30 décembre 2008
VOYAGES
Vacances d’envie
Vacances de vie,
Oubli de l’ennui,
Voyages pour la survie.
Sur les sentiers de ma mémoire
J’use mes histoires.
Sur les voies de ta connaissance
Tu bâtis une autre existence.
J’erre sur les routes de mes songes
Pour éluder tous les mensonges.
Tu vogues sur les mers de ton intelligence
Pour éviter trop d’indifférence.
Je franchis les murs de mes rêves
Afin que mes déceptions s’achèvent.
Tu explores les grottes de ton inconscient
Afin de fuir ces durs instants.
Ma raison s’égare du monde
Car je ne veux plus tourner dans la ronde.
Ton esprit s’évade dans les livres
Pour que ton être continue à survivre.
En nos périples de multiples différences,
En notre exode la même tolérance.
Ensemble nous pourrions ouvrir un chemin,
Penser, engendrer des lendemains,
Ta force et ton génie pour construire,
Mon
imagination et mon amour pour embellir.
TA VOIX
Lorsque j’entends ta voix,
Un univers de sens vibre en moi.
Ta voix est colère
Quand sur cette terre,
Tu vois ces frères
Mourant dans leurs misères,
Tu clames leurs souffrances,
Admises par indifférence,
Bien haut,
Car c’en est trop !
Ta voix est révolution
Face à toutes ces prisons
Où l’on enchaîne
Seulement par haine.
Tu abhorres l’intolérance,
Source de toutes les décadences,
Même si c’est un tort
Tu t’engages très fort.
Ta voix est amertume
Si la vie se limite aux coutumes.
Lorsque gagne la solitude,
Tu perds toute attitude.
Tes mots sont larmes
Quand la mort sonne l’alarme,
Tu détestes tous ces drames,
Assassins de fantasmes.
Ta voix est bonheur
Dans le calme des heures.
Effacés les pleurs
Par des élans de douceur.
La famille, les amis,
Leur discrétion, leur modestie.
S’évader en secret,
Ne pas trop parler.
Ta voix est amour
Sublime voyage, aller sans retour.
Tu oses jusqu’au délire
Afin de vivre la folie des désirs.
Aimer s’accomplit dans l’envie,
Dans l’ivresse, hors l’ennui.
S’offrir au-delà de soi,
Tes sentiments ne sont que pour moi.
Ces choses-là sont tant de toi
Que tu ne me les dévoiles que tout bas.
25 décembre 2008
N'ATTENDS PLUS
Le soir se fait tard,
Ton âme s’égare dans le brouillard
Des méandres de ta mémoire,
Inutile retour pour une autre histoire.
Tes souvenirs reviennent à la charge,
Avec leurs bons côtés, leurs belles images,
Avec leurs regrets, leurs zones sales,
Bilan ordinaire d’une vie banale.
Tu vis sur cette terre,
Bien seul parmi tes frères,
Solitaire dans ta misère,
Aveugle devant ton enfer.
De tout ça tu as mal
Mais tu as trop admis que c’était normal.
Tu as attendu cette main,
Ce fut toujours en vain.
Tu as cherché ce regard
Qui te guiderait tel un phare,
Quelqu’un, quelque part,
Des êtres un peu moins bizarres,
Ce ne furent que des pleurs
Qui noyèrent tes heures.
Tu as parcouru tout l’univers
Pour découvrir la flamme mère,
C’est la solitude
Qui meuble tes habitudes.
Tu n’as jamais déchiffré le sens
Des symboles de ta chance.
Cependant as-tu bien essayé,
As-tu vraiment osé, tout tenté ?
La vérité n’est pas forcément là où l’on pense.
Futiles mirages de gloire, de puissance,
Inutile de se perdre si loin,
Le bonheur existe pour bien moins.
Ridicule de sans cesse vouloir
Que les autres effacent ton noir,
Prends ton destin par la main,
Dessine-toi d’autres lendemains,
Donne un geste, un signe,
Même stupide, même infime,
Pour que les gens te voient,
Afin qu’ils croient en toi.
Un jour tente le premier pas,
Ecoute ces hommes et leur foi.
Ne tais plus tes sentiments
Car la vie se meure lorsque l’on ment.
Oublie les absences,
Bénis les présences,
Accepte les différences,
Bannis les intolérances.
Admire le monde avec des yeux nouveaux,
Aime avec un cœur tout beau.
N’attends plus que l’on agisse pour toi,
N’attends plus que l’on vienne vers toi,
N’attends plus que l’on n’aime que toi,
N’attends plus que l’on gagne pour toi.
La vie par procuration
N’est que source de désillusions,
De haine et de mépris,
Décide de tes envies,
Evade-toi de tes soucis,
Mène ta propre vie.
Le bonheur triomphe si l’on désire s’y risquer
Mais rappelle-toi qu’il faut d’abord vouloir aimer.
19 décembre 2008
BEN AFFLECK ET MICK JAGGER EN CROISADE POUR LE CONGO
Ben Affleck presents charity film on Congo refugees to UN
Vidéo envoyée par ITN
Ben affleck et Mick Jagger viennent en aide aux réfugiés de la République démocratique du Congo en produisant un court métrage afin de récolter des fonds pour les efforts de l'ONU.
le film tourné le mois dernier au Nord-Kivu, province de l'est de la RDC où les combats entre forces gouvernementales et les milices rebelles ont chassé plus de 250 000 personnes de chez elles depuis Août.
Il est intitulé "Gimme Shelter" (Donne-moi refuge) comme la célèbre chanson des Rolling Stones datant de 1969 dans laquelle Mick Jagger dénonce la guerre, le viol et le meurtre.
Le film sera diffusé dans le monde entier par internet, la télévision, les téléphones portables, le cinéma et les chaînes d'hôtels. Sa diffusion vise à collecter 23 millions de dollars pour le Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU
LE ZIMBABWE AGONISE
Tenu pour responsable de l’effondrement économique du Zimbabwe, frappé par l’hyperinflation, un taux de chômage record (80% de la population), des pénuries alimentaires et une épidémie meurtrière de choléra, le président zimbabwéen, Robert Mugabe, nargue le monde en prétendant qu’aucun pays d’Afrique n’aura le courage de le renverser en recourant à la force militaire. Il a même surenchérit en affirmant : « Le Zimbabwe m’appartient. Jamais, au grand jamais je ne vendrai mon pays. Jamais, jamais, je ne me rendrai jamais. Vous ne m’intimiderez pas. »
Ses propos viennent en réponse à la pression des grandes capitales étrangères qui sont de plus en plus nombreuses à souhaiter la démission de ce tyran. Toutefois il est vrai que la plupart des Etats voisins, même s’ils déplorent la situation catastrophique dans laquelle Mugabe a plongé son pays, rejettent l’idée d’une intervention militaire car Mugabe, à 84 ans, demeure toujours un héros de la décolonisation.
