10 mai 2009
INSTANT CHOISI
Le clocher retentit,
Il est enfin midi.
Dans un coin retranché,
Loin des faims déchaînées,
La fillette s’installe soigneusement
Pour un régal plaisant.
Le panier délivre des senteurs alléchantes,
Le déjeuner inspire des saveurs ravissantes.
Un chien rôdant alentour,
Vagabond gourmand au long cours,
Est attiré par sa corbeille d’osier
Et convoite son repas dissimulé.
Délicatement l’enfant soulève la serviette à carreaux,
Quelques miettes s’échappent sur son manteau,
L’animal profite de son insouciance surprise
Pour dérober une tranche de ses friandises.
Réjouie en son innocence,
Elle s’émerveille de sa chance,
Pardonne son bandit compagnon,
Plus coquin que fripon,
En son âge peu de caprices,
Juste une pomme et du pain d’épices.
05 janvier 2009
BALLERINE
Embellie d’un chapeau lune
D’où ruissellent ses boucles brunes,
Evanescence drapée d’une vaporeuse mousseline,
Elle danse telle une onduleuse colombine.
Elle dessine des arabesques dans le ciel
Effleurant tout en finesse les rayons du soleil.
La taille enlacée de rubans
Envolés sur les ailes du vent,
Dans la grâce de ses élans,
Elle valse sur les nuages fuyants.
Brindille délicate papillonnant sur une plume,
Elle scintille en écarlate au-delà des paravents de brume.
Eludant les oscillations des champs dorés,
S’évadant sur les vibrations d’un chant sacré,
Elle entraîne les oiseaux dans un ballet étourdissant,
Déchaîne les ruisseaux d’un balancé éblouissant.
Dans un tourbillon de pirouettes effrénées,
Elle fait jaillir sa silhouette élancée.
Frêle ballerine glissant sous les larmes du couchant
Telle une algue marine plissant sous les lames de l’océan,
Elle s’évanouit au cœur des étoiles
Dans l’infini
des lueurs du sombre voile.
04 janvier 2009
SOLDAT
Soldat part à la guerre
Pour défendre ses frères,
Effacer les enfers
Et mourir pour cette terre.
Chevalier vaillant de tous les temps
Dans son armure a traversé les ans.
Il souhaiterait s’arrêter un instant
Mais la paix n’est pas encore pour maintenant.
Lutter contre les vents,
Abattre les titans,
Son unique destinée,
Sa seule raison d’exister.
Un autre siècle s’achève,
Il attend toujours la relève.
Hélas il subsiste des révolutions,
Des haines et des soumissions.
En ces combats, aux champs d’honneur,
Il doit vivre ses heures,
Nos jours sont entre ses mains,
De son courage dépendent nos destins.
Il le sait, il l’admet,
En dépit des questions, des regrets.
A la vue des géants qui se déchirent
Pour ensuite mieux se sourire,
Face à ces cimetières qui se remplissent
De trop d’âmes mortes par injustice,
La raison l’abandonne,
En son sommeil des chars résonnent.
Le dégoût l’envahit
Devant ces vies
Que sans pitié l’on assassine,
Sans que ce ne soit ni honte ni crime.
Combattre les souffrances,
Détruire les décadences,
Afin que renaisse l’espoir,
Pour assagir l’histoire,
Il suit tous ces chemins
Mais prie pour ses matins.
Lutter pour faire semblant,
Seulement prouver que l’on est les plus grands,
Ravager les contrées sans remords,
Partout semer la mort,
Tuer des innocents,
Massacrer les enfants,
Violer les femmes,
Déchaîner les larmes,
Tous ces clichés assaillent sa mémoire
Et engendrent la peur quand vient le soir.
Désormais il rejette toutes ces attitudes
Encrées dans les habitudes.
Du soldat il désire une autre image,
Une considération différente du personnage.
Il veut être ce héros qui tombe pour sa patrie,
Pour sa bravoure que l’on envie,
Qui périt debout
Plutôt que de trahir à genoux,
Pour sa loyauté que les nations décorent,
Pour sa fierté que les familles honorent,
Mais plus ce type anonyme et Sali,
Vétéran trop tôt vieilli et maudit,
Qui livre bataille sans répit
Et meure dans
l’oubli.
