas non plus omettre de citer quelques très belles plumes africaines comme : les Camerounais, Gaston Kelman, Ferdinand Oyono, Mongi Beti, Calixte Beyala ; les Ivoiriens, Jean-Marie Adiaffi, Paul Yao Akoto, Isaie Biton Koulibaly, Ahmadou Kourouma, Tidiane Dem, Aké Loba ; les Maliens, Doumby Fakoly, Seydou Badian Kouyaté, Pascal Baba Couloubaly, Adame Ba Konaré, Massa Makan Diabaté ; les Nigérians, Chinua Achebe et Ken Saro Wiwa ; les Sénégalais, Cheikh Hamidou Kane, Cheikh Anta Diop, Ousmane Sembène, El Hadji Amadou Dème.

Pour conclure ce juste hommage rendu au peuple noir je terminerai en citant l’élite c’est-à-dire ceux qui grâce à leur action ou leur œuvre ont reçu un prix Nobel :

- Ralph Bunche (USA) – 1950 – Prix Nobel de la Paix – Premier Noir à recevoir cette distinction.

- Albert John Luthuli (Afrique du Sud) – 1960 – Prix Nobel de la Paix – Premier Africain à recevoir le Nobel.

- Martin Luther King (USA) – 1964 – Prix Nobel de la Paix – Le plus jeune élu pour le prix Nobel de la Paix.

- Sir William Arthur Lewis (Ste Lucie) – 1979 – Prix Nobel d’Economie – Premier Noir à recevoir un Nobel autre que celui de la Paix.

- Desmond Tutu (Afrique du Sud) – 1984 – Prix Nobel de la Paix

- Wole Solyinka (Nigéria) – 1986 – Prix Nobel de Littérature – Premier Noir à recevoir ce prix.

- Derek Walcott (Ste Lucie) – 1992 – Prix Nobel de Littérature

- Toni Morrison (USA) – 1993 – Prix Nobel de Littérature – Première femme noire à recevoir cette distinction.

- Nelson Mandela (Afrique du Sud) – 1993 – Prix Nobel de la Paix.

- Kofi Annan (Ghana) – 2001 – Prix Nobel de la Paix

- Wangari Maathai (Kenya) – 2004 – Prix Nobel de la Paix – Première femme africaine à recevoir le Nobel.

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Pendant très longtemps, l’esprit dominateur des Blancs s’est échiné à vouloir cloisonner l’espèce humaine en 4 races (blanche, noire, jaune et rouge) se positionnant vaniteusement en haut d’une échelle de l’évolution : les Blancs appartiennent à la race pure par excellence, les autres ne sont que des sous-catégories. Aujourd’hui, les progrès remarquables effectués dans la science du génome permettent des conclusions toutes autres. Une étude génomique récente sur 938 individus issus de 51 ethnies concluent qu’il existe 7 groupes biologiques parmi les hommes : les Africains subsahariens, les Européens, les habitants du Moyen-Orient, les Asiatiques de l’Est, les Asiatiques de l’Ouest, les Océaniens et les Indiens d’Amérique. Le chercheur Howard Cann, de la fondation Jean-Dausset, cosignataire du projet, précise : « Tous les hommes descendent d’une même population d’Afrique noire, qui s’est scindée en 7 branches au fur et à mesure du départ de petits groupes dits fondateurs. Leurs descendants se sont retrouvés isolés par des barrières géographiques (montagnes, océans…), favorisant ainsi une légère divergence génétique ».

Quant à la prétendue supériorité intellectuelle des Blancs sur les Noirs soi-disant fondée sur des critères génétiques, elle vole en éclat car désormais une évidence s’est faite : nous sommes tous noirs et les scientifiques ont enfin compris que le paramètre qui brouille les pistes est l’influence de la culture.

Pour tous ceux qui, comme moi, sont écoeurés par les théories racistes de savants en mal de reconnaissance auxquels ils ne demeurent que la couleur de la peau comme unique argument de suprématie en guise de victoire, par les propos négrophobes d’intellectuels tellement peu inspirés qu’ils se rabaissent à humilier leurs congénères afin de se sentir plus importants, il existe désormais la confirmation qu’il n’y a pas plus égaux que les humains. L’homme n’appartient qu’à une seule race, qu’on se le dise une bonne fois pour toute !

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En guise de conclusion je souhaiterais citer un auteur malien que j’adore par dessus tout : Amadou Hampâté Bâ (1900-1991) qui, lors d’un discours à l’UNESCO en 1960, a offert cette magnifique réplique : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Descendant d’une famille peule noble, Amadou Hampâté Bâ a consacré son existence à transcrire par écrit les traditions orales de l’Afrique de l’Ouest. Je recommande tout particulièrement son excellent ouvrage « Il n’y a pas de petites querelles… », délicieux recueil de contes peules.