Réélu en Juin 2008 lors d’un scrutin entaché de violences et où il était l’unique candidat, le parti de Mugabe ne détient pourtant plus la majorité parlementaire et, selon la logique de circonstance, un gouvernement d’union devrait se former sous la responsabilité du nouveau leader, Morgan Tsvangirai. Ce dernier lors d’une conférence de presse à Gaborone (Botswana) a menacé de refuser de reprendre les négociations si les 42 membres de son parti disparus depuis le 15 Septembre ne sont pas relâchés. Il a également exclu toute négociation sans la médiation de la présidence sud-africaine de la Communauté de développement d’Afrique australe.
Pendant ce temps l’épidémie de choléra s’étend sans répit faisant 1123 morts depuis Août et près de 21000 victimes selon le dernier bilan présenté par le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). Aujourd’hui, 9 des 10 provinces et 48 des 62 districts du pays sont touchés par l’épidémie qui pourrait continuer à se propager avec l’arrivée de la saison des pluies. Ce sont 60 000 personnes qui sont d’ores et déjà exposées selon l’OMS et l’UNICEF. Les épidémiologistes n’excluent pas une extension aux pays voisins (des cas ont été recensés en Afrique du Sud – 859 dont 11 morts – ainsi qu’au Botswana, au Mozambique et en Zambie. De surcroît le Zimbabwe est désormais confronté à la maladie du charbon (anthrax) et 200 cas dont 8 décès ont été recensés.
Devant
l’aggravation de la situation (famine et épidémies), l’organisation humanitaire
OXFAM (ONG basée à Londres) a lancé, Jeudi 18 Décembre, un appel aux dons pour
un montant de 4.25 millions d’euros et prévoit que, compte tenu de la situation
actuelle, la crise devrait s’aggraver en 2009 et ce serait entre 5 et 6
millions de zimbabwéens qui dépendraient entièrement de l’aide humanitaire. Les
Nations Unies avait, par ailleurs, lancé un appel pour réunir 550 millions de
dollars (environ 437 millions d’euros) pour financer diverses opérations
humanitaires. Selon Oxfam, la crise est tellement grave que seuls 10% des
fermiers disposent de semences pour leurs futures récoltes.
Par ailleurs, la banque centrale du Zimbabwe vient de mettre en circulation des billets de 10 milliards de dollars zimbabwéens qui s’échangent contre des billets de 20 dollars américains au marché noir. Les autorités ont relevé le plafond des retraits autorisés et l’ont passé à dix milliards de dollars zimbabwéens par mois. Du fait de l’hyperinflation, les prix à la consommation doublent pratiquement tous les jours.
Face à ce drame, il est vraiment temps que les puissances internationales, notamment l’Afrique du Sud, prennent leurs responsabilités et contraignent Mugabe à quitter le pouvoir sinon c’est à la mort en direct d’un pays tout entier à laquelle le monde va assister sous ses yeux !
18 décembre 2008
EGALITE DES CHANCES ET DIVERSITE
Mercredi 17 Décembre 2008, Nicolas Sarkozy était à l’Ecole polytechnique de Palaiseau afin de promouvoir sa politique d’égalité des chances et de la diversité.
Usant de grandes phrases dignes d’un prêcheur d’église mais qui sonnent tellement fausses dans la bouche de cet individu qui a voulu nettoyer les banlieues au Kärcher, Monsieur Sarkozy veut nous faire croire qu’il est le nouvel apôtre du métissage.
Même s’il a énoncé quelques évidences comme le fait que nous n’ayons pas le choix puisque la diversité qui existe en « bas » devrait être représentée en « haut », Monsieur Sarkozy s’est bien défendu d’émettre un quelconque propos susceptibles de détenir des connotations de discrimination positive fondée sur des critères ethniques.
En présentant son projet destiné à 5 domaines ciblés, Monsieur Sarkozy donnait l’impression d’un opportuniste qui, dans la continuité de « l’effet Obama », comprend la chance qu’offre l’actualité de se placer enfin du bon côté de la barrière en effectuant la promotion des minorités. C’est tellement mode !
Son plan, en fait très timide, se résume à réserver 25% des places dans les classes préparatoires aux grandes écoles aux meilleurs élèves boursiers afin de favoriser la mixité sociale (Auteuil Neuilly Passy…). En voulant créer ce genre de mesure Monsieur Sarkozy a-t-il réellement réfléchi au contexte dont sont issus une grande partie des jeunes, certes aptes intellectuellement à suivre ce genre de cursus d’études, mais totalement incapables socialement de les entreprendre : beaucoup appartiennent à des familles dont le niveau de vie est tellement précaire (vous savez qu’elles sont de plus en plus nombreuses ces familles en France aujourd’hui, Monsieur le Président) qu’ils n’ont pas le choix et l’auront encore moins dans les années à venir, compte tenu de la crise actuelle, que d’aller travailler pour fournir leur quote-part à un foyer qui s’enlise dans la misère de jour en jour. De surcroît, recruter les meilleurs éléments boursiers au sein des structures défavorisées risque d’augmenter gravement le fossé entre les établissements car certains seront les quartiers protégés de l’élite tandis que les autres ne deviendront que des nids pour recalés, les mal partis…
Au sein des entreprises, le Président souhaite populariser le réflexe du CV anonyme et devrait conseiller aux 100 plus grandes entreprises françaises de le mettre en place dès 2009 (pas de soucis donc pour la main d’œuvre venue d’Europe de l’Est qui accepte d’être embauchée à des salaires moins élevés… Car Monsieur Sarkozy n’a sans doute pas songé que si un CV anonyme ne comporte ni photo, nom, adresse, sexe, âge et nationalité, il demeurera toujours révélateur lorsqu’un candidat affichera un cursus universitaire exécuté à Varsovie…
Obligation faite aux entreprises de faire état, dans leur bilan, des actions qu’elles conduisent en faveur de la diversité : pas de problèmes pour les manutentionnaires, les aides soignants et autres agents de sécurité… A quand la vulgarisation des postes à hautes responsabilités dans les entreprises françaises confiés à des personnes d’origine maghrébine ou africaine ?
Attribution des marchés publics conditionnés à la mise en œuvre par les entreprises d’actions favorables à la diversité : aucune objection, la pelle et la truelle pour l’employé issu des minorités, le stylo et l’ordinateur pour le Gaulois…
Monsieur Sarkozy prévoit également la création de classes préparatoires aux concours de la fonction publique, sans tenir compte du fait que les épreuves en elles-mêmes sont de toute façon discriminatoires comme les langues vivantes que l’on acquiert surtout via des séjours linguistiques que les plus défavorisés ne pourront jamais s’offrir.