REFUS
Toujours vivre avec raison
Suivre de stupides législations
Seulement un instant abandonner
Ces préjugés erronés.
Possible
Les inadmissibles.
Effacés les implacables
Pour être respectable
Jeter ces cartables
Qui rendent les esprits indéformables.
Etre convenable
Ne signifie
pas être sottement aimable.
SEPARATION
Trop d’abus,
L’amour n’est plus,
Ne restent que les différences,
La vie, une intolérance.
Effacée l’envie,
Ne subsiste que l’ennui,
Les passions s’éteignent,
Les cœurs saignent,
Tant de peine
En des jours chargés de haine.
Les matins habitudes,
Les soirs solitude,
Ensemble devient insupportable,
Les heures sont si banales,
Tellement de disputes dangers pour nos enfants,
De nos destins insouciants,
Mieux vaut chacun partir
En gardant de nos bonheurs les souvenirs.
Ne pas tout gommer de nos mémoires,
Parfois même se raconter nos histoires,
Seulement s’éloigner en douceur
Afin que survive le meilleur.
Sagement prendre un nouveau départ,
Avec quelqu’un ou quelque part.
Sans cris, sans colère,
Eviter la guerre,
Eluder nos erreurs,
Apaiser nos rancoeurs.
Surtout ne jamais regretter,
Se dire que le pire a été évité.
Songer à nos moments de grandeur,
A notre amour et ses couleurs.
Le mariage, une aventure manquée,
Quelques clichés mais aussi des bébés.
Déplorer les paroles tues,
Les regards inconnus,
Les silences incompris,
Les écarts non admis.
Se rappeler les soirs d’été,
S’avouer que l’on s’est aimé.
SILENCE
Silence, absence,
Silence, présence,
Silence, souffrance,
Silence, intolérance,
Silence, trop de sens.
Dans le silence morbide,
Lourd ce vide.
Dans le silence des nuits noires,
Dur de veiller tard.
Dans le silence des amours,
Bien peu de retours.
Même si le bonheur a une fin
Pourvu qu’elle soit loin.
Dans le silence des malheurs,
Qu’elles sont longues les heures.
Dans le silence de cet enfer,
Mener sa propre guerre,
Dire voire hurler,
Hélas rien ne sert de crier
Car dans ces existences
Règne toujours le silence.
30 décembre 2008
VOYAGES
Vacances d’envie
Vacances de vie,
Oubli de l’ennui,
Voyages pour la survie.
Sur les sentiers de ma mémoire
J’use mes histoires.
Sur les voies de ta connaissance
Tu bâtis une autre existence.
J’erre sur les routes de mes songes
Pour éluder tous les mensonges.
Tu vogues sur les mers de ton intelligence
Pour éviter trop d’indifférence.
Je franchis les murs de mes rêves
Afin que mes déceptions s’achèvent.
Tu explores les grottes de ton inconscient
Afin de fuir ces durs instants.
Ma raison s’égare du monde
Car je ne veux plus tourner dans la ronde.
Ton esprit s’évade dans les livres
Pour que ton être continue à survivre.
En nos périples de multiples différences,
En notre exode la même tolérance.
Ensemble nous pourrions ouvrir un chemin,
Penser, engendrer des lendemains,
Ta force et ton génie pour construire,
Mon
imagination et mon amour pour embellir.
TA VOIX
Lorsque j’entends ta voix,
Un univers de sens vibre en moi.
Ta voix est colère
Quand sur cette terre,
Tu vois ces frères
Mourant dans leurs misères,
Tu clames leurs souffrances,
Admises par indifférence,
Bien haut,
Car c’en est trop !
Ta voix est révolution
Face à toutes ces prisons
Où l’on enchaîne
Seulement par haine.
Tu abhorres l’intolérance,
Source de toutes les décadences,
Même si c’est un tort
Tu t’engages très fort.
Ta voix est amertume
Si la vie se limite aux coutumes.
Lorsque gagne la solitude,
Tu perds toute attitude.