 « Les peuples de race noire n’étant pas des peuples d’écriture ont développé l’art de la parole d’une manière toute spéciale. Pour n’être pas écrite, leur littérature n’en est pas moins belle. Combien de poèmes, d’épopées, de récits historiques et chevaleresques, de contes didactiques, de mythes et de légendes au verbe admirable se sont ainsi transmis à travers les siècles, fidèlement portés par la mémoire prodigieuse des hommes de l’oralité, passionnément épris de beau langage et presque tous poèmes ! » Amadou Hampâté Bâ, 1985.

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Amadou Hampâté Bâ


17 novembre 2008

DES MILLIONS D'ENFANTS AFRICAINS VICTIMES DE LA VIOLENCE

 

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L’Afrique subsaharienne abrite 10% de la population mondiale mais enregistre également des taux record en matière de mortalité infantile puisque 50% des enfants décèdent avant d’atteindre l’âge de 5 ans. Cela signifie que la mortalité des enfants de moins de 5 ans est de 165 décès pour 1 000 naissances contre 6 décès pour 1 000 naissances vivantes dans les sociétés occidentales.

Donc, déjà victime d’une entrée dans l’existence des plus difficiles, d’une lutte permanente tant son environnement est défavorable à sa survie, l’enfant africain doit, de surcroît, affronter la violence.

Depuis 1991, le 16 Juin est la Journée mondiale de l’Enfant Africain. Consciente que la violence est un véritable fléau pour l’enfant en Afrique, de nombreuses organisations dont l’Unicef milite pour un cadre protecteur.

En effet, que ce soit au sein même des familles, à l’école, dans les structures d’accueil, sur l’ensemble du continent africain, les enfants font face à la violence physique, émotionnelle et sexuelle. Menaces des gangs, agressions, assassinats, pour les enfants des rues. Exploitation et abus divers pour les enfants travailleurs. Pratique de l’excision sur environ 3 millions de femmes et de filles chaque année, mettant en péril leur vie ainsi que celle de leur bébé lors de l’accouchement. Trafic de milliers d’enfants tous les ans en Afrique de l’Ouest et centrale.

Des milliers d’enfants sont contraints de vivre au milieu des conflits armés, subissent une extrême pauvreté et sont atteints par le VIH/sida. En République Démocratique du Congo des centaines de milliers d’enfants et de femmes sont victimes de violences sexuelles. Au Kenya 46% des femmes ont supporté des actes de violence sexuelle au cours de leur enfance et 25% des filles entre 12 et 24 ans ont perdu leur virginité de manière violente.

Ces exemples ne sont qu’une infime partie des horreurs vécues au quotidien. Par peur des représailles de nombreux cas ne font l’objet d’aucune poursuite.

Pire. Si la femme ou la gamine violée dénoncent son agression aux autorités, elles sont systématiquement condamnées à la lapidation. Tel le cas d’Aisha Ibrahim Dhuhulow, une Somalienne jugée coupable d’adultère par un tribunal islamique a été enterrée vivante jusqu’au cou, puis lapidée à mort par 50 hommes dans la ville portuaire de Kismayo, dans le sud du pays. Les Djihadistes prétendaient que la femme était consentante ayant elle-même demandé sa condamnation. Il s’agissait en fait d’une jeune fille de 13 ans qui a subi une mort horrible alors qu’elle venait de signaler avoir été violée par 3 hommes !

Trop souvent les systèmes en place ferment les yeux sur le calvaire des enfants qui grandissent dans l’oubli et l’indifférence, portant toute leur vie les stigmates de la souffrance physique endurée, les traces psychiques et émotionnelles indélébiles encrées au plus profond d’eux-mêmes. Telles ces fillettes de moins de 10 ans mariées contre leur gré et abusées sexuellement par des hommes pervers qui sont 4 à 5 fois plus âgés qu’elles. Tels ces enfants ballotés dans l’indifférence des structures polygames où le mâle collectionne les épouses mais est totalement incapable de subvenir aux moindres besoins de toute la lignée qu’il a engendrée.

Dès leur plus tendre enfance les gamins africains perdent tout point de repère car ils sont abandonnés à devoir se débrouiller seuls le plus tôt possible. Le risque dans de tels scénarios est la reproduction d’un schéma identique lorsqu’ils atteignent l’âge adulte. L’exposition à la violence favorise la participation à des actes de violence car, par l’accoutumance au vécu, il y a banalisation de la situation qui en devient à être considérée comme normale.

Pour éradiquer les violences commises sur les enfants en Afrique, il faudrait avant tout lutter contre la violence dans ses différents contextes. Nombre de pays africains souffrent de pauvreté, de la guerre, de maladies et d’urbanisation croissante qui tendent à aggraver les violences contre les enfants.