Cette politique de la diversité devrait aussi s’opérer au sein des partis politiques où des rapports annuels révèleront les efforts accomplis ainsi que dans les médias où le CSA publiera régulièrement un classement des chaînes favorisant le plus la diversité. On se croirait de retour à l’école avec la distribution des prix de fin d’année attribués aux bons éléments. Pour quand Harry Roselmack à la place de Nonce Paolini ?
La diversité, la mixité sociale, l’égalité des chances sont des mentalités, des ouvertures d’esprit ; cela se nomme la tolérance. On est tolérant de nature ou on ne l’est pas ; ce ne sont pas des lois ou des programmes qui changeront grand-chose car ceux qui désirent ardemment vivre en harmonie avec tous les citoyens ne se posent aucune question, c’est inné en eux ; les autres trouveront toujours une parade pour contourner les obligations.
17 décembre 2008
JE FAIS UN REVE POUR L'AFRIQUE
MON PLUS BEAU REVE D'AFRIQUE
Il y a quarante cinq ans, devant des milliers de personnes, un homme Noir énonçait son Rêve pour des millions d’Afro-Américains. Il y a quarante cinq ans le Pasteur Martin Luther King Jr offrait à l’humanité l’un de ses plus beaux espoirs. Aujourd’hui, c’est à ma seule feuille blanche que j’avoue mon Rêve pour l’Afrique et à tous ceux qui désireront lire ces quelques lignes chargées d’espérance pour un continent en souffrance.
Je fais le rêve d’une Afrique avec des grands et somptueux paysages naturels, exotiques et synonymes d’aventures. Ce paradis perdu des histoires d’animaux qui peuplent la mémoire de la nostalgique enfance.
Je fais le rêve d’une Afrique opulente, bénéficiant d’une eau potable à volonté, d’un système d’éducation compétitif, d’alimentation suffisante pour ses populations, d’électricité, de soins de santé de qualité, de technologies et de connaissance de soi, d’une Afrique qui apporte sa pierre à l’édification d’un monde plus fraternel.
Je fais le rêve d’une Afrique réconciliée avec elle-même, qui en finit avec les clichés allant de la naïveté enfantine à l’aliénation mentale, d’une Afrique perçue telle une Grande Dame mature qui enfante des petits respectés sur toute la surface de la terre.
Je fais le rêve d’une Afrique qui remet son histoire à l’endroit, démontre de façon cinglante aux penseurs racistes de Hegel à Sarkozy qu’ils ont eu tord de caractériser l’Afrique comme un être borné qui aurait échappé « à l’angoisse de l’histoire qui tiraille l’homme moderne » et qui fait retrouver à la jeunesse africaine et au Monde Noir la joie de vivre, les raisons de nourrir l’ambition d’un amour toujours plus altruiste pour la grandeur de la terre des Ancêtres en dressant sur la route du mondialisme sa culture plusieurs fois millénaire, son antique civilisation restaurée qui grandit les êtres dans le respect de la vie et de la liberté.
Je fais le rêve d’une Afrique belle dans sa grande ferveur spirituelle, vivante, populaire et collective.
Je fais le rêve d’une Afrique dont le discours sur le continent noir cesse d’être afro-pessimiste en n’alimentant plus l’incertitude, l’apathie et l’insécurité mais révélant ses réussites, surtout humaines.
Je fais le
rêve d’une Afrique qui a quitté les carrefours crasseux de la mendicité
internationale puant le mépris et la supériorité des donateurs, qui n’est plus
à la fois la corne d’abondance qui rend possible le progrès technologique de
l’économie mondiale et le symbole illusoire de tous les maux de l’humanité.
Je fais le rêve d’une Afrique qui a guéri toutes ses plaies, a arrêté le « nettoyage ethnique » au Darfour, réconcilié les parties belligérantes en Côte d’Ivoire et au Tchad, éradiqué la famine en Ethiopie, mis fin aux violences sexuelles dans l’Est du Congo et enraillé l’hécatombe causé par le VIH/SIDA en Afrique australe.
Je fais le rêve d’une Afrique véhiculant une image positive gommant les clichés de vie individuelle précaire où les droits de l’homme sont fragilisés, offrant de vraies opportunités de s’instruire, se former, effaçant dans l’opinion collective les pensées la désignant comme un continent où les rapports humains sont infestés par la violence, un manque d’unité, de coopération entre tous.
Je fais le rêve d’une Afrique rassemblée et réalisée en une solide fédération à la puissance politique, économique et culturelle vigoureusement établie et qui a cessé d’assister impuissante aux transferts de ses richesses et fini de n’être qu’une masse d’ouvriers non qualifiés manipulables et éjectables par des capitalistes toujours plus insolents et prédateurs.
Je fais le rêve d’une Afrique où les dirigeants seront éclairés et volontaires, posséderont le sens du devoir et du sacrifice utile, seront insensibles au charme corrupteur des pétrodollars, ne refléteront plus que la Paix et la justice sociale à travers un continent où la corruption et l’immoralité ne seront plus érigées en valeur de référence.
Je fais le rêve d’une Afrique qui sera une terre où l’intellect et la rentabilité financière ne prendront plus le pas sur le cœur et l’épanouissement.
Je fais le rêve d’une Afrique où les intellectuels ne se nourriront plus uniquement d’une pensée venue d’ailleurs pour les berner mais oseront remettre en question les théories étrangères menteuses pour élaborer leurs propres points de vue en faisant la somme de leurs intelligences et leurs volontés complémentaires.
Je fais le rêve d’une Afrique où les intellectuels avec les hommes et femmes d’action auront brisé à jamais les ailes d’une démocratie maquillée dirigée par des présidents à vie incompétents et inconscients.
Un rêve est souvent une utopie, un idéal que l’on souhaite ardemment réaliser et le vendre au reste du monde comme une évidence. C’est cet éclat de l’esprit qui permet de croire, d’espérer et d’avancer. En Afrique, plus qu’ailleurs les gens ont besoin de rêver et, avec eux, je veux me persuader que, comme ce petit homme Noir que j’admire tant, le rêve que je fais aujourd’hui, un jour sera réalité.
MA MERVEILLEUSE BELLE-MAMAN DONT J'AI SI LONGTEMPS REVEE
16 décembre 2008
CONSEQUENCES DU CHANGEMENT CLIMATIQUE SUR L'AFRIQUE
Le changement climatique affecte l’ensemble de la planète. Si certains pays vont payer un lourd tribut à leur cupidité. Malheureusement tout le monde devra supporter les conséquences de ces inconsciences et mettre la main au portefeuille pour régler cette note salée. D’emblée, bien évidemment, on se doute que ce sont les plus démunis, l’Afrique en tête, qui souffriront le plus de ces comportements irresponsables. Le paradoxe dans cette autre tragédie est que le continent africain est celui qui contribue le moins aux émissions globales de gaz à effet de serre (GES). Pourtant c’est probablement celui qui est le plus vulnérable aux conséquences des transformations du climat. Un Africain, en moyenne, génère 13 fois moins de GES qu’un Nord-Américain et le continent est responsable de moins de 4% des émissions de GES produites dans le monde entier. L’ONU estime que, du fait de la détérioration des conditions de vie, ce sont environ 50 millions de personnes qui seraient contraintes à devenir des «déplacées climatiques».