Tes mots sont larmes
Quand la mort sonne l’alarme,
Tu détestes tous ces drames,
Assassins de fantasmes.
Ta voix est bonheur
Dans le calme des heures.
Effacés les pleurs
Par des élans de douceur.
La famille, les amis,
Leur discrétion, leur modestie.
S’évader en secret,
Ne pas trop parler.
Ta voix est amour
Sublime voyage, aller sans retour.
Tu oses jusqu’au délire
Afin de vivre la folie des désirs.
Aimer s’accomplit dans l’envie,
Dans l’ivresse, hors l’ennui.
S’offrir au-delà de soi,
Tes sentiments ne sont que pour moi.
Ces choses-là sont tant de toi
Que tu ne me les dévoiles que tout bas.
25 décembre 2008
N'ATTENDS PLUS
Le soir se fait tard,
Ton âme s’égare dans le brouillard
Des méandres de ta mémoire,
Inutile retour pour une autre histoire.
Tes souvenirs reviennent à la charge,
Avec leurs bons côtés, leurs belles images,
Avec leurs regrets, leurs zones sales,
Bilan ordinaire d’une vie banale.
Tu vis sur cette terre,
Bien seul parmi tes frères,
Solitaire dans ta misère,
Aveugle devant ton enfer.
De tout ça tu as mal
Mais tu as trop admis que c’était normal.
Tu as attendu cette main,
Ce fut toujours en vain.
Tu as cherché ce regard
Qui te guiderait tel un phare,
Quelqu’un, quelque part,
Des êtres un peu moins bizarres,
Ce ne furent que des pleurs
Qui noyèrent tes heures.
Tu as parcouru tout l’univers
Pour découvrir la flamme mère,
C’est la solitude
Qui meuble tes habitudes.
Tu n’as jamais déchiffré le sens
Des symboles de ta chance.
Cependant as-tu bien essayé,
As-tu vraiment osé, tout tenté ?
La vérité n’est pas forcément là où l’on pense.
Futiles mirages de gloire, de puissance,
Inutile de se perdre si loin,
Le bonheur existe pour bien moins.
Ridicule de sans cesse vouloir
Que les autres effacent ton noir,
Prends ton destin par la main,
Dessine-toi d’autres lendemains,
Donne un geste, un signe,
Même stupide, même infime,
Pour que les gens te voient,
Afin qu’ils croient en toi.
Un jour tente le premier pas,
Ecoute ces hommes et leur foi.
Ne tais plus tes sentiments
Car la vie se meure lorsque l’on ment.
Oublie les absences,
Bénis les présences,
Accepte les différences,
Bannis les intolérances.
Admire le monde avec des yeux nouveaux,
Aime avec un cœur tout beau.
N’attends plus que l’on agisse pour toi,
N’attends plus que l’on vienne vers toi,
N’attends plus que l’on n’aime que toi,
N’attends plus que l’on gagne pour toi.
La vie par procuration
N’est que source de désillusions,
De haine et de mépris,
Décide de tes envies,
Evade-toi de tes soucis,
Mène ta propre vie.
Le bonheur triomphe si l’on désire s’y risquer
Mais rappelle-toi qu’il faut d’abord vouloir aimer.
13 décembre 2008
JE T'AIME MAMAN
Au printemps de ma vie, en mon berceau impuissant,
Ignorant le génie de ces mots charmants,
Seuls mes sourires, mes regards innocents
Egalaient tes plaisirs et tes égards ardents.
Quand vint la belle saison, l'été de mon séjour,
Trop rebelle en mes raisons, échappé de tes jours,
J'omettais de t'offrir ces propos reconnaissants
Que tu espérais en tes délires, chauds et réconfortants.
Puis surgit l'automne, l'amorce du déclin,
Les défis manqués de l'homme face à la force de son destin,
Je concevais stupide cette image puérile,
Tu attendais sans doute encore cet hommage futile.
C'est l'hiver qui traîne, la solitude du crépuscule,
Le désert des rêves et l'amertume qui bouscule.
Les regrets du pire en nos présents,
Car j'ai oublié de te dire : JE T'AIME MAMAN.