Au sein des structures familiales, la législation est très limitée. Les châtiments corporels font le plus souvent partie d’une conception de valeurs et ils sont jugés et transmis comme étant « normaux » par la conscience collective. C’est ainsi que 62% des enfants tanzaniens vivant dans les rues ont invoqué les disputes familiales, la cruauté des beaux-parents ou les violences comme raison de leur départ du foyer.

De nombreux témoignages, essentiellement de jeunes filles, rapportent la pratique courante de violences sexuelles qui passent souvent inaperçues, fortement sous notifiées et mal prises en charge car entourées d’une culture du silence et de l’opprobre. Hélas, d’une manière générale, les violences commises au sein des familles restent peu révélées donc il est difficile d’en connaître les causes et l’ampleur. En 2002, une étude indépendante effectuée pour le Secrétaire général des Nations Unies révélait  que 150 millions de petites filles et 73 millions de petits garçons avaient été forcés d’avoir des rapports sexuels ou avaient subi d’autres formes de violences sexuelles au sein de la famille en Afrique. Au moins 50% des filles en Afrique subsaharienne n’ont pas terminé le cursus primaire car la pauvreté de leur milieu engendre un parti pris en faveur des garçons. Hélas leur manque d’éducation alimente un cercle vicieux car leur ignorance les expose à des violences sexuelles.

Maintes  sociétés d’Afrique ont leurs propres pratiques et coutumes qui appartiennent à un système de valeurs et de socialisation des enfants. Toutefois il s’avère que certaines sont contraires à la Convention relative des Droits de l’enfant comme l’excision et le mariage précoce.

Des pays comme la Guinée, la Mauritanie ou le Mali montrent des taux de prévalence de l’excision très élevés compris entre 71 et 99%. Chaque année ce sont quelque 3 millions de filles qui subissent une mutilation génitale féminine. En Ethiopie, par exemple, 80% des femmes et filles âgées de 15 à 49 ans sont excisées. L’excision est une atteinte à l’intégrité physique du corps de la jeune fille et a des effets néfastes sur sa santé et son équilibre mental. L’interdiction de cette pratique commise la plupart du temps sur des fillettes de moins de 4 ans a créé une véritable polémique que les intervenants tentent d’éradiquer en menant une campagne de sensibilisation et de persuasion.

Les mariages précoces sont également très répandus sous couvert de la tradition, les parents justifiant cette coutume comme un moyen de préserver la virginité des jeunes filles, alors que globalement il s’agit juste d’une stratégie de survie économique pour les familles pauvres qui reçoivent ainsi une dote en échange de leur enfant. Plongées dans la détresse et l’abandon, éloignées de toutes informations relatives à la contraception, de nombreuses jeunes filles sont victimes de grossesses précoces entraînant de graves conséquences sur leur santé. En effet, les adolescentes de 15 à 19 ans ont 2 fois plus de risque de mourir en accouchant et 5 fois plus chez les moins de 15 ans. La lutte pour réprimer cette pratique est d’autant plus difficile qu’elle s’inscrit dans un cadre traditionnel où il est quasi impossible de poursuivre les responsables et que, par ailleurs, il n’y a pour ainsi dire aucun contrôle de l’âge des enfants compte tenu du faible enregistrement des naissances.

Un autre phénomène, typique à l’Afrique, est un fléau pour les enfants : celui des enfants dits « sorciers ». Au Bénin, au Gabon, au Nigéria, au Libéria, au Cameroun et en République Démocratique du Congo, notamment, des enfants désignés comme sorciers dès la naissance seulement par rapport à la façon dont ils naissent peuvent être purement et simplement « éliminés » par des dignitaires de la tradition. Le plus souvent ils sont chassés de leur famille, abandonnés à la rue ou placés dans des centres de rééducation, victimes d’abus et de mauvais traitements voire de torture pouvant aboutir à leur mort. Des actions entreprises par les gouvernements et associations visent à changer les comportements mais, à l’heure actuelle, ce ne sont que trop peu de communautés qui ont accepté d’abandonner officiellement ces pratiques traditionnelles néfastes.

Par ailleurs ce sont des milliers d’enfants qui sont devenus vulnérables avec la pandémie du VIH/ Sida. Ces enfants se retrouvent dans une forte détresse psychologique aggravée par la stigmatisation et les discriminations dont les conséquences sont l’exclusion de la communauté, de l’école, de l’accès aux soins. Leurs conditions d’existence sont extrêmement difficiles. Sans ressources et protection, ils courent le risque d’être exploités économiquement ou sexuellement ou de se retourner vers les chemins de la prostitution et de la délinquance.