Le Groupe
intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) souligne la
vulnérabilité de l’agriculture, de la faune sauvage, des infrastructures et des
régions côtières de l’Afrique face à l’augmentation continue des émissions de
gaz à effet de serre qui provoquera des pénuries d’eau des plus sévères,
menaçant entre 400 millions et 1.8 milliards de personnes en Afrique. Entre 80
et 200 millions de personnes supplémentaires pourraient être confrontées aux
famines d’ici à 2080. A l’échéance de 2050, ce sont 80 millions de personnes
additionnelles qui seront victimes du paludisme dans des régions aujourd’hui
exemptes de ce fléau (Zimbabwe, Ethiopie, Kenya, Rwanda et Burundi) car elles
se transformeront en des espaces propices aux moustiques vecteurs de la
maladie. Les incidences de paludisme augmenteront également dans les régions
montagneuses de l’Angola et de la Somalie.
Les tendances actuelles suggèrent que de vastes régions africaines, notamment le Sahel et une partie de l’Afrique australe, pourraient subir un réchauffement de l’ordre de 3 à 6° Celsius d’ici à 2100. Les régimes pluviométriques seront touchés de plein fouet et pourraient accuser une baisse de plus de 20% par rapport au niveau de 1990. Une hausse de 1°C affectera entre 75 et 250 millions de personnes en Afrique d’ici à 2020, menacées de pénuries d’eau de plus en plus prononcées ; celle de 2°C touchera entre 350 et 600 millions de personnes aux alentours de années 2050 et il est prédit que d’ici 2080, 1.8 milliards seront victimes d’une hausse de température de 3°C. Une augmentation constante de la température au-delà de 1°C suffira à modifier considérablement les étendues de savanes, brousses, forêts (déjà mises à mal par la pression démographique et la déforestation) ou le comportement migratoire des espèces (oiseaux, poissons…). Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) cite souvent l’exemple du Lac Tchad pour illustrer la diminution des précipitations au Sahel. Les images satellite montrent qu’au cours des 35 dernières années, le lac a rétréci pour atteindre un dixième de sa taille initiale et ce en raison des sécheresses persistantes ainsi qu’à cause d’une irrigation agricole plus intensive. Les différentes espèces végétales et animales de l’Afrique ne seront pas épargnées non plus. Une étude réalisée sur près de 5200 espèces végétales du continent prévoit que dans le cadre naturel d’environ 5000 d’entre elles aura largement disparu et que 2100 seront complètement privées de leur habitat naturel d’ici à 2085. La faune africaine n’est pas mieux lotie : les 2/3 des espèces animales du parc Kruger d’Afrique du Sud sont menacées d’extinction.
Les précipitations seront encore plus abondantes là où il pleut déjà beaucoup et se feront encore plus rares dans les régions sèches. Plus de 95% de l’agriculture africaine est une agriculture sous pluie. La production agricole sera fortement compromise par le changement et la variabilité climatiques : les superficies des terres arables, la durée des saisons de culture et le rendement par hectare sont susceptibles de baisser, ce qui pourrait compromettre la sécurité alimentaire et accentuer la malnutrition. Il est prévu que les récoltes diminuent de 50% d’ici à 2020 dans certains pays et les revenus nets générés par celles-ci de pas moins de 90% d’ici à 2100. Dès à présent, en Afrique de l’ouest, certaines régions du golfe de Guinée ont été la proie de changements climatiques soudains avec des conséquences assez graves. Au Ghana, par exemple, dans le centre du pays, les saisons pluvieuses ont été réduites de plusieurs semaines affectant sérieusement les productions agricoles (céréales et coton). Au Kenya, dans certaines régions à vocation rurale de ce pays, les agriculteurs qui comptaient sur 2 saisons pluvieuses et 2 récoltes de céréales jusque dans le milieu des années 1980, ne peuvent plus compter que sur une seule saison de production et même parfois très courte. Dans le nord du Kenya, les Turkana subissent de plein fouet le changement climatique car la raréfaction des pâturages verdoyants a entraîné la mort d’une part importante de leur bétail.
Par ailleurs, les experts annoncent une détérioration de plusieurs zones côtières d’Afrique, consécutive à l’élévation du niveau de la mer d’environ 25 cm d’ici à 2050 et 50 cm aux alentours de 2100. Des calculs ont déjà permis de chiffrer l’érosion dans certains secteurs entre 23 et 30 mètres par an. Il pourrait en être de même sur tout le littoral ouest et centre (Sénégal, Gambie, Sierra Leone, Côte d’Ivoire, Nigeria, Cameroun, Gabon et Angola). Des experts américains alertent déjà les autorités des villes comme Banjul, Abidjan, Lagos, Tabaou, toutes situées en bord de mer et jugées particulièrement vulnérables aux inondations. Plus de 25% de la population africaine vit à moins de 100 km du littoral et les projections montrent que le nombre de personnes exposées aux inondations côtières risque de passer de 1 million en 1990 à 70 millions en 2080. La côte ouest, érodée, est particulièrement exposée aux raz de marée ainsi qu’à de violentes tempêtes. Les activités de pêche en zone côtière et leurs écosystèmes fragiles pourraient aussi pâtir de cette montée du niveau de la mer.
Les effets du changement climatique (réduction de la production agricole, détérioration de la sécurité alimentaire, incidence accrue des inondations et de la sécheresse, propagation des maladies et augmentation des conflits en raison de la raréfaction des terres et de l’eau) sont d’ores et déjà évidents en Afrique.
Une réaction urgente est nécessaire. Les efforts doivent désormais porter en priorité sur l’intégration de l’adaptation dans la planification nationales et la mobilisation du soutien en faveur de la gestion du risque climatique en Afrique. Le continent doit également contribuer aux précautions en matière d’atténuation et promouvoir le développement d’énergies propres.
L’Afrique participant peu au réchauffement planétaire, l’accent est donc mis sur la contribution de l’Afrique au ralentissement de la montée des températures dans le monde grâce, notamment aux forêts africaines, qui absorbent et retiennent le gaz carbonique, principal facteur de réchauffement. L’Afrique compte 17% des forêts de la planète et 25% des forêts tropicales qui contribuent à purifier l’air des émissions polluantes produites à des milliers de kilomètres. Les forêts abritent par ailleurs une extraordinaire variété de flore et de faune, 1.5 million d’espèces différentes selon les estimations, qui assure la subsistance de millions de personnes. Toutefois, d’après le NEPAD, les forêts d’Afrique disparaissent actuellement au rythme de plus de 5 millions de 5 millions d’hectares par an, victimes d’une exploitation commerciale excessive et non viable ainsi qu’à cause des méthodes de défrichage par brûlis. Bien que les gouvernements aient récemment redoublé d’efforts pour préserver et remettre en état les forêts du continent, les résultats sont maigres.