Depuis 2 décennies, à la faveur de la paupérisation grandissante des familles et d’un système éducatif incapable de retenir les enfants, ce sont environ 48 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans qui sont contraints d’exercer une activité économique en Afrique, soit 29% de la population enfantine. Plus grave : les enfants sont très souvent déplacés pour exploiter leur force de travail dans la domesticité, les emplois industriels non réglementés, les chantiers de construction et l’exploitation sexuelle à des fins commerciales. Ils sont généralement astreints à effectuer des travaux dangereux pouvant entraîner la mort ou des lésions physiques irréversibles. Les enfants, essentiellement les filles, qui travaillent derrière les portes closes de maisons privées sont particulièrement exposées aux violences puisqu’elles sont commises à l’insu du monde extérieur. Les violences encourues par ces enfants sont souvent terrifiantes mais, hélas, il est très périlleux de les retirer en toute sécurité.

Comme il est ardu de lutter contre les violences subies à l’école. En dépit parfois de textes de lois, force est de constater que l’utilisation de châtiments corporels au sein des établissements scolaires est monnaie courante. De surcroît les filles sont également exposées aux violences sexuelles des enseignants qui exercent un chantage sur les notes. Aujourd’hui, même si  des sanctions sont mises en place dans certains pays contre les maîtres qui commettent de tels actes, il demeure toujours la crainte de dénoncer. De plus, certains maîtres coraniques transforment un processus légitime d’éducation religieuse en un phénomène d’exploitation économique des enfants mais, avec l’urbanisation et la paupérisation des familles, on assiste à un détournement de l’enseignement coranique.

Le dernier motif qui affecte durablement la vie psychologique et sociale des enfants n’est pas le moindre puisque ce sont les innombrables conflits armés dans lesquels les enfants sont parachutés. La guerre militaire ou civile, par essence même, est synonyme de violence et de barbarie. Les enfants sont endoctrinés dans une culture de violence et éprouvent par la suite d’immense difficultés à s’adapter à un processus de paix car ils sont « désensibilisés ».

Au terme de cet état des lieux désespérant sur les conditions d’existence des enfants en Afrique, il serait tout de même honnête d’avouer que des actions sont menées depuis plusieurs années pour créer un environnement protecteur conforme à la Convention des Droits de l’Enfant. Les efforts développés sont constants que ce soit de la part des gouvernements ou des associations. Malheureusement les changements ne peuvent se faire du jour au lendemain et les violences sont aussi le reflet du manque d’un cadre de référence sur les droits humains. Dans des communautés aux organisations et coutumes souvent archaïques, pêchant majoritairement par manque d’instruction, les enfants, comme les femmes, sont déconsidérés, exploités et violentés par une masse d’hommes qui reproduisent le schéma dans lequel ils ont grandi. En fait c’est toute une vision de sa société que l’homme africain doit métamorphoser s’il espère être considéré un jour comme un Homme à part entière aux yeux du reste du monde.


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15 novembre 2008

LA REALITE DES NOIRS

Dans un entretien exclusif à paraître dans le Figaro Magazine du Samedi 15 Novembre 2008, Monsieur Pierre N’Gahane, en loyal serviteur de la République, voit dans sa nomination «l’aboutissement d’un parcours réussi». Compte tenu de sa position, il nie bien évidemment l’impact de la victoire de Barack Obama sur sa promotion et affirme que son « exemple peut donner à des gens le sentiment qu’en y mettant du sien, en s’engageant dans la société et en faisant confiance à l’ascenseur social, on peut y arriver ». Par ailleurs, Monsieur N’Gahane avoue que  "la notion de quotas est gênante" : il faut d’abord privilégier la compétence des personnes ».

Pour ma part j’aimerais ajouter que si la nomination de Monsieur N’Gahane est effectivement le couronnement d’une carrière professionnelle bien menée, une accession à un poste qui lui était prédestiné depuis sa titularisation du 20.09.2008, il n’en demeure pas moins qu’il ne faut pas non plus sombrer dans la naïveté.

En effet, nombre de ses frères de couleur désirent profondément parvenir à un certain statut social, suivent des parcours d’études brillants, travaillent avec acharnement et sont des individus des plus respectables sans pour autant pouvoir profiter d’un quelconque ascenseur social si ce n’est l’escalier de leur immeuble !

Comme je l’ai écrit précédemment dans le premier article de « France de Noirs », il est indiscutable que nombreux sont ceux à être dotés d’aptitudes qui ne seront jamais reconnues quel que soit leur domaine de prédilection, uniquement à cause de la couleur de leur peau.

Comme le cas de cet homme, un Français d’origine togolaise, âgé de 43 ans, disposant de 5 diplômes universitaires de comptabilité et finances, qui est confiné au rang d’employé d’accueil alors que certains de ses collègues d’origine européenne, arrivés en même temps que lui (vers 1990) et à un niveau comparable voire inférieur, sont aujourd’hui cadres.