Les pays africains devront mettre en œuvre des stratégies leur permettant de s’adapter aux conséquences du changement climatique. Ils doivent intégrer ces stratégies dans leurs politiques de développement et dans les décisions prises en termes d’investissements publics. Un soutien de grande envergure sera nécessaire de la part de la communauté internationale afin de renforcer les capacités technologiques et institutionnelles de l’Afrique, de lui permettre de générer des informations climatiques fiables et de garantir les financements indispensables pour que le continent africain puisse relever ce défi complexe et coûteux. Reste à savoir si ces ressources seront véritablement disponibles car, malgré des dizaines d’années d’efforts, l’Afrique n’a jamais réussi à réunir les capitaux nécessaires à la lutte pour la réduction de la pauvreté… La pauvreté est à la fois la première cause et la première conséquence de la dégradation de l’environnement et de l’épuisement des ressources.
Les changements climatiques et leurs retombées économiques, politiques et sociales risquent de compromettre la paix dans le monde si la communauté internationale ne prend pas les mesures nécessaires. Le Président ougandais Mr Yoweri Museveni a d’ailleurs déjà qualifié ces altérations « d’agression » commise par le Nord industriel pollueur à l’encontre du Sud en développement, commentaire qui illustre bien le lien existant entre l’environnement et la sérénité mondiale.
Les changements climatiques et leurs dangereuses répercussions sont étroitement liés aux questions de développement, de prospérité économique et sociale, à la diminution des disparités entre les pays en matière de croissance, de garantie à la sécurité alimentaire et énergétique ; il est donc, une nouvelle fois, essentiel de promouvoir la solidarité internationale.
15 décembre 2008
LES BESOINS DE DEVELOPPEMENT DE L'AFRIQUE
Le 22 Septembre 2008, à New York, s’est tenue une réunion de haut niveau convoquée par le Secrétaire général des Nations Unies, Mr BAN KI-MOON avant le débat de la 63° session de l’Assemblée générale de l’ONU sur le thème « Les besoins de développement de l’Afrique : état de la mise en œuvre des différents engagements, défis et perspectives ».
Lors de la séance plénière du 04 Mars 2008, le Secrétaire général avait été chargé de préparer un rapport d’ensemble sur le thème de la réunion du 22 Septembre 2008.
Dans un premier temps, il est donc utile de décortiquer les conclusions du rapport de Mr BAN KI-MOON puis, dans un second, analyser les décisions prises lors de la réunion du 22 Septembre compte tenu de cette étude.
LE RAPPORT DU SECRETAIRE GENERAL
Dans son rapport présenté le 15 Juillet 2008, le Secrétaire général cherche à dégager :
- Les besoins et défis
- Les plans d’actions et résultats des Etats africains et des institutions africaines
- Les engagements et résultats de la communauté internationale
- La coopération Sud-Sud
Il est tout d’abord précisé que l’Afrique est l’objet de la majorité des résolutions du Conseil de Sécurité et qu’elle s’inscrit sur la liste des priorités actuelles des organismes de développement et d’aide humanitaire (ONU, Banque mondiale, FMI, OCDE…).
L’Afrique attire d’autant plus l’attention qu’elle semble mal engagée pour réaliser les Objectifs du Millénaire (OMD) car il est évident que des pays instables ou sortant à peine d’un conflit peinent à mettre en œuvre une dynamique apte à réduire la pauvreté et élever le niveau de vie. Toutefois les réussites de certains pays sur quelques objectifs prouvent qu’une bonne gouvernance alliée à des soutiens techniques et financiers conséquents de la communauté internationale peuvent engendrer des progrès rapides.
Le XXI° siècle devrait être celui de l’Afrique c’est pourquoi il est essentiel d’établir l’inventaire des besoins de développement du continent et de s’assurer que les pays africains sont accompagnés dans leurs efforts par des engagements concrets de la communauté internationale.
Un premier constat révèle que l’Afrique dispose de nombreux atouts : capital humain (920 millions d’habitants dont 60% de moins de 25 ans), abondantes ressources naturelles, diversité des paysages, richesse culturelle et trésors archéologiques. Ces dernières années plusieurs conflits ont pris fin et il y a une reprise de la croissance économique dans de nombreux pays (en 2007 le taux de croissance moyen réel était de 5.8%). Globalement le taux d’inflation est faible (hormis des exceptions comme le Zimbabwe), les soldes budgétaires solides et des réserves s’accumulent. Les allégements de la dette extérieure ont permis de réduire le surendettement ainsi que les problèmes de liquidités et fourni une marge de manœuvre pour augmenter les dépenses sociales.
Néanmoins le vaste potentiel demeure largement inexploité et l’Afrique renferme les régions les plus pauvres de la planète : 2/5 de la population vivent avec moins de 1 dollar par jour. En dépit des bons résultats économiques, aucun pays africain n’est apte à réduire la pauvreté. Alors que le continent africain représente 14% de la population mondiale, sa part n’est que de 1% du PIB et 2% du volume des échanges mondiaux mais il détient 75% des séropositifs et sidéens et 90% des décès par paludisme.
L’Afrique est confrontée à un quadruple défi : la crise alimentaire mondiale, le bouleversement climatique, la flambée du prix de l’énergie et la persistance de l’extrême pauvreté. Les conflits violents entraînent des pertes humaines, des destructions matérielles, des détournements de biens économiques, des gaspillages de ressources naturelles et la sous performance de l’investissement étranger direct. C’est une entrave majeure au développement socioéconomique du continent.
Par ailleurs des enquêtent révèlent que certaines gouvernances sont préjudiciables à la croissance économique et à la stabilité politique (culte de la personnalité, concentration excessive des pouvoirs et corruption institutionnalisée).
En Juillet 2001, la 37° Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Organisation de l’Unité Africaine a adopté officiellement le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), centré sur l’initiative africaine avec une vision et une volonté communes pour vaincre la pauvreté et s’engager individuellement ou collectivement dans la voie de la croissance et du développement durables. Le NEPAD cherche à promouvoir le rôle des femmes dans toutes les activités et s’emploie à créer les conditions favorables au développement durable via la paix et la sécurité, la démocratie et la gouvernance, les réformes de fond, l’investissement dans les secteurs prioritaires et la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre. Le NEPAD s’est fixé 4 objectifs : éliminer la pauvreté de l’Afrique, promouvoir le rôle des femmes dans toutes les activités, parvenir à un taux de croissance annuel du PIB supérieur à 7% et ce durant plus de 15 ans, s’assurer que le continent atteint les OMD.