Monsieur N’Gahane trouve gênante la notion de quotas car ce qui est primordial est la reconnaissance des compétences de l’individu. Ne nous voilons pas la face : à formation équivalente, à expérience similaire, le «Blanc» remportera toujours la palme sur l’être de couleur dans les sociétés occidentales.

Il suffit d’envisager quelques exemples simples, témoins des mentalités figées dans l’immobilisme et les préjugés, pour adhérer à cet argument. Combien d’esprits « blancs » assez éclairés oseraient envisager d’installer un homme noir sur le trône de Saint Pierre au Vatican ? Quand les Chrétiens, des gens de bonne foi, accepteront-ils de réviser l’image du Christ affichée dans leurs manuels et leurs églises ? Il est pourtant évident que, étant donné ses origines et son lieu de naissance, Jésus de Nazareth ne soit pas aussi «blanc» que tel qu’il est représenté !

Soyons lucides, les pensées des anciens maîtres du monde, ces Européens du Siècle des Lumières, ne sont pas encore prêtes à vraiment changer en octroyant à chacun la place, les droits et les privilèges qui lui reviennent légitimement.

Aux côtés de la propagande officielle subsistent des fossés qui séparent toujours le rêve, un idéal, de la réalité, un monde impitoyable.

Aujourd’hui Barack Obama est élu aux USA et Monsieur Pierre N’Gahane devient préfet des Alpes de Haute Provence. C’est le rêve. Toutefois, aux Etats-Unis, le chômage des Noirs est le double de celui des Blancs, le revenu moyen d’un Noir stagne depuis 30 ans à 60% de celui d’un Blanc et il y a 4 fois plus de foyers noirs vivant sous le seuil de la pauvreté. En France, 61% de la population noire avoue être victime d’actes racistes au moins une fois par an et une enquête récente révèle que 18% de refus d’embauche sont liés à la couleur de leur peau. Ca c’est la réalité !


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FRANCE DE NOIRS


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Le gouvernement français a nommé, Mercredi 12 Novembre 2008, Monsieur Pierre N’Gahane nouveau préfet des Alpes de Haute Provence. Agé de 45 ans, Monsieur N’Gahane était auparavant préfet délégué à l’égalité des chances de la région Provence Alpes Côte d’Azur. Jusqu’ici l’information est anodine. Une nomination, une de plus, dans la valse des hauts fonctionnaires. Une promotion, bravo à l’heureux élu car la valeur de son travail est décemment reconnue. Naturellement il y a de tout cela dans le choix de Monsieur N’Gahane. Mais il y a un petit quelque chose en plus auquel je ne peux m’empêcher de penser. Tout d’abord plusieurs journaux ou articles Internet ont titré : « Nouveau préfet noir en France ».

Bien sûr que Monsieur N’Gahane détient cette infime « particularité » qu’il ne fallait surtout pas omettre de faire remarquer. Dans le sillage de l’élection de Barack Obama, 8 jours exactement après sa victoire, il eut été stupide que le gouvernement ne se fasse pas un peu de bonne pub en nommant une personne de couleur pour un poste à hautes responsabilités et que surtout les médias oublient de mentionner que la France aussi applique pleinement une saine politique de l’égalité des chances. Il est effectivement essentiel d’insister sur la couleur de peau d’un individu lorsque ce dernier bénéficie d’une promotion. Comme il est fortement recommandé d’appuyer sur les origines camerounaises de Monsieur N’Gahane afin que le lecteur comprenne bien que l’Etat français n’octroie pas seulement une chance à un Français à la peau sombre mais également à un homme né en Afrique.

Mais combien ont relaté que l’heureux élu est docteur en sciences de gestion et qu’il avait été vice-président de l’université catholique de Lille ? Qu’il était issu d’une famille de 7 enfants, que son père avait été inspecteur des impôts, qu’il est né à Yaoundé et n’est arrivé en France qu’à 20 ans, après avoir obtenu un baccalauréat scientifique ? Que son objectif initial n’était que d’étudier pendant 4 ou 5 ans en France puis de retourner dans son pays ? Que dès son arrivée il a été témoin d’actes racistes, que choqué il avait décidé de rentrer mais que sa famille l’a persuadé du contraire ? Combien ont rapporté que c’est la crise économique qui a sévi dans la seconde moitié des années 80 en Afrique qui l’a contraint à demeurer sur notre sol  et à soutenir une thèse de doctorat en sciences de gestion à l’université catholique de Lille où, par la suite, il est devenu maître de conférences ? Combien ont stipulé qu’en 1996, à 33 ans, il est nommé doyen de la faculté libre des sciences économiques de l’université catholique et qu’en 1997 il en est le vice-président ? Très brièvement, quelque part… Ce n’était pas primordial ! Puis de rectifier que Monsieur N’Gahane n’était pas le premier « Noir » à accéder à un tel poste, que des préfets antillais l’avaient précédé mais qu’il était le premier d’origine étrangère. Comme par hasard ! Au lendemain du choix de Barack Obama (pour moitié d’origine kényane) le gouvernement n’avait qu’un candidat d’origine camerounaise à féliciter et donc promouvoir ? Non que je dénigre les qualités de Monsieur N’Gahane, loin s’en faut, mais que je suppute que les dirigeants ont voulu se servir de ses compétences pour démontrer qu’ils étaient tout aussi tolérants que les Américains face à l’urne.