Pour lutter
contre la pauvreté, adoption en 2004 de la Déclaration et du Plan d’action de
Ouagadougou qui contient 23 engagements.
Les engagements en faveur de la promotion du rôle des femmes ont été exprimés à travers divers actes constitutifs, protocoles et déclarations. Toutefois le Protocole de 2003 n’a été ratifié à ce jour que par 25 pays sur 53 et il devient urgent que les Etats africains réduisent rapidement les inégalités entre les sexes. La part des sièges parlementaires occupés par des femmes a sensiblement augmenté avec 17% en 2007 contre 7% en 1990, mais le pourcentage des femmes occupant des emplois autres qu’agricoles a peu évolué (de 28% en 1990 à 32% en 2005).
Si depuis 4 ans le PIB de l’Afrique avoisine les 5%, il est encore loin des 7% jugés nécessaires. L’extrême pauvreté régresse (41.1% contre 45.5% de la population en 1993) mais cela demeure insuffisant pour atteindre les OMD.
Globalement les progrès vers la réalisation des OMD sont d’une lenteur alarmante. Des grandes priorités et des actions concrètes sont régulièrement définies en ce qui concerne l’agriculture, les infrastructures, la bonne gouvernance, l’investissement, la santé et l’éducation mais peu suivies réellement, faute de moyens financiers et techniques.
En matière d’agriculture seulement une petite dizaine de pays parviennent à réaliser les objectifs.
La mise en œuvre des principaux engagements relatifs aux infrastructures est également inégale. Si la coordination s’est améliorée dans les transports routiers, des problèmes subsistent pour la transformation énergétique, les grands ouvrages hydroélectriques et les réseaux de transmission ainsi que dans la maintenance des ouvrages existants.
Pour ce qui est de la bonne gouvernance, des engagements de l’Union Africaine ont été énoncés à plusieurs reprises notamment dans le Mécanisme d’évaluation intra-africaine, instrument d’auto-surveillance ; hélas seulement 29 pays ont adhéré à ce dispositif, 14 ont établi des structures nationales et 7 ont fait l’objet d’une évaluation intra-africaine. Il semblerait que certains pays africains n’aient pas la volonté politique d’adhérer à ce Mécanisme.
L’investissement privé est primordial pour la croissance et le développement durables. Par le biais de divers travaux et réformes, le continent est parvenu à augmenter les investissements étrangers de façon modeste mais significative (de 0.1% du PIB en 1980 à 2.4% en 2006).
Toujours via diverses déclarations les pays africains se sont engagés à réserver 15% de leurs budgets nationaux pour le secteur de la santé. A ce jour seulement 6 ont tenu leur promesse. Toutefois en ce qui concerne la lutte contre le VIH/SIDA, la plupart des pays ont entrepris des réalisations concrètes. Malgré tout il est estimé entre 21 et 24 millions de cas en Afrique et ce nombre augmente de 1.7 million par an. L’Afrique australe compte 65% du nombre total de cas de VIH/SIDA dans le monde. Pour ce qui est de la tuberculose, seuls 18 pays ont saisi l’urgence nationale et lancer des plans spéciaux. Les politiques régionales de lutte contre le paludisme ont toutefois été lentes à se mettre en place. Le taux de mortalité infantile a certes diminué (185 pour 1000 en 1990 et 166 pour 1000 en 2005) mais est encore très éloigné des 60 pour 1000 à atteindre pour 2015. Par ailleurs, un chiffre inquiétant a été relevé pour l’Afrique subsaharienne où 1 femme sur 16 risque de décéder de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement contre 1 sur 3800 dans le monde occidental et ce à cause d’un manque d’encadrement médicalisé.
L’éducation, une autre grande priorité, fait l’objet de 2 plans. Néanmoins, si le taux de scolarisation dans le primaire est passé de 57% en 1999 à 70% en 2005 grâce à d’excellentes mesures (gratuité, programme d’alimentation scolaire), il reste que la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.
En matière
d’environnement le constat est alarmant : seulement 42% des habitants en
zones rurales ont accès à l’eau potable ; 63% des Africains ne disposent
pas d’installations sanitaires élémentaires et 62% des citadins vivent dans des
taudis ce qui est un taux record.
Même si les dirigeants africains ont déclaré que le développement de l’Afrique incombe avant tout aux Africains, il est bien évident qu’ils ont besoin du soutien et de l’aide financière de la communauté internationale.
En tout premier lieu, l’ONU qui contribue par des analyses et études théoriques mais également par des financements et appuis, des assistances techniques, le renforcement des capacités institutionnelles, des activités de sensibilisation et des secours humanitaires. L’ONU porte son appui au NEPAD et se concentre sur les OMD, motive la communauté internationale sur les besoins de développement de l’Afrique. L’ONU constate que si les pays africains sont aptes à mettre en œuvre leurs propres stratégies, seule l’aide demeure déficiente. Le défi consiste donc désormais à assurer le suivi et la cohérence entre les diverses initiatives.
De nombreuses promesses, à de multiples reprises, ont été faites par les Etats membres des Nations Unies à l’Afrique afin qu’elle parvienne à réaliser ses OMD.
En premier lieu il est indispensable de notifier que le système d’aide évolue : appropriation nationale plus solide, mise à contribution accrue des capacités nationales, recours plus général au soutien budgétaire, influence considérable des acteurs non étatiques. Si le Consensus de Monterrey en 2002 et la Déclaration de Rome en 2003 facilitent les actions à tous les niveaux, il importe désormais d’analyser le financement du développement, le volume et la qualité de l’aide.
Pour ce qui est du financement, des progrès notables ont été faits afin d’alléger la dette publique de l’Afrique auprès des Etats et institutions multilatérales (de 205.7 milliards de dollars elle a chuté à 144.5 milliards de dollars en 2007). Selon l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), l’aide à l’Afrique a représenté environ 41% du volume total des aides en 2006 avec un montant record de 43.4 milliards de dollars. Toutefois les donateurs prennent du retard sur leurs engagements. De plus, initialement fixée à 0.7% du RNB des pays donateurs, le volume de l’aide a été porté à 0.56% du RNB jusqu’en 2015. Même si globalement l’Union Européenne tient ses promesses en matière d’Aide Publique au Développement (APD), régulièrement les programmes d’actions sont établis puis révisés. Malgré tout en 2006 62% de ses aides bilatérales sont allées à l’Afrique contre 51% en 2005. On note toutefois quelques retards dans la mise en œuvre des engagements historiques figurant dans les Déclarations de Rome et de Paris sur la qualité, l’efficacité et la coordination de l’aide.
Malheureusement les choses n’ont guère avancé dans d’autres domaines mobilisant des ressources financières des ONG nationales et des acteurs internationaux, promotion du commerce international comme moteur de développement, renforcement de la coopération financière et technique internationale et règlement des problèmes systématiques.
D’autre part les envois de fonds des travailleurs expatriés deviennent une source de financement de plus en plus importante pour les pays pauvres très endettés (22 milliards de dollars en 2006 soit environ la moitié d l’APD). Bien qu’importants ils ne contribuent pas à l’investissement public requis pour atteindre les OMD.
Par ailleurs si la dette publique a été allégée, celle contractée par les pays africains auprès des banques et autres créanciers privés est passée de 92.4 milliards de dollars en 1999 à 110.2 milliards de dollars en 2007.
Les 151 Etats membres de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) se sont engagés à s’orienter vers le système commercial multilatéral universel, fondé sur des règles, ouvert, non discriminatoire et équitable prévu dans l’OMD8. Hélas, il s’avère que souvent les systèmes économiques de l’Afrique n’étaient pas concurrentiels car les difficultés tenant à la géographie aggravées par des infrastructures disséminées, des institutions inefficaces, des réglementations pesantes, des chaînes d’approvisionnement aléatoires et un secteur tertiaire peu développé rendent plus difficile d’exporter sur les marchés mondiaux dans des conditions fiables, efficaces et compétitives.
Pour tenter de parer à ces carences, selon l’OCDE, les pays du G8 ont dépensé 1.13 milliards de dollars en 2005 au titre de l’Initiative d’aide au commerce dont 845 millions de dollars pour les infrastructures (soit 39% d’augmentation par rapport à 2004). Cependant c’est loin d’être suffisant car l’Afrique a, en définitive, besoin de 52.2 milliards de dollars d’investissements publics et privés par an afin d’éradiquer ses problèmes de sous-équipement.
Au sein de la coopération Sud-Sud, il est notable de constater que la croissance des échanges entre les pays en développement et les pays à revenu intermédiaire a été plus rapide que celles des échanges mondiaux. Par exemple, le volume des exportations africaines vers la Chine a plus que quadruplé entre 2000 et 2005 pour atteindre 19.5 milliards de dollars. L’investissement étranger direct des pays du Sud (notamment de Chine et d’Inde) a augmenté de 17% en 2005. En 2006, au Forum de la coopération Chine-Afrique, la Chine s’est engagée à accorder dans les 3 prochaines années des prêts à conditions préférentielles pour un montant de 3 milliards de dollars et des crédits acheteurs à l’exportation de 2 milliards de dollars. Cette puissance est devenue l’un des principaux partenaires commerciaux et économiques de l’Afrique (56 milliards de dollars d’échanges en 2006 contre 11 milliards de dollars en 2000 puis 73.3 milliards de dollars en 2007 avec un objectif de 100 milliards de dollars en 2010).
L’Inde a indiqué pour sa part qu’elle ouvrait une ligne de crédit de 5.4 milliards de dollars sur les 5 prochaines années et versait 500 millions de dollars d’APD. Le volume des échanges Brésil-Afrique est passé quant à lui de 5 milliards de dollars en 2002 à 19.9 milliards de dollars en 2007.
En conclusion de son rapport, le Secrétaire général des Nations Unies note que les progrès de l’Afrique en vue de la réalisation des OMD sont insuffisants et conseille des mesures supplémentaires pour traduire en actes les engagements africains et internationaux.
Tout d’abord il préconise que les Etats africains effectuent un renforcement des mécanismes favorables à la participation, l’intégration et l’investissement de tous les segments de la société. D’autre part, compte tenu de l’importance de l’agriculture pour le développement du continent et de la crise alimentaire actuelle, les pays devraient s’employer à consacrer 10% des dépenses publiques à l’agriculture et développement rural. Les pays africains doivent prendre des mesures supplémentaires pour améliorer leur gouvernance économique et politique. Par ailleurs il est indispensable qu’ils intègrent la question du climat dans leur planification et leur gestion économique.
La communauté internationale doit impérativement revoir ses financements extérieurs à la hausse car l’agriculture a besoin de 8 milliards de dollars par an (contre 1 à 2 actuellement), l’éducation nécessite 8.3 milliards de dollars par an, la santé entre 25 et 30 milliards annuels et pour remédier aux insuffisances des infrastructures 52.2 milliards de dollars.
Etant donné ces besoins estimés à 72 milliards de dollars annuels, il est essentiel que les partenaires du développement honorent leurs engagements en matière d’APD.
REUNION DE HAUT NIVEAU DU 22 SEPTEMBRE 2008
Le 22 Septembre 2008 lors de la Réunion de haut niveau, les Etats membres réaffirment l’urgence de passer des paroles aux actes en revitalisant le financement de l’aide, de pallier l’absence de capacités institutionnelles suffisantes pour mettre en œuvre des politiques rigoureuses, de mettre fin aux conflits armés récurrents et de limiter les effets conjugués des changements climatiques et de la crise alimentaire sur le développement économique et humain du continent.
Les Etats soulignent que tout développement durable doit obligatoirement passer au préalable par une bonne gouvernance à tous les niveaux pour assurer une croissance économique soutenue et lutter efficacement contre les grandes pandémies ainsi que pour éliminer la pauvreté.
Dans un premier temps lorsque les représentants des divers pays présents se sont exprimés, ce sont les éternels mêmes constats et évidences qui ont été énoncés :
- Sortir l’Afrique de la famine et de l’extrême pauvreté
- L’importance d’assurer le transfert des technologies nécessaires, cruciales pour lutter contre les conséquences des changements climatiques qui pourraient menacer la croissance économique, la paix et la sécurité du continent africain.
- L’obligation morale et juridique des pays développés d’honorer leurs engagements encore plus pressante car l’écart entre ce qui est promis et ce qui est réellement fait est croissant.
- La lutte contre les maladies infectieuses
- L’accès à l’eau potable
- 72 milliards de dollars annuels nécessaires pour réaliser les OMD d’ici à 2015
- Eradiquer le problème de la violence à l’égard des femmes
- Les souffrances des innocents au Darfour et en Somalie
- La nécessité d’une révolution doublement verte pour accroître les rendements tout en préservant l’environnement.
- L’impératif de bâtir un système fiscal efficace et juste en Afrique afin de contrecarrer l’évasion des capitaux qui coûte chaque année quelque 500 milliards de dollars au pays en développement soit 5 fois l’APD.
- L’augmentation alarmante des prix des denrées alimentaires.
En dernier lieu, Mr JEAN PING, Président de la Commission de l’Union Africaine, a suggéré d’éviter de réitérer de nouveau des engagements pris depuis des décennies en faveur du continent africain, arguant que les besoins de développement de l’Afrique étaient « connus et reconnus ». Il a affirmé : « Aujourd’hui nous convenons à l’unissons que l’heure est à la mise en œuvre ».
Quatre tables rondes ont été constituées afin de se pencher plus précisément sur un problème particulier.