Naturellement on va nous bassiner les oreilles sur l’égalité des chances… L’égalité des chances, grande cause nationale pour l’année 2006 : une charte de la diversité, un Grand Prix de la diversité 2006 en entreprise, un collectif d’associations présidé par Daniel Picouly, des grandes actions à mener dans les domaines de l’emploi, de l’éducation, du logement et de la politique de la ville, lutte contre les discriminations, pour la parité hommes/ femmes, démarches en faveur des handicapés… Des paroles, des paroles, et fin 2008 la France en est toujours au même stade : les médias font un gros titre du choix d’UN préfet à la peau noire d’origine camerounaise ! Pour combien d’oubliés ?

Même Monsieur Azouz Begag qui a été ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances du 02.06.2005 au 05.04.2007 sous le gouvernement de Monsieur Dominique de Villepin évoque dans son essai « Un mouton dans la baignoire » sa difficile adaptation à la vie gouvernementale ainsi que les déboires qu’il a connus à son poste.

Même Madame Rama Yade-Zimet admet dans un entretien qu’elle a accordé à la sortie de son ouvrage « Noirs de France » que l’on « peut faire semblant de croire, comme on le fait depuis 30 ans, que le modèle traditionnel d’intégration marche pour les Noirs. On peut aussi tourner autour du pot avec des concepts aussi creux que l’égalité des chances qui n’ont pas fait avancer les choses d’un iota ».

La France compte à peu près 64 millions d’habitants. La population originaire d’Afrique noire est estimée à environ 5 millions soit 9% de la masse totale (12.4% d’Afro-américains aux USA en comparaison). Les DOM-TOM, majoritairement noirs, représentent environ 2 600 000 âmes. Notre pays comporte donc environ 7 500 000 personnes de couleur noire soit 12% de la population globale.

Parmi toutes ces personnes il s’y trouve sans aucun doute des acteurs valeureux, des grands comiques, des excellents chanteurs, des journalistes talentueux, des politiciens et politiciennes motivées, des inventeurs de génie, des stylistes novateurs, des écrivains inspirés… Des êtres ordinaires dotés de dons qui auraient du leur ouvrir indubitablement les portes d’une certaine notoriété s’ils n’avaient pas été noirs ! Où Sont nos Barack Obama, nos Will Smith, Denzel Washington, Forrest Whitaker, Don Cheadle, Jamie Foxx, Eddy Murphy, Oprah Winfrey, Beyonce, Alicia Keys, Jay-Z, Kanye West, Akon, Ahmad Rashad ?...

Alors qu’une agence d’études et de conseils en marketing et communication mène des enquêtes de marché et des sondages auprès des populations afro-françaises, signe que ces personnes représentent un panel non négligeable en parts de marché, la France « oublie » de leur rendre un digne hommage en les intégrant au sein de ses VIP. Aucune série télévisée n’invite de héros de couleur avec un rôle digne de ce nom, aucun film français n’est capable d’offrir une tête d’affiche à un Noir. Hormis Harry Roselmack et Audrey Pulvar, pas un seul visage « bronzé » dans la mire du petit écran !

Par contre dans le milieu sportif, nul n’oublie les aptitudes physiques des Noirs et on n’hésite pas un instant à naturaliser vite fait bien fait n’importe quel Africain apte à nous fournir une médaille ou un titre. Tandis que son frère de misère inapte à courir derrière un ballon ou incapable de briller avec une raquette devra ramer pendant des mois pour potentiellement espérer obtenir un titre de séjour à durée de vie limitée voire très limitée, gagnera la chance de travailler comme agent de sécurité et de vivre dans un foyer Adoma ou un appartement miteux dans une ZUP.

L’égalité des chances. Une utopie pour des milliers de gens de couleur qui croient vraiment que la France, dont naguère ils étaient une colonie, est un eldorado où s’offrira enfin pour eux un espoir de vivre debout. Ils rêvent à la France de Yannick Noah, une des personnalités préférés des Français, à celle de Zinedine Zidane ou de Thierry Henry mais ils ne savent pas encore qu’ici Barack Obama est un mythe, une légende vivante, un de leurs frères élu dans un pays très lointain, un héros qui, comme tous les héros, peuplent les livres d’Histoire et d’histoires et seulement ceux-là… 

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02 novembre 2008

REPERCUSSIONS DE LA CRISE BOURSIERE SUR L'AFRIQUE

L’information peut-elle engendrer des conséquences fâcheuses sur l’individu ? Depuis longtemps je suis une adepte de l’information à outrance car, via tous les moyens mis à notre disposition (journaux, magazines, ouvrages, télévision et Internet), l’homme dispose de supports complets lui permettant d’accéder à une source intarissable de connaissances. En permanence il peut ouvrir son esprit et recevoir images, témoignages, rapports, documentaires… Et je suis une boulimique en matière de savoir ! Toutefois, depuis plusieurs jours, je ressens comme un malaise profond en moi lorsque j’accède à l’information. Balancé dans un univers rongé par les guerres, la famine, la violence, la pollution et le chômage, l’individu détient désormais une raison supplémentaire d’envisager son avenir d’un œil plus que négatif : la crise financière internationale. Et la sur-médiatisation de l’événement ne fait qu’amplifier son inquiétude. La multiplication exagérée de gros titres, d’articles, de débats, de chroniques sur les pages électroniques relatant de la question nourrissent nos pensées jusqu’à l’overdose ! Naturellement que nous sommes conscients qu’un cataclysme géant s’abat sur les bourses de la planète car une catégorie de paresseux avides de gains faciles a voulu s’en mettre plein les poches en jouant aux traders comme, hier encore, ils s’éclataient dans leur salon avec leur manette de console ! Bien sûr que nous sommes avertis que la surenchère de certaines valeurs n’a été uniquement générée que pour assouvir la cupidité  de ces complices du diable sans scrupules, que nombre de banques américaines ont accordé des prêts immobiliers tous azimuts et ce pour mieux relever ultérieurement leur taux et jeter ainsi sans vergogne des centaines de foyers à la rue en leur saisissant leur logis ! Compte tenu de la masse de propos nous assommant en permanence de toute part, il est clair que nous sommes incapables d’échapper à la cruelle réalité ! L’envie d’en finir une bonne fois pour toute doit même traverser la raison des plus fragiles d’entre nous !

Toutefois, quelle que soit l’intensité du marasme actuel, deux détails m’ont choquée :

- Les journalistes, consultants économiques et responsables politiques sont d’accord sur un point : l’argent ne manque pas, l’épargne est florissante, les capitaux sont seulement « gelés » sur les comptes des particuliers. Cette révélation implique donc que les banques, fauchées comme les blés, spéculent uniquement avec les fonds de leurs clients, se faisant des bénéfices dans leur dos ainsi que sur celui de ceux qu’elles accablent de frais en tout genre appliqués au moindre dérapage. La morale de cette histoire est qu’il est permis aux banques d’utiliser comme bon leur semble l’argent qui ne leur appartient pas, donc qu’elles ne possèdent pas, en toute impunité, que cela leur revient à émettre des « chèques en bois » mais que ce même comportement est interdit pour le particulier ! Faites ce que je dis mais pas ce que je fais !...

- Et les plus pauvres dans tout ce bazar ? Oubliés, à la trappe ! Comme d’habitude… Il est de rigueur de se soucier de la récession qui fera inévitablement suite à cette crise, de la perpétuelle baisse du pouvoir d’achat, des séjours de vacances réduits à 15 jours au lieu de 3 semaines chez Mr Dupont, de l’automobile neuve que Mr Durand ne pourra plus acquérir, de la paire de souliers rouges que Mme Dubois ne pourra plus assortir à son Lancel… Mais qui se soucie de ce qu’il y aura dans l’assiette de l’indigent qui loge au mieux sous les ponts et sur les cartons ? Quel spécialiste s’interroge vraiment sur les répercussions à craindre dans les pays les plus miséreux de la terre, en Afrique notamment ? J’ai beau fouillé tous les fichiers de mon cerveau, je ne trouve aucune trace de cette préoccupation pourtant majeure !

S’il est une évidence que l’Afrique n’offre en rien matière à faire la une de la presse qui se vautre pitoyablement dans la bauge des peoples, essayons tout de même de nous inquiéter au sort hypothétiquement réservé à ce continent qui souffre déjà tellement.

Dans un premier temps il est plus que raisonnable d’admettre que la crise qui gangrène actuellement les marchés boursiers est une crise de financement propre aux systèmes bancaires des pays les plus développés. Ce n’est qu’un manque d’apport de fonds car les banques ne font plus circuler l’argent entre elles. Ce paramètre essentiel implique que, logiquement, seuls les états ayant intégré les principes internationaux (l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Maroc…) seront plus directement touchés par la débâcle boursière. En tout état de cause, l’Afrique noire ne craint guère d’être radicalement atteinte de plein fouet au sein même de ses institutions bancaires puisqu’elles ne pratiquent quasiment pas d’opérations de crédits octroyés aux particuliers.