La 1° table ronde a souligné l’importance des priorités définies par le NEPAD ainsi que la nécessité de respecter les engagements pris, surtout en ce qui concerne le financement du développement. Pour ce, il y a urgence d’intégrer davantage l’Afrique dans l’économie mondiale car elle est confrontée aux mêmes changements climatiques, crises énergétiques et financières. Le groupe suggère également l’obligation de trouver des sources novatrices de financement.
Toutefois Mr DIDJOB DIVUNGI DI NDINGE, Vice-Président du Gabon, a rappelé que le NEPAD avait identifié les volontés africaines et que désormais il faudrait établir un agenda réaliste pour financer le NEPAD. Mr YOWERI KAGUTA MUSEVENI, Président de l’Ouganda, a estimé qu’il faudrait éviter les termes trop vagues et œuvrer plutôt en faveur de mesures et actions concrètes.
La 2nde table ronde planchait sur les questions du partenariat au développement, de l’efficacité de l’aide, du rôle du secteur privé, sur les OMD, l’importance de l’éducation et de la gouvernance.
Mr PAUL KAGAME, Président du Rwanda, a fait remarquer que d’énormes ressources ont été injectées pour résoudre la crise financière mondiale et il a souhaité voir la même détermination pour prendre des mesures en faveur de l’Afrique.
Mr CHARLES MICHEL, Ministre de la Coopération de la Belgique, a jugé « suicidaire » la part de l’APD consacré au secteur agricole qui est passée de 17% à 6 ou 7% actuellement. Il a proposé 10% pour 2010 et 15% pour 2015. Mr JACQUES DIOUF, Président de la FAO, a du reste confirmé que l’agriculture avait 80 fois plus de capacité pour réduire la pauvreté que les autres secteurs.
Mme HALONEN, Présidente de la Finlande, a mentionné l’éducation comme élément le plus important pour le développement du continent, tout en rappelant le potentiel encore trop exploité des femmes africaines.
La 3° table ronde, coprésidée par Mr ANDOULAYE WADE, Président du Sénégal, était consacrée à l’état d’avancement des engagements pris en faveur de l’Afrique, aux défis en cours et à la voie à emprunter.
Mr WADE a rappelé que des dizaines de milliards de dollars avaient été promis ces dernières années sans que ces engagements soient toujours suivis d’effet.
Mr PEDRO VERONA RODRIGUES PIRES, Président du Cap Vert, qui coprésidait la 4° table ronde, a mis l’accent sur l’éducation qui constitue un facteur important d’autonomisation, de changement et de progrès afin de permettre aux populations de prendre en main leur propre processus de développement ; ainsi que sur la santé avec un plaidoyer en faveur des systèmes nationaux qui garantissent la prévention et les soins.
En conclusion, le Président du Cap Vert a estimé que le développement était impossible sans la paix, la stabilité et la prévisibilité.
MA CONCLUSION
Des urgences
énormes ont été identifiées voire chiffrées concernant le développement mais
avant tout la survie de l’Afrique. Les responsables africains n’avaient pas
vraiment besoin d’une énième réunion pour leur apprendre ce qu’ils savaient
déjà, notamment via le NEPAD, mais ils attendent, ce qui est largement
compréhensible, des actions concrètes, des programmes réalistes, des
engagements pris et tenus dans les plus brefs délais.
L’attitude de
la communauté internationale vis-à-vis de l’Afrique me choque personnellement
car je la juge trop sournoise. En effet, lors des réunions ou assemblées à
l’ONU ou au sein d’autres événements, les responsables sont toujours conscients
sur les fléaux qui terrassent le continent africain, les carences dans divers
domaines ainsi que les aides indispensables des pays les plus riches vers leurs
frères les plus pauvres ; dans un second temps, il est donc impératif
d’engager des moyens pour subvenir aux problèmes de l’Afrique. Dans un 3°
temps, les Africains ont largement le temps pour voir arriver cette assistance
promise depuis des mois voire des années… La crise sévit partout. Les Etats
n’ont plus assez de liquidités pour honorer ces belles promesses. OK, on a
compris… Maintenant on se replace dans le contexte de la crise financière qui a
sévi à l’automne. Combien de mois ou d’années, les pouvoirs publics ont-ils mis
pour débloquer réellement des solutions et des fonds phénoménaux ? Mais
d’où sort cet argent dont ne disposaient plus les gouvernements ? Miracle
du capitalisme qui est apte à créer en un temps record des capitaux pour éviter
sa propre faillite mais est incapable d’en disposer pour financer des
infrastructures médicales primaires, des écoles, du matériel agricole, des
denrées alimentaires pour son pauvre voisin africain.
Par ailleurs, il est regrettable de constater la médiatisation à outrance de certains événements comme les attentats terroristes qui, en fait, font un nombre bien moins élevé de décès comparativement aux victimes africaines du SIDA ou du paludisme. Ces calamités déciment des populations entières, tuant les personnes les plus productives. Leur impact social et économique est dévastateur. Fournir des médicaments ou des moustiquaires ne suffit plus.
D’autre part,
je suis profondément révoltée de l’inertie de la communauté internationale qui
ne réagit pas plus sévèrement face à des tyrannies comme celle de Mugabe qui a
parachuté son peuple dans l’antichambre de l’enfer. Les dictatures et la
corruption à tous les étages sont une catastrophe aussi terribles que les
pandémies en Afrique car tous les fonds gaspillés dans les frasques des
gouvernants et de leur sphère, tous les billets distribués à droite ou à gauche
pour soudoyer un fonctionnaire, passer un barrage, inscrire ses enfants dans
des écoles privées, régler des médicaments en rupture dans les officines
publiques, représentent des sommes colossales qui déséquilibrent les économies
et touchent toujours les mêmes, les plus démunis.
Il n’y aura pas d’Afrique forte tant que, dans trop de pays du continent, règneront des guignols qui gaspillent l’argent des indigents, tant que les hommes ne cesseront pas de se battre pour des motifs déraisonnables, ancestraux et bestiaux, tant que la femme n’y aura pas sa place légitime à tous les échelons du système, tant que la communauté internationale ne fournira pas les moyens financiers adéquats mais également les technologies et les formations indispensables à toute bonne évolution, tant que les gouvernances n’auront pas éradiquer la corruption et axer leur politique vers une agriculture productive et écologique, tant que l’éducation et la santé n’auront pas atteint les niveaux de qualité des sociétés occidentales.
14 décembre 2008
CHANGEMENT IMPORTANT
Afin d'exprimer plus clairement mes deux passions, l'écriture et le basket en NBA, j'ai opté à compter d'aujourd'hui pour la création d'un second blog "NBA World" uniquement consacré au basket US. Le lien de ce nouveau rendez-vous est affiché dans la rubrique "Friends".
Merci de me conserver votre fidélité et à bientôt.

