De plus, il est également certain que les conséquences varieront en fonction du degré de développement des pays. En effet, un état qui, globalement, parvient à survivre via les productions locales subira moins dangereusement les effets indésirables de cette crise car il n’est pas fondamentalement assujetti aux mêmes besoins qu’une nation dépendante de ses importations.

Malheureusement, même si certaines régions pourront, dans un premier temps, échapper au marasme, il est hélas indéniable que l’Afrique sera confrontée tôt ou tard à l’impact laissé par les troubles actuels.

De fait, il est à craindre que le manque de confiance qui fige actuellement les occidentaux produira une baisse des investissements en Afrique : si les mieux nantis refusent de placer leurs capitaux dans des valeurs qui, par le passé, ont fait leurs preuves, il y a fort à parier qu’ils ne se risqueront pas à subventionner des projets à réaliser dans des contrées aux régimes politiques trop souvent instables… La baisse des contributions étrangères devrait créer au mieux une paralysie de la croissance voire une chute et, par effet de « boule de neige », une aggravation de l’inflation et un affaiblissement des monnaies africaines.

De plus, suite au krach auquel nous assistons actuellement, suivra une période de récession dans tous les pays concernés. Cette ère de « dépression » sera un cycle plus que néfaste pour tous les Africains, l’Afrique noire tout spécialement. Assurément, c’est là que les répercussions seront les plus catastrophiques sur l’économie réelle car les banques occidentales ne se prêtant déjà pas entre elles, elles prêteront d’autant moins à leurs consoeurs africaines ; de surcroît, la récession entraînera une baisse des transferts de fonds en provenance de la diaspora africaine avec tous les retentissements et sanctions que nous ne sommes pas sans ignorer sur les familles dépendantes de ces aides…

Par ailleurs, nous savons pertinemment que lors d’une phase de récession il y a une baisse de la demande en « produits finis », donc une chute de la production et  une réduction des besoins en matières premières (point fort de l’Afrique).

D’autre part, un déclin du dollar se profile d’ores et déjà à l’horizon, compte tenu de l’ampleur des dégâts déjà effectifs aux USA. Les matières premières se négociant en dollars, cela provoquera vraisemblablement un effondrement des cours et, par ondes de répercussion, une diminution sans doute notable des revenus des entreprises productives. Naturellement la zone « francs CFA », arrimée à la zone euros, produira toujours dans une monnaie forte mais en contrepartie devra vendre moins cher (en l’occurrence, souvent à perte). Quoiqu’il en soit c’est un cercle vicieux pour les industries africaines…

Parvenus à ce stade nous n’avons malheureusement pas encore abordé le point le plus épineux de la question : l’impact de la crise sur l’aide humanitaire fournie à des millions de populations en détresse totale. Ne nous voilons pas la face, si les restrictions n’entameront probablement pas les apports des donneurs les plus riches, elles anéantiront par contre les soutiens gouvernementaux. Lorsque l’on sait qu’avant la débâcle 25 milliards de dollars avaient été publiquement promis à l’Afrique d’ici à 2010 et que seulement 4 milliards ont été jusqu’à présent versés, que pouvons-nous espérer désormais ? Plus que jamais l’Afrique se mourra sous l’œil avare de l’occidental apeuré à l’idée d’être enterré sans ses billets !

Toutefois, si les gouvernements en place s’avèrent, pour une fois, intelligents, l’Afrique peut tirer profit de cette crise. En effet, aux responsables de convaincre les fortunés d’investir sur leur continent. Si le message délivré est convaincant, il se concrétisera par une réduction des évasions de capitaux et une hausse des investissements locaux.

En outre, il faut prévenir le « scénario catastrophe » qui se profile à l’horizon en accélérant et accentuant le commerce avec la Chine et l’Inde. Ces deux puissances sont, en premier lieu, les seules à détenir des liquidités financières, ne sont pas très exigeantes sur la moralité des pouvoirs en place et, par-dessus tout, dotent les régions d’infrastructures indispensables à toute bonne évolution économique. Tous les produits fournis par ces deux « géants » ne sont certes pas d’une qualité exceptionnelle mais ils ont le mérite de fournir à ceux qui peuvent en profiter les bases essentielles pour envisager un essor futur.

En conclusion, il est indubitable que l’Afrique souffrira durement si les responsables occidentaux ne parviennent pas à trouver une parade valable et durable au séisme qui secoue actuellement les places boursières internationales. Plus que jamais l’Afrique devrait faire preuve de volonté et d’ingéniosité afin d’affirmer enfin la réelle valeur de ses ambitions.

 

 

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